jeudi 12 juillet 2018

[Chronique] Le trône de cendre : L'intéGRALL - Aurélien Grall

Auteur : Aurélien Grall
Pages : 303
Titre original : Le trône de cendre : L'intéGRALL
Prix : 12,00€(papier), 0,99€(numérique)


Résumé : La France est secouée par de violentes manifestations. Le divorce entre le peuple et les politiques est consommé. L’espoir est mort. Victime de ces troubles, Walter, jeune étudiant, est tué sous les coups de la police. Adrien, son meilleur ami, jure de ne pas laisser ce crime impuni. Emporté par sa haine des puissants, il va mener la révolte très loin. Mais jusqu’où est-il prêt à aller pour faire justice ? Émeutes meurtrières, prise en otage du président de la République, assaut de la télévision par un commando armé, le deuxième roman d’Aurélien Grall fait place au grand spectacle. Effrayant par sa fidélité à l’actualité politique, le trône de cendre vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière seconde.



"Faites attention. Faire de la politique avec les armes n'a jamais porté chance à quiconque."




   Pour une seconde fois, je m'embarquais pour une histoire sous la plume de l'auteur Aurélien Grall, et à une nouvelle reprise, ce fut une bonne lecture. 

   On débute avec le décès du jeune Walter, crime impuni et injuste, particulièrement aux yeux du personnage de Adrien. Car en effet, cet événement va radicalement le changer, et modifier en profondeur le monde entier.

   On suit durant le roman la volonté de Adrien de semer la paix et l'humanité sur la planète entière, mais pour cela, il usera de moyens immoraux, sans même se rendre compte de sa propre évolution.    C'est l'histoire d'un homme qui se corrompt par la soif de pouvoir, par la reconnaissance que lui confère un nombre important d'individus, celle d'un homme qui va perdre la tête et ses véritables idéaux.

   Ce personnage est effrayant de froideur et de folie grandissante. On suit sa descente à cause d'un trop grand pouvoir, entraîné dans le tourbillon d'une trop folle grandeur, d'un trop plein de reconnaissance. On est impuissant face à cette évolution qui nous glace, car elle fait peur, tout en étant curieux de la fin qu'elle aura, une curiosité presque malsaine. En effet, imaginons que ce qui se passe dans ce roman arrive, car cette folie qui prend les hommes à cause du pouvoir existe. On voit dans cette oeuvre l'humain, l'homme politique avec un poids trop important pour ces épaules, et les côtés sombres qui font partie intégrante de lui. Et l'auteur l'a particulièrement bien montré le long des pages.

   On va retrouver en plus de ce fameux Adrien la journaliste Kate, qu'on avait pu découvrir dans ALIENOR, l'origine de toutes les haines du même auteur. On en apprend un peu plus sur elle, tout en restant un personnage mystérieux dont on n'arrive pas à déterminer avec certitude les motivations, et ce durant les différents moments que l'on passe à ses côtés. On aura aussi Olympe, jeune femme qui aura une certaine importance pour Adrien, dont nous en savons aussi peu, voire parfois restant un peu effacée par rapport aux précédents personnages.

   L'histoire semble avoir deux temporalités, puisque le temps se déroule rapidement, sans que nous ne le voyons passer, mais en même temps, l'évolution du personnage se fait lente, sournoise, mais certaine, sans que rien ne puisse le stopper. Cela offre ainsi comme un paradoxe auquel nous faisons face, presque inconsciemment.

   L'écriture de l'auteur nous embarque une nouvelle fois dans ses oeuvres, avec efficacité, en nous montrant les parts sombres de l'humain et en traitant des thèmes similaires à son autre roman. Ainsi, on retrouve la manipulation, ainsi que la politique, qui a une place importance ici aussi, ou encore la domination, l'immoralité et la cruauté. On pourra ajouter dans celui-ci une dose de pouvoir et d'idéal que l'on perd de vue, de folie et de fanatisme, des thèmes effrayants de vérité et bien qu'ils soient fortement poussés par l'auteur, parfois proches de certains aspects de notre réalité.

   Durant la lecture, on retrouve des éléments faisant référence à l'autre oeuvre de l'auteur, ALIENOR, l'origine de toutes les haines, mais il n'est pas indispensable de l'avoir lu. On comprend plus rapidement et peut-être avec plus de clairvoyance ces éléments si on en fait préalablement la lecture, mais Aurélien Grall nous renseigne assez vite de quoi il retourne, permettant aux nouveaux lecteurs de comprendre malgré tout.

   La fin conclut bien l'évolution que l'on a suivi durant les pages précédant, particulièrement pour le personnage que l'on suit le plus. Elle laisse néanmoins des zones d'ombre sur ce que nous avons pu découvrir, sur les objectifs de certains personnages, et laisse même une fine ouverture à une nouvelle intrigue encore en état d'embryon, faisant présager une éventuelle autre oeuvre de l'auteur qui pourrait nous renseigner un peu plus.


   Pour conclure, j'ai une nouvelle fois aimé lire une oeuvre de l'auteur. J'apprécie les thèmes sombres de l'humain qu'il aborde et comment il l'aborde, tel que le pouvoir, la cruauté ou encore un certain pan de la folie. On est absorbé par ce qu'il se passe, et on a envie de savoir la conclusion à cette histoire, de connaître ce qu'il va advenir des personnages, dont pour la plupart restent mystérieux. Cette lecture me confirme que j'apprécie l'écriture efficace de Aurélien Grall, et que je lirais avec plaisir une prochaine oeuvre de sa part.