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dimanche 12 janvier 2020

[Interview] L'arrache-mots - Judith Bouilloc #PLIB2020



Je viens partager aujourd'hui l'interview de Judith Bouilloc pour son roman L'arrache-mots, sélectionné pour le PLIB 2020, réalisé lors du Salon du Livre et de la presse jeunesse de Montreuil le 30 novembre 2019. Vous pouvez retrouvez la version vidéo de l'interview sur la chaîne du PLIB.
Un petit résumé du roman juste après, et ma chronique sur celui-ci juste ici.

«  La phrase s’écoula de ses lèvres lentement, intelligiblement. Les enfants retinrent leur souffle. Au cœur de la bibliothèque de Pergame, la magie opéra encore une fois. Les caractères se décollèrent de la page en tremblotant, ils virevoltèrent sous le nez de la jeune femme avant de dessiner quatre silhouettes distinctes. Les gamins pouvaient reconnaître le marchand d’habits accoutré d’un magnifique pourpoint, et ses trois filles, dont l’une était vêtue avec moins de fanfreluches que les autres... c’était la Belle.  »

La jeune Iliade a un don merveilleux  : le pouvoir de donner vie aux mots et aux histoires. Ce don fait d’elle la bibliothécaire la plus célèbre de tout le royaume d’Esmérie.

Le matin où elle reçoit une demande en mariage presque anonyme, elle n’est sûre que d’une chose : son prétendant est un membre de la famille royale  !

Bien décidée à comprendre qui s’intéresse à elle et surtout, pourquoi cette personne lui propose un contrat de mariage si avantageux, Iliade se rend dans la capitale. Là-bas, elle découvre les fastes de la cour… et la froideur de son fiancé. Pourtant, elle finit par s’attacher et à lui et se retrouve, bien malgré elle, propulsée au cœur d’intrigues et de complots auxquels rien ne la préparait




Bonjour Judith Bouilloc. On se retrouve aujourd'hui au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil dans la cadre de la sélection de votre dernier roman "L'arrache-mots" pour l'édition 2020 du Prix littéraire de l'Imaginaire organisé par Booktubers App. Votre ouvrage fait donc partie des vingt sélectionnés parmi les cent vint-quatre livres sélectionnés. Félicitations à vous, et merci d'avoir accepté de participer à cette interview.

• Tout d'abord, qu'est-ce que cela fait de savoir que le livre a été sélectionné ?
J'étais vraiment, mais, *rires* incroyablement heureuse ! En fait je n'y croyais pas, pas une seule seconde, parce que quand j'ai vu la liste des cent-vingt-quatre, quand j'ai vu la liste des auteurs, j'étais impressionnée. Parmi eux, il y a vraiment des auteurs que j'adule complètement. Par exemple, il y avait Alain Damasio avec "Les Furtifs" et c'est vraiment lui qui m'a fait entré en écriture. Pour moi, c'est le summum de la littérature de l'imaginaire. Quand j'ai vu les grands, grands noms, je me suis dit "Ouah, j'ai aucune chance !". Mais du coup, d'être dans les vingt sélectionnés, mais c'était juste... Je n'y croyais pas quoi. J'étais là "Mais non ! Mais c'est pas vrai !". J'étais trop contente.


• Quel est l'élément qui vous est venu en premier, l'idée de base qui vous a permis de construire l'univers de L'arrache-mots ?
En fait, l'idée de base de ce livre, c'est l’intertextualité. Alors c'est un mot un peu compliqué pour dire que c'est un roman qui parle de romans, qui parle de littérature. Mon but c'était de créer aussi un monde imaginaire, mais qui permet de mettre en valeur les livres de littérature classique. Voilà un petit peu l'idée. Mêler imaginaire, un monde fantastique et belles lettres. Ça, c'est l’idée principale du roman.


• Le personnage principal de L'arrache-mots est Iliade, une jeune femme conteuse. Quel est votre rapport aux contes, aux histoires ?
Moi en fait, depuis toute petite je suis vraiment passionnée par les contes de Perrault et les contes des frères Grimm. J'ai toujours été vraiment émerveillée par ces histoires-là et c'est vrai que L'arrache-mots a un peu une forme de conte, il a énormément de références à différents contes, les contes de Perrault, les contes des frères Grimm, les contes des mille et une nuits, les contes russes. Oui effectivement il y a un gros aspect conte dans ce livre.


• En plus de la box Mille et un livres, L'arrache-mots a été mis en avant dans l'une des vidéos de la booktubeuse Bulledop, qui a d'ailleurs eu un coup de cœur pour le roman. Quelle a été la retombée pour le livre, qu'est-ce que cela a apporté ?
J'ai pas trop les chiffres pour le moment du livre mais c'est clair que le roman, il est porté par les booktubeuses, et par les instagrameurs en général. C'est Internet, c'est les réseaux qui le portent et ça, c'est génial parce que c'est les lecteurs eux-même qui en parlent et qui le valorisent, et Bulledop, effectivement qui est quand même super connue *rires*. C'est pareil, quand j'ai vu qu'elle avait fait une vidéo sur le livre, j'étais là : "Ah c'est trop bien !" et mon éditrice m'a envoyée un texto quand elle a vu, elle m'a envoyé "Hourra !",  genre "Trop bien !". Merci, merci, les booktubeurs, les booktubeuses de porter si bien ce livre.


• Concernant vos ouvrages en général, participez-vous au processus de création de la couverture ? Avez-vous pu donner certaines de vos idées pour leur visuel ?
Alors, moi j'avais fait plein de propositions, j'avais fait un fichier qui regroupait pleins d'images pour Nicolas Carmine, qui est le directeur artistique d'Hachette et qui a fait la couverture, et après, moi, j'ai découvert cette couverture dans le bureau de mon éditrice. Je ne l'imaginais pas du tout comme ça, mais j'étais contente quand même, elle est belle, ce n'est pas comme ça que j'imaginais mon personnage, mais cette couverture est magnifique. Après, j'ai fait quelques petites demandes de retouches. Notamment au niveau de la robe que je trouvais beaucoup trop noire alors que pour moi, Iliade est un personnage qui ne portait pas de noir, qui était plutôt très exubérant et qui portait beaucoup de couleurs, du coup il a rajouté un col un peu brillant et voilà, il a essayé quand même de prendre en compte mes remarques, et c'était super parce que ça ne se passe pas toujours comme ça avec les éditeurs, on n'a pas forcément notre mot à dire sur la couverture. Mais Hachette a vraiment été dans le dialogue.


• Dans la vidéo de présentation disponible sur votre site, vous dites écrire des livres qui sont des commandes de le part de maisons d'édition. Comme cela se déroule dans de tels cas ? Est-ce un processus très différent d'un manuscrit non commandé par la maison d'édition ?
Euh... *rires* Cela reste de l'écriture, après c'est vrai que pour le coup, L'arrache-mots est un projet très très personnel. C'est sûr que les projets persos, ils sont un peu plus importants dans notre cœur d'auteur, en tout cas L'arrache-mots, il a une place particulière. Mais oui, ça m'arrive aussi quand je trouve un projet intéressant qu'un éditeur me propose, mais il y a des commandes aussi que je refuse parce que je ne me sens pas du tout en phase avec l'esprit du projet ou que j'estime que je ne suis pas assez compétente sur le sujet. Mais L'arrache-mots, c'est un projet qui vient totalement de moi.


• Qu'est-ce que vous apportent les lecteurs dans la vie de tous les jours, dans le processus d'écriture ?
Déjà, pour les corrections. Moi, j'ai pas mal de bêta-lecteurs, donc ils me soulignent les incohérences. Donc déjà, dans le processus d'écriture, ils sont importants pour moi. Sur mon premier roman, j'avais plus de trente bêta-lecteurs. Alors on m'a dit que c'était énorme, mais c'est vrai que quand on fait de l'imaginaire et qu'on crée des mondes, tout de suite, il peut y avoir des incohérences, beaucoup d'incohérences, dans le système politique par exemple. Du coup, c'est vrai, pour mon premier roman, j'avais essayé de réunir une équipe d'experts, donc j'avais un médecin, un militaire, une prof de français, des gens venant de milieux très très différents et qui me faisaient des remarques, pas seulement sur l'écriture, mais sur le style aussi, sur la syntaxe et la ponctuation parce que je ne suis pas forcément très douée en ponctuation, donc heureusement j'ai des amis qui sont très très doués en ponctuation qui me relisent. Ce panel d'experts m'a beaucoup aidé sur le premier roman, après sur L'arrache-mots, je me sentais plus en confiance, donc j'ai moins embêté les gens et après, une fois que le livre est sorti, il y a les critiques des lecteurs. L'arrache-mots, il a eu cette chance qu'il est très très critiqué sur les réseaux, donc on prend conscience qu'il y a plein de trucs qu'on n'avait pas forcément vu, et on se dit "Ah, mais en fait, j'aurais dû le faire beaucoup plus relire", mais c'est pas possible en fait. Après, il y a des milliers de lecteurs qui le reçoivent et qui le voient, qui le vivent différemment, qui construisent leur propre sens sur le livre. Et c'est incroyable de voir qu'il y a des gens qui s'arrêtent sur des trucs de dingue *rires* ! Un lecteur m'a fait tout un retour sur les grenouilles du livre *rires*, moi j'avais pas du tout pensé à analyser le truc et tout, et lui c'était un spécialiste des grenouilles et je sais pas, il a été super marqué par la mare aux crapauds du roi *rires*. Et pour lui, c'était l'idée principale du roman alors que pour moi, absolument pas, mais voilà, c'est drôle de voir effectivement comment les gens vivent et intègrent un roman.


• Quelle est la principale cible de vos ouvrages ? Des enfants, des adolescents, des adultes ?
Alors L'arrache-mots, je l'ai écrit plutôt pour des collégiens et des collégiennes. Pour moi, c'était à partir de onze-douze ans le public de L'arrache mots, mais je suis incroyablement surprise que finalement, le succès, il est plutôt chez les vingt-trente ans. Après, beaucoup de gens le qualifient de littérature Young Adult. Je sais pas, c'est super dur de savoir pour qui on écrit, moi idéalement, je voudrais écrire pour tout le monde. Mais c'est vrai, dans mon idée c'était quand même un livre pour les ados, pour les jeunes ados, mais avec plusieurs sens de lecture et un livre qui pourrait, même si l'intrigue convient très bien à des ados, dans les double sens, dans tous les sens de lecture, aussi convenir à des adultes. Comme il y énormément de références littéraires, effectivement, les passionnés de littérature classique, ils aiment ce roman parce qu'ils ont toute cette culture derrière et ça les fait rigoler.


• Avez-vous voyagé, et si oui, comment ces voyages ont-ils nourri votre écriture ?
Alors, ça fait des années que je n'ai pas beaucoup voyagé *rires*. En fait, je ne voyage pas tellement que ça, parce que j'ai des enfants en bas âge donc c'est compliqué. Mais dans mes études, j'ai pas mal voyagé, j'ai fait un an au Sultanat d'Oman, je suis partie en Asie du Sud-Est, au Sri Lanka, et c'est vrai, un voyage ça marque toujours l'imaginaire. Mais je voyage moins parce que, du coup j'ai des obligations familiales, mais je lis énormément et la lecture, c'est un voyage aussi, c'est ce que j'essaie de dire dans ce roman en tout cas.


• Y a-t-il un ou des manuscrits oubliés au fond d'un tiroir ?
Oui oui, de nombreux hein *rires*. J'en ai pleins qui pourrissent au fond de mon ordi, qui attendent de trouver un éditeur, qui cherchent toujours leur éditeur. J'écris dans différents genres, il se trouve que les romans fantastique trouvent preneur. C'est génial, mais je n'écris pas que dans cette veine-là. D'ailleurs mon prochain livre n'a strictement rien à voir *rires* avec la littérature fantastique. Mais c'est quand même un genre que j'affectionne, le fantastique, la littérature de l'imaginaire, c'est ce qui m'a fait entrer en lecture, c'est ce qui m'a poussé à faire des études littéraires, donc c'est vrai que je suis contente de commencer et être connue par ce biais-là, par la littérature de l'imaginaire.


• Pouvez-vous nous en dire plus sur les deux prochains romans à paraître, notamment sur celui qui va paraître conjointement aux États-Unis ?
Alors ce n'est pas du tout un roman ! C'est vraiment en cours donc je ne peux pas trop en dire plus mais c'est un conte illustré. Là, je reviens un peu à cet amour-là, du conte philosophique et spirituel pour le coup. C'est un livre qui est illustré par Éric Puybaret qui est un artiste immense, j'ai la chance de pouvoir travailler avec lui, c'est dingue. J'ai vu mon éditrice hier et a priori, il paraîtra au mois d'avril mais je ne peux pas en dire trop trop parce que tout n'est pas encore très défini.


• Votre ouvrage L'arrache-mots a été l'un des livres mis en avant dans l'une des boxs de Mille et un livres, et les lecteurs ont en plus de l'ouvrage lui-même pu découvrir des illustrations de votre univers. Qu'est-ce que cela fait de voir ses personnages prendre vie par le biais de fanarts surtout que tout le monde n'a pas la même vision du personnage ?
Alors c'est toujours fou en fait, de voir le personnage qu'on avait imaginé, de le voir apparaître avec le style d'un artiste ou d'un ami, c'est un truc dingue je trouve. Moi, j'adore, j'adore, même si je ne suis pas du tout en phase avec, enfin, mon cerveau en tout cas, n'est pas en phase avec l'image que je vois de mes personnages. Je trouve ça génial, parce c'est ça la lecture, c'est construire soi-même son imaginaire, ses propres visages. C'est une grande chance, moi, à chaque fois que je reçois un fanart, je suis hyper touchée.


• Maintenant, une question qui touche plus à l'aspect professionnel du métier d'auteur. Depuis quelques années, différentes associations et groupements d'auteurs lèvent le voile sur leurs conditions de travail et plus particulièrement sur leurs problèmes de rémunération et de reconnaissance de leur métier, un problème critique dans le milieu du livre. Quelle place ont pour vous les mouvements tels que #payetonauteur, lancé en 2018 suite à l'annonce de la non-rémunération des auteurs à Livre Paris et relayé par noms reconnus dans la sphère littéraire tels que l'autrice Samantha Bailly, la booktubeuse Bulledop ou encore l'illustratrice Cy, ou la campagne "Fable ou vérité" lancé par la Charte des auteurs et des illustrateurs pour la jeunesse dont vous êtes membre et qui a lieu en ce moment sur le stand de la Charte au salon de Montreuil et sur les réseaux sociaux ?
Très importante, très très importante. C'est vrai que moi, je dois énormément à la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, ils m'ont énormément aidé cette année, je suis une des lauréates d'Émergences, un concours de la Charte, cette dernière qui a pour but effectivement de professionnaliser les jeunes auteurs. Et c'est vrai qu'au niveau des contrats, au niveau des bourses de création, moi je dois énormément à la Charte, donc c'est vrai que c'est une association qui se bat pour les droits des auteurs et donc toutes les campagnes qu'ils font, j'essaie de les soutenir à fond et c'est vrai, c'est très important. Le statut, bah le statut de l'auteur, il n'y en a pas en fait. Cela reste très, très flou, donc quand Samantha Bailly a annoncé la création de la Ligue des auteurs professionnels, je me suis inscrite tout de suite parce qu'il faut y aller, parce que plus on est nombreux à montrer qu'on est là, qu'on a besoin de clarification sur pleins de choses, mieux c'est. C'est vraiment un sujet qui me touche beaucoup effectivement.


• Merci beaucoup pour cette interview et puis bon salon !
Merci, merci beaucoup pour cette interview, pour l'invitation et merci à toute l'équipe du PLIB, et puis bon courage pour sélectionner les cinq finalistes, ça va être, ouah, ça va être chaud ! *rires*


Vous pouvez retrouver Judith Bouilloc sur les différentes plateformes suivantes : 
• Facebook

Ses romans : 
• L'arrache-mots
• Les Maîtres du Vent
• La crèche perdue
• Senbazuru (nouvelle dans le recueil Émergences)






Ce roman (#ISBN9782016270080) fait d'ailleurs partie des finalistes pour le Prix littéraire de l'imaginaire 2020 organisé par Booktubers App, que vous pouvez retrouver grâce à #PLIB2020.



vendredi 7 décembre 2018

[Interview] Eloise Tanghe - Nox #PLIB2019




Aujourd'hui, je viens partager avec vous l'interview que j'ai pu réalisée avec Eloise Tanghe, autrice de Nox aux Editions du Chat Noir, lors du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil le 1er décembre. Une interview dans le cadre du Prix Littéraire de l'Imaginaire 2019 organisé par Booktubers App, où le livre fait parti des pré-sélectionnés.

Tout d'abord, voici un petit résumé du livre si vous souhaitez en savoir un peu plus : 

Dans les couloirs glacés d’un asile, des voix chuchotent à votre esprit. Elles vous murmurent une destination, un village.

Vous soufflent des images. Un lac cerné de neige. Une église souillée. Un brasier et les cris qu’il renferme.

Elles vous content une histoire de sorcières. Vous narrent ses chapitres maudits.

Sous un linceul de cendres, git une vérité que nul habitant ne pourra plus ignorer. Leurs secrets. Leurs peurs. La vôtre.

Il est déjà trop tard.


Bienvenue à Clairemont.



 Tout d'abord, comment s'est passée la période d'écriture, en quoi a-t-elle consisté exactement ? As-tu eu des habitudes d'écriture durant cette phase ?
Alors, je pense que c'est important de dire que je suis une autrice très lente et pas très organisée. Donc j'ai pas vraiment de petits rituels, je ne suis pas du genre à me dire "Tous les jours je dois écrire". Je suis assez dispersée, ce qui n'est pas forcément quelque chose de très bien. Mais non, pas vraiment de rituels, j'ai des périodes de productivité, des périodes où je n'écris pas du tout. Donc vraiment des hauts et des bas quoi.


• A-t-il été difficile de jongler entre passé et présent dans les chapitres, qui alternent entre les deux  ?
En fait les chapitres qui se passent dans le passé, je pense qu'on le sent, il y a plume tout à fait différente, ceux qui l'ont lu le savent. Et ça a vraiment été mon terrain de jeu en fait, donc c'est un plaisir. J'écrivais deux chapitres normaux et puis je me disais "Bon allez, ta petite récompense à la fin c'est d'écrire un chapitre un peu spécial". Mais pour tout ce qui est de la mise en forme, etc, Mathieu, mon éditeur m'a beaucoup aidée à faire en sorte qu'il n'y ait pas d 'incohérences et que tout soit fluide et lié. Sans lui, franchement, le résultat ne serait pas pareil.


• Était-ce difficile d'écrire des passages sur un narrateur dont on ne connait pas l'identité ?
Non c'était ce qui venait tout seul en fait. Les autres chapitres étaient beaucoup moins simples, là c'était vraiment ma cour de récré en fait, expérimenter avec une plume tout a fait différente, un narrateur qui a un humour très spécial et décalé, assez noir qui me plaît beaucoup. Après écrire tout un livre comme ça, ce serait pas possible mais j'ai vraiment adoré ces parties-là.


• Comment s'est passé le passage à l'édition pour toi ? Comment cela s'est-il déroulé ? 
Alors, moi j'ai eu la chance de ne pas devoir faire de démarches et devoir chercher d'éditeur. J'écrivais sur Wattpad, et Mathieu Guibé, donc mon éditeur, m'a découverte sur Wattpad et il m'a proposé de publier au Chat Noir. J'avais 15 ans et demi, donc je ne m'y attendais pas vraiment. De là, on a commencé vraiment à travailler ensemble, c'est vraiment pour ça une maison d'édition hyper appliquée, il y a un vrai travail éditorial derrière, un vrai boulot qu'on fait ensemble. J'ai vraiment eu une super bonne expérience.


Y a-t-il beaucoup de différences entre la version postée sur Wattpad et celle disponible aux Editions du Chat Noir ?
Fondamentalement, c'est clairement le même livre. Après, par exemple, ceux qui ont lu sur Wattpad, le premier chapitre n'est pas le même, il a fallu le recommencer. Puis c'était surtout régler des problèmes d'incohérences ou de fluidité parce que, comme je te le disais tantôt, je ne suis pas une autrice qui va écrire son manuscrit en six mois, je suis très lente, très dispersée, et donc c'est vrai qu'au fur et à mesure, en 2 ans d'écriture, bah par moment, il y avait des hauts, des bas, des choses que moi-même j'avais oublié et donc le travail ça a vraiment été de retrouver un fil rouge, de faire en sorte que ce soit uniforme et fluide à lire et sans incohérences.


 Justement, que t'as apporté cette expérience Wattpad, du fait de pouvoir avoir des réactions à tout instant de la part des lecteurs ?
Wattpad, je pense que c'est une très bonne école en fait. Certains ont l'habitude de dénigrer un petit peu ce côté littérature en ligne. Moi ça m'a appris énormément parce que sur Wattpad, les gens ne payent pas pour avoir accès au contenu, et donc si le livre, si l'histoire ne les accroche pas, en un clic, la page est fermée, et on n'en parle plus. Donc Wattpad, ça apprend vraiment à garder le lecteur en haleine, et à la fin de chaque chapitre donner envie d'aller au suivant en fait. Et je pense que ça apprend vraiment à rendre le lecteur accro.



• Ton roman aborde dans certains passages la sorcellerie. Quel est le rapport que tu entretiens avec ce thème ? 
Alors moi ça m'est venu de où j'habite en fait. Je viens d'un petit village en Belgique, et le village d'à côté a une forte tradition de sabbat des sorcières, etc, tout ce qui touche à l'étrange et donc j'ai toujours trouvé ça fascinant. Et je me suis dit "mais en fait c'est quelque chose d'hyper intéressant", et on parle toujours des sorcières de Salem, et on en oublie parfois de dire "mais est-ce que c'était vraiment des sorcières ?". Et c'est ça, c'est l'idée de prendre quelque chose que tout le monde connaît, qui est dans l'imaginaire collectif et de retourner et de voir dans un autre sens.



• Si tu étais une sorcière, quelles sont capacités que tu voudrais avoir ? 
Hum... Bonne question. Nox, ça parle beaucoup de feu, alors je vais dire la maîtrise du feu.


• Te sens-tu proche de certains de tes personnages, as-tu un lien particulier avec l'un d'entre eux ?
Oui et non parce que je pense que dans tous tes personnages tu mets une partie de toi, tu mets un défaut que tu as, ou de quelqu'un de ton entourage. Et après, c'est cliché, tous les auteurs le disent, mais choisir un personnage, c'est comme choisir un de ses enfants, et c'est compliqué. Après, pour sur ce dont je travaille en ce moment, là c'est vrai que c'est des personnages que je porte en moi depuis quelques années et donc, c'est vrai que j'ai une relation différente. Mais les personnages de Nox, je ne peux pas choisir.


• Qu'en pensent tes proches de te savoir autrice mais aussi à présent publiée, d'autant plus à un âge plutôt jeune dans le milieu ?
La réaction, c'est "Quoi ?! T'as publié un livre ?! C'est trop bien !" en général, ou alors "Oh mon dieu, t'écris, c'est trop bizarre". Il n'y a pas vraiment d'entre deux, mais après c'est clair que la première fan c'est ma maman déjà. Et puis ce qui me perturbe le plus quand on devient auteur publié, c'est que tout le monde veut acheter son livre et je trouve ça très gênant quand les gens de notre entourage nous disent "Ah, j'ai lu ton livre" et commencent à nous en parler. Je déteste ça, je suis trop mal à l'aise. Mais sinon, les retours sont bons, les gens sont étonnés, parce qu'on a cette vision un peu du monde de l'édition tout à fait détachée, avec des auteurs qui ont une vie spéciale, qui vivent dans une tour d'ivoire, et du coup, les gens, quand ils savent que j'ai 18 ans, ils sont un peu étonnés, mais les retours sont bons.


• As-tu actuellement une nouvelle idée de roman en tête ?
J'y travaille *rires* Mon éditeur, à chaque fois que je le vois, me demande "Bon, c'est pour quand le prochain ?". Le problème, c'est que je suis entrée à l'université, donc clairement, ça va remettre des priorités. Et puis comme je suis extrêmement, extrêmement lente, ça va prendre du temps. Mais j’arrêterais pas d'écrire. Même si je peux faire une pause de un an, deux ans, trois ans, ça reviendra toujours, je reviendrais toujours à ça parce que, je ne sais pas si je peux dire si j'en ai besoin, mais j'adore ça.


• Ce sera-t-il dans le même genre que Nox ou pas du tout ?
Du fantastique, je pense parce que ça reste ce que j'aime. Mais après, je ne suis pas du genre dragons et trolls, ça reste toujours quelque chose de beaucoup plus soft. Mais, ouais, j'ai une petite idée en tête.




• En dehors de l'écriture, qu'as-tu comme autres activités que tu aimes faire ?
En tant qu'étudiante, *rires*, pour le peu que je puisse le faire, j'aime bien dormir. Quand on rentre à la fac, c'est vrai qu'on est très pris. Et sinon, quand j'étais quelques années avant, je dévorais des livres, j'ai une bibliothèque énorme chez moi. Et je ne suis pas sportive. Mais déjà ça, ça prend beaucoup de temps.


• Merci pour cette interview ! As-tu un mot pour la fin ?
Oui, peut-être simplement dire aux gens d'arrêter de douter d'eux-mêmes et de se dire qu'être publié, c'est réservé qu'à une certaine élite, ou qu'à une certaine partie des gens qui paraissent lointains, mais ça peut arriver à tout le monde. Voilà, moi, on est venu me chercher sur Wattpad, et il faut y croire et se lancer. Et c'est pas parce qu'on commence à écrire dans sa chambre qu'on ne peut pas se retrouver dans un salon de l'autre côté de la table quelques années après.


Vous pouvez retrouver Eloise Tanghe sur les différentes plateformes suivantes : 
• Twitter
• Wattpad

Son roman : 
Nox

lundi 10 septembre 2018

[Interview] Alison Germain - Chroniques Homérides, tome 1 : Le souffle de Midas #PLIB2018




Aujourd'hui je partage avec vous l'interview que j'ai pu faire avec Alison Germain, à l'occasion de la sortie il y a quelques mois de son roman "Le souffle de Midas", premier tome des "Chroniques Homérides", dans le cadre du Prix Littéraire de l'Imaginaire 2018 organisé par Booktubers App, où le livre fait parti des pré-sélectionnés.

Je vous laisse un petit résumé tout d'abord, dans le cas où vous voudriez en savoir plus :

Entre tes mains, fille d’Homère, brûle encore le pouvoir des Dieux.

Le jour où une inconnue rend son dernier souffle dans mes bras, je sais que ma vie paisible d’étudiante ne sera plus jamais la même. Au lendemain du drame dont j’ai été le seul témoin, aucune trace du crime n’a été retrouvée, tant et si bien que tout le monde me pense folle, moi la première. Seul un homme me croit, Angus Fitzgerald, détective à la recherche d’une personne qui ressemble trait pour trait à la femme morte sous mes yeux.

Alors que ce mystère reste sans réponse, les objets que je touche se transforment en or. Et quand le bel Angus me narre le mythe antique de Midas, ce roi grec qui changeait tout en or, je comprends qu’il en sait bien plus sur ce qui m’arrive. Et aussi sur les dangers qui me menacent. Pour moi, le plus imminent est juste là, dans mes mains. Parce que si pour le détective, je suis bénie des Dieux, je ne vois en ce pouvoir qu’une malédiction…



• Tout d'abord, pourquoi avoir choisi le thème de la mythologie, thème central du roman ?
J'ai toujours été passionnée par les histoires, les légendes, les mythes et c'est vrai que la mythologie grecque m'intéresse depuis l'enfance. C'est aussi sans doute celle que je connais le mieux, sans compter que la Grèce est un pays dans lequel je rêve d'aller depuis que je suis gamine ^^ J'avoue que le mythe de Midas, en particulier, et surtout son caractère à double tranchant me semblait intéressant à exploiter. Je m'amuse beaucoup avec les Chroniques Homérides en tout cas.


• A-t-il fallu faire des recherches sur ce thème en amont, ou même durant l'écriture ?
Bien sûr ! J'avais des connaissances au départ, mais ça ne fait jamais de mal de les rafraîchir. Il existe d’innombrables versions des mythes et je trouve ça passionnant d'y mettre le nez.


• Pour partir sur l'écriture en général, as-tu des habitudes lors de la phase d'écriture ? Des petits rituels avant de se lancer dans la partie créative de son roman, ou lors de ses corrections ?
Non, je suis du genre à détester la routine ! ^^
Maiiiiis...il n'est pas rare, certes, que je m'installe devant mon ordinateur avec une tasse de thé et de la musique, mais je ne suis pas sûre qu'on puisse parler de rituel.


• Un auteur a souvent une personne qui lit ses écrits avant qu'il ne publie les chapitres sur une plateforme dédiée ou avant une éventuelle publication, afin d'avoir son avis. Est-ce le cas pour toi, et si oui, qui est cette personne ?
Oui, j'ai même plusieurs "bêta-lecteurs", deux personnes notamment, qui lisent mes écrits depuis longtemps et sur qui je peux toujours compter.


• Maintenant que le livre est publié, aux éditions du Chat Noir, quel effet ça fait de se retrouver de l'autre côté de la table lors des séances de dédicaces ?
Très bizarre ! ^^
C'est un rêve de gosse, j'en rêve depuis que j'ai...5 ans, je crois. C'est une aventure exceptionnelle, évidemment. L'exercice n'est pas facile, j'avais beaucoup de stress au début, mais c'est toujours un vrai plaisir. Ce sont des moments très riches en rencontres, en partage et c'est ce que j'aime le plus. Je suis quelqu'un d'assez réservé alors cela ne se voit peut-être pas toujours, mais je suis à chaque fois très touchée quand on vient me voir en dédicace.


• Quelle a été ta réaction lorsque tu as appris que ton livre faisait partie des finalistes du Prix Littéraire de l'Imaginaire 2018 ?
Je ne m'y attendais pas. Mon livre n'était sorti que depuis quelque mois seulement, et c'est mon tout premier ! Je suis vraiment très surprise - positivement, bien sûr ! - mais ravie. :)


• Quelles sont les inspirations, que ce soit pour l'écriture, ou pour tout autre chose ?
Tout. Tout ce que je lis, tout ce que j'écoute, tout ce que je regarde, tout ce que je mange (oui, c'est important ahah)... Je m'inspire d'absolument tout.


• A présent, on va se concentrer plutôt sur une autre de tes passions, celle de la lecture.
En effet, tu n'es pas seulement autrice, mais aussi une lectrice et Booktubeuse, que l'on peut retrouver sous le nom de Lili Bouquine, notamment sur YouTube, où tu partages tes coups de cœur livresques, tes réceptions, ainsi que d'autres types de vidéos.
A propos de Booktube, combien de temps environ consacres-tu chaque semaine à ta chaîne et son contenu ?
Maintenant que c'est en partie mon métier, c'est difficile à quantifier, puisque j'ai l'impression d'être constamment en train de travailler sur ma chaîne, sur des projets de vidéos ou autre. Un chose est sûre, c'est du boulot ! ^^ Entre la préparation en amont, le tournage, la prise de son, l'éclairage, le montage, la mise en ligne et bien sûr, l'interaction avec ma communauté sur les réseaux sociaux, sans oublier la partie administrative aussi... Cela demande du temps et aussi d'avoir plusieurs cordes à son arc, mais je ne m'en plains pas, c'est un travail passionnant.


• Tu as créé depuis quelques années le challenge littéraire appelé Week-end à 1000, que l'on peut retrouver à certaines dates, et ce plusieurs fois dans l'année, dont le but est de lire 1000 pages en un seul week end, les sessions commençant le vendredi soir à 19h et se terminant le dimanche à minuit. Comment as-tu eu l'idée de ce challenge ?
Sur un coup de tête ! Je revenais tout juste d'Angleterre où j'ai été jeune fille au pair, et j'avais une envie boulimique de lire, et je me suis dis que ce serait chouette d'embarquer d'autres personnes avec moi. Nous n'étions même pas une vingtaine à participer à la première session, aujourd'hui, chaque week-end à 1000 regroupent plusieurs centaines de lecteurs (ça me donne le tournis parfois ahah ^^)


• Si tu devais choisir trois livres (parce qu'un seul c'est vraiment trop dur à choisir, voire impossible) pour une île déserte, lesquels seraient-ils et pourquoi ceux-là ?
Euh...? La survie pour les nuls ? ^^ Ça peut être utile, non ?
Bon, ok... plus sérieusement.
1) Harry Potter et l'Ordre du phénix, mon p'tit préf de la série :p
2) L’île aux mensonges de Frances Hardinge, un immense coup de cœur pour cette autrice anglaise, trop peu connue en France. Une plume délicieuse, des intrigues poignantes et remarquablement bien ficelées. Je me souviens encore de la claque que j'ai reçu en refermant son livre, et je ne suis pas prête de l'oublier.
3) L'aube sera grandiose, de Anne Laure Bondoux. Un vrai bonheur <3 nbsp="" p="">

• Et enfin, as-tu d'autres activités autres que littéraires que tu aimes faire régulièrement ?
Alors, oui, tout à fait. J'enseigne l'étude des runes à Poudlard, à mi-temps, seulement, mais c'est passionnant ! :p
Pour de vrai, je suis une fana de séries télé, j'en regarde (beaucoup) trop. J'aime aussi beaucoup le cinéma (très très original).
Je m'intéresse aussi beaucoup à la lithothérapie, et à l’ésotérisme (oracles, tarots et autres trucs bizarres ;p).


• Merci à toi pour cette interview, ce fut un vrai plaisir pour moi de la faire. Pour conclure, que souhaiterais-tu dire pour la fin ?
Merci à toi, ce fut un plaisir.
Un dernier mot ? Je déteste les fins, alors on va dire : Hakuna Matata ;)



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jeudi 15 février 2018

[Interview] Nine Gorman - Le Pacte d'Emma #PLIB2018

Photo © Ilya Romie

Quelques mois après la sortie de son roman "Le Pacte d'Emma", et dans le cadre du Prix Littéraire de l'Imaginaire 2018 (#PLIB2018) organisé par Booktubers App, où le livre fait parti des pré-sélectionnés, Nine Gorman a accepté d'être interviewée sur le blog, et je partage alors avec vous ses réponses.


Avant de commencer, voici un résumé du livre si cela vous intéresse : 

Je pensais qu'en me lançant dans ce pacte je risquais seulement ma vie, mais c'est ma raison qui est en train de s'envoler. 

Je l'ai embrassé, mais ce n'est pas ce qui est le plus déraisonnable. 

Ce qui l'est, c'est que j'ai aimé ça. 



Tout d'abord, a-t-il été nécessaire de faire des recherches pour le roman en dehors du voyage effectué à New York l'année passée ?
Oui, notamment sur les maladies neurodégénératives 🙂
Leurs effets, comment elles sont diagnostiquées, suivies, quelles "types" de population elles touchent, et surtout où en est la recherche actuellement concernant ces maladies, pourquoi c'est compliqué de les guérir, ... Je me suis beaucoup documentée sur le sujet, et j'ai questionné aussi des médecins pour parfois mieux comprendre certains jargon médicaux qui m'étaient complètement obscurs quand je lisais des rapports ou revues sur le sujet.
Je me suis aussi documentée sur le mythe du vampire, pour connaître ses origines, les différentes formes qu'il a pris avec le temps dans la littérature pour essayer de réfléchir à une version différente du vampirisme dans mon roman, plus ancrée dans la "réalité".


Cela a dû être des recherches vraiment intéressantes à faire, mais aussi enrichissantes !
Comment cela s'est passé pour la publication de ton livre ? Est-ce toi qui as envoyé ton manuscrit, ou est-ce la maison d'éditions Albin Michel qui t'a contactée suite à sa publication sur la plateforme Wattpad ?
Oui c'était super intéressant, j'ai appris des tas de choses !
Alors en fait, je ne comptais pas faire publier le Pacte d'Emma au départ. Quand j'ai démarré son écriture, c'était pour me remettre dans le bain. Pas que je ne croyais pas en cette histoire, mais elle vivait sur Wattpad et ça me suffisait, je me faisais la main dessus, j'expérimentais des trucs, j'étais contente. Pour moi, je me disais qu'une fois que j'allais être à l'aise avec l'écriture, je penserais à ce moment-là à me lancer dans un roman dans le but d'être publié. Mais j'ai été prise de court à l'été 2016 quand on a commencé à me contacter pour éditer mon roman qui n'était même pas terminé à l'époque.


Comment a réagi ton entourage à cette nouvelle ?
Très bien ! Ils étaient très fiers 🙂 Je crois qu'ils étaient moins choqués que moi au final, comme si pour eux ça coulait de source que ça allait arriver.


C'est toujours un super soutien ce type de réactions je pense, ça doit conforter dans l'envie de faire vivre nos écrits, mais aussi de croire en soi et en ce qu'on fait 🙂
Tu as aussi écrit un autre roman, cette fois-ci à quatre mains avec Mathieu Guibé et publié intégralement sur Wattpad, intitulé "Ashes Falling For The Sky", dans un genre qui ne comporte pas de fantastique, au contraire de "Le Pacte d'Emma". Est-ce difficile de gérer l'écriture de deux histoires sensiblement différentes en même temps ? 
Je pensais au début que ça allait compliqué, mais en réalité pas tant que ça. Le Pacte d'Emma est finalement une histoire fantastique très légère, le contemporain prend énormément le dessus. Ce dont je pensais être compliqué c'était de mélanger la personnalité des personnages, et que "Ash" devienne un deuxième Andrew par exemple. Mais finalement c'est comme si c'était difficile de confondre un ami avec un autre, ils ont chacun leur personnalité, leur identité propre, tu peux très bien les côtoyer ensemble sans que ça ne pose de problème. C'est pareil dans l'écriture au final, chaque personnage est différent, et c'est juste incroyable quand tu en prends conscience et que tu t'attaches à tes personnages comme à des personnes réelles.


J'entends beaucoup parler de ce sentiment envers ses personnages de la part d'un auteur, ça doit être particulièrement fort et je suppose qu'on laisse ainsi souvent une petite part de soi en eux. 
Justement, si tu devais être l'un de tes personnages, tous écrits de ta part confondus, qui serais-tu ? 
Hum... Je dirais que ça dépend des périodes et des situations. Je suis très proche de Nathan Young, je fonctionne énormément comme lui, néanmoins j'ai aussi pas mal de points en commun avec Andrew. Après ces deux personnages ne sont finalement pas si éloignés que ça l'un de l'autre, même s'ils ont l'air complètement opposés dans l'histoire. J'aime les imaginer comme une même personne qui a évolué différemment à cause des événements de la vie.


Je trouve cette approche vraiment intéressante, j'aime bien l'idée de jouer sur une évolution différente qui changerait la personne en fonction de ce qu'elle a vécu.
As-tu une phase dans la construction du roman que tu aimais moins faire que d'autres (corrections, relecture, réécriture, écriture de certaines scènes, ...) ?
La réécriture c'est un passage à la fois hyper intéressant, et en même temps c'est pas la partie que je préfère. En fait, je procède toujours par une première écriture très instinctive, j'écris "sans réfléchir" et je viens par la suite peaufiner le tout une fois terminé avec la réécriture. Trouver des nouvelles idées pour mieux agencer son histoire lors de la réécriture c'est hyper stimulant, mais on est aussi dans une autre mécanique, c'est moins à l'instinct, c'est moins dans "l'émotion" on est plus dans le "calcul" de comment trouver la meilleure formule, et c'est moins plaisant, je trouve 🙂


• Quel effet cela fait de se dire que son livre va être lu par d'autres, par des inconnus ?
Ce que je trouve excitant dans l'écriture c'est de se dire que mes personnages vont pouvoir vivre au-delà de mon imagination, et peut-être toucher d'autres personnes comme ils m'ont touchée pendant l'écriture. Emma dit à un moment donné dans l'histoire : Je rêverais d'écrire un roman. Que des gens le lisent, ressentent une foule d'émotions. 
C'est au fond un peu ma pensée à moi aussi, du coup être lue par des inconnus ça donne une chance de peut-être les toucher, et c'est comme avoir accompli quelque chose d'important pour moi.


• Je trouve que c'est une belle manière de penser, de vouloir faire ressentir et partager des émotions par le biais de l'écriture.
Mais tu n'es pas seulement autrice, tu es aussi ce qu'on appelle une Booktubeuse, puisque tu partages sur ta chaîne Nine Gorman (anciennement Les lectures de Nine) ton avis sur certains romans, des challenges liés à la lecture, ainsi que d'autres vidéos. 
Est-il maintenant plus difficile pour toi de concilier Booktube et travail avec l'écriture en plus ? 
Ecrire c'est chronophage. Donc depuis que j'écris, je lis moins, même si je lis certainement bien plus qu'un français lambda. En revanche si en 2017 le rythme de mes différents projets m'a demandé de revoir mon organisation pour YouTube et m'a rendu moins présente, cela n'a demandé qu'une adaptation au final. Ce n'est pas plus difficile en question "pratique", car en chaque auteur existe un lecteur, et être l'un ou l'autre n'est pas incompatible, c'est juste deux casquettes. Le plus dur c'est juste d'agencer son temps, et je crois que je l'ai trouvé enfin, et c'est pourquoi mon retour sur YouTube est imminent, j'ai pas mal travaillé sur mon retour pour avoir du contenu dans un rythme régulier.


C'est une bonne nouvelle ! Bien que je me doute qu'il doit falloir en effet une certaine organisation afin de jongler avec tout ça.
Toujours lié à la lecture, quel est ton plus gros coup de cœur livresque (ou en tout cas, l'un de tes plus gros coups de cœur livresques) ?
Forbidden de Tabitha Suzuma


• J'en ai effectivement beaucoup entendu parler, et j'avais d'ailleurs regardé ta vidéo dans laquelle tu en parles, où on voit à quel point ce livre t'avait retournée. Il faut absolument que je le lise à un moment ou un autre aussi 🙂
Pour terminer, si tu devais choisir une autre activité créative à la place de l'écriture (dessin, photographie, couture, scrapbooking, ...), laquelle choisirais-tu ?
Je fais beaucoup de photographie et bien que ma mère et ma sœur soit des vraies artistes niveau dessin, je n’ai jamais hérité de ce talent. Mais à choisir je prendrais la musique. Je jouerais à nouveau de la guitare et de la batterie et j’apprendrais le piano. 😊


• Je trouve ça vraiment chouette de savoir faire d'un ou plusieurs instruments, bien que j'en sois moi-même incapable 🙂
En tout cas, merci beaucoup d'avoir répondu à ces questions, ce fut un grand plaisir pour moi de faire cette interview avec toi. Pour conclure cette dernière, que voudrais-tu dire pour la fin ?
Un mot pour la fin ?
Je dirais que vous êtes votre seule limite, alors si vous voulez écrire, lancez-vous, personnellement ce fut la meilleure décision de ma vie.

Et évidemment merci pour cette interview super cool ♥️


J'aime beaucoup ce mot de fin ! 
Encore merci à toi, cela a été vraiment cool de faire cette interview, et j'espère avoir l'occasion de discuter à nouveau avec toi sur Internet ou même de te rencontrer en salon 😀 


Vous pouvez retrouver Nine sur les différentes plateformes suivantes : 
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