dimanche 14 octobre 2018

[Chronique] Elizas - Sara Shepard

Auteur : Sara Shepard
Pages : 432
Titre original : The Elizas
Prix : 22,50€ (papier), 4,99€ (numérique)

Résumé : Une jeune femme, belle et fragile, un luxueux hôtel hollywoodien et un dangereux mélange d'alcools forts et de médicaments… Quand Eliza Fontaine, jeune auteure à succès, se réveille dans une chambre d'hôpital, il lui suffit d'un regard à ses proches pour comprendre qu'on la soupçonne d'une nouvelle tentative de suicide. N'a-t-elle pas été retrouvée ivre morte au fond d'une piscine alors qu'elle ne sait pas nager ? Pourtant, Eliza en a la certitude, cette fois, c'est différent. Ses souvenirs sont flous, sa mémoire se dérobe, mais elle se souvient d'une voix, d'un rire… Uniquement armée du roman qu'elle vient de terminer, et dans lequel semblent se mêler fiction et réalité, la jeune femme part à la recherche de ce qui s'est réellement passé. Car, s'il y a une chose dont Eliza est sûre, c'est qu'elle n'a pas sauté dans cette piscine. Quelqu'un a tenté de la tuer.



"J'ai besoin de fermer une porte, j'ai besoin d'obscurité, il faut que j'échappe à cette menace quelle qu'elle soit."






   Ce livre me tentait plutôt bien, de par le résumé mais aussi du fait que j'ai pu lire plusieurs tomes de Pretty Little Liars de la même autrice que j'avais franchement bien aimés, et ce fut vraiment une bonne lecture.

   On entre dans la vie de Eliza Fontaine, dont le livre Les Dés va paraître sous peu. Seulement, quelques temps avant sa sortie, elle va être retrouvée au fond d'une piscine alors qu'elle ne sait pas nager, et tout le monde pense qu'elle a voulu se suicider. Mais Eliza est sûre d'une chose, on l'a poussé, elle n'a pas sauté dans cette étendue d'eau.
   On va ainsi suivre Eliza à partir de ce moment-là, avec toutes les questions qu'elle se pose et la recherche de réponses. Elle veut à tout prix connaître la vérité, et faire comprendre à son entourage que ce n'était pas un accident, et qu'elle n'a pas tenté de mettre fin à ses jours.

   On alterne entre chapitres sous le point de vue de Eliza, et d'autres qui correspondent à des passages de son roman. Au fil des pages, on va ainsi découvrir deux histoires différentes, mais on va rapidement se rendre compte que son roman pourrait bien l'aider.

   On est pris dans l'histoire que nous offre Sara Shepard, à un point que parfois nous sommes perdus comme Eliza. On se retrouve à parfois ne plus savoir ce qui est la réalité ou la fiction dans le roman, à essayer de distinguer les deux. On veut pouvoir aider le personnage, lui parler, lui conseiller de faire ou de ne pas faire les choses. On veut qu'elle découvre la vérité, mais sans qu'elle ne se mette dans des situations qui dégénèrent alors que tout pourrait correctement se dérouler. On tourne les pages afin de découvrir la suite, tout comme Eliza, on veut connaître le fin mot de l'histoire : a-t-elle raison ou son esprit est-il malade et lui fait croire des choses qui n'existent pas ? 

   Le personnage principal est intéressant, du fait qu'elle change de ce qu'on peut lire habituellement. C'est un protagoniste particulier, qui a des attirances pour les choses assez morbides, et ainsi diffère de nos habitudes. On compatit pour ce qui lui arrive, du fait qu'une bonne partie des gens qu'elle connaît la pense à moitié folle, du fait qu'elle se retrouve presque seule face à tout le reste du monde.
   Les autres personnages sont plus difficiles à cerner, étant nous même dans les pensées de Eliza, et étant parfois influencé par son jugement puisque nous n'avons aucun autre point de vue. Les personnages du roman du protagoniste était eux aussi intéressants et pour certains touchants, et ils ont une importance non moindre dans l'histoire de Eliza.

   On retrouve dans ce roman la patte de Sara Shepard, les éléments qui lui sont propres. Ainsi, on a les thèmes de la paranoïa, mais aussi du mensonge, thèmes de prédilection de la célèbre série Pretty Little Liars. De même, on a à plusieurs reprises la mention de marques américaines, que ce soit pour la mode ou les voitures, mais aussi des personnages provenant d'un foyer favorisé. En effet, tout comme les filles des romans Pretty Little Liars, Eliza fait partie de la population qui a de l'argent, et qui n'a pas de problème pour s'assurer de manger et d'avoir un toit. 

   En ce qui concerne le dénouement du roman, je ne m'y étais pas attendue, ou plus exactement, je ne m'y serais pas attendue tant que les premiers éléments ne soient dévoilés. Sara Shepard ne nous livre pas toutes les réponses d'un coup, on avance dans l'intrigue en voulant connaître la vérité, et c'est à partir d'un certain moment dans le roman (assez lointain tout de même) que l'autrice nous le suggère et nous laisse la possibilité de rassembler les pièces du puzzle. Néanmoins, elle nous laisse des parts d'ombre qu'elle telles quelles jusque dans les toutes dernières pages du roman où elles nous révèlent les dernières réponses, tout en laissant une part de doute au lecteur, à pied d'égalité avec Eliza. 


   Pour conclure, j'ai beaucoup aimé cette lecture. On retrouve la patte de l'autrice que j'apprécie, et elle nous entraîne dans un thriller un peu différent de ce que l'on peut lire. Je ne m'étais pas attendue à cette dénouement et l'idée de cette intrigue était vraiment intéressante. On est pris entre réalité et fiction, avec parfois une difficulté à les dissocier ou à mettre les éléments à sa place. Sara Shepard ne nous livre pas toutes les réponses d'un coup, et laisse même une part de doute sur ce qu'est réellement la vérité, qu'on ne connaîtra, comme l'héroïne, peut-être jamais avec certitude. 



dimanche 7 octobre 2018

[Chronique] Ta putain de vie commence maintenant ! : Lettre aux adolescents - Louise Pasteau

Auteur : Louise Pasteau
Pages : 96
Titre original : Ta putain de vie commence maintenant ! : Lettre aux adolescents
Prix : 7,90€ (papier), 5,99€ (numérique)


Résumé : T'es où, là ? Dans le bus, dans un train, sur la plage, dans ton lit, dans un parc, sur l'herbe, dans le métro, dans les chiottes ? On s'en fout. Déjà plus de trois secondes pour ouvrir ce bouquin et te mettre à le lire. Presque dix maintenant. Tu multiplies par six et ça fera une minute ; par soixante, une heure ; par vingt-quatre, un jour ; par 365, un an ; par 80 et ce sera fini. Game over. Dead. Out.

J'écris pas pour t'emmerder, j'écris pour te faire gagner du TEMPS, donc de l'ARGENT, et du PLAISIR (T.A.P.). J'aurais trouvé ça cool qu'on m'écrive une lettre de ce genre. Alors, par principe, à défaut de l'avoir reçue et parce que j'ai mis un sacré paquet de temps pour comprendre tout le bordel dont je vais te parler, je vais la pondre.



"Donne ce que tu as envie de recevoir."






   J'ai entendu parler de ce court bouquin par le biais d'une BookTubeuse, et elle m'avait donné envie de le découvrir si l'occasion s'en présentait. Cette dernière est vite arrivée, et ce grâce à l'une des opérations Explorateurs de Lecteurs.com.

   Dans ce livre, l'autrice va aborder rapidement, en quelques pages, plusieurs sujets, et plus particulièrement ceux liés à la période de l'adolescence. Ainsi, on retrouve les thèmes de l'acceptation de soi, du sexe et du consentement, du sport, ou encore du fait de bouger afin de se sentir bien dans son corps.

   Ces différents thèmes sont abordés de manière rapide mais efficaces, avec des mots adaptés au public visé. L'autrice le dit elle-même, si elle avait utilisé un langage soutenu, les adolescents n'auraient pas forcément terminé leur lecture jusqu'au bout. Elle utilise des mots et des expressions qui se veulent proches de ceux que les adolescents utilisent, afin de créer un certain lien entre le lecteur et l'autrice, incitant à lire ce que cette dernière nous propose.
   J'ai trouvé les différents thèmes intéressants à aborder, d'autant plus pour le public adolescent. J'ai particulièrement apprécié de voir les sujets du consentement, très actuel, ainsi que celui de l'acceptation de soi mais aussi des autres. Dans le cas de ce dernier, on retrouve ainsi de quoi avoir un peu plus confiance en soi, sans pour autant tomber dans l'arrogance, de se trouver beau, de s'accepter tel qu'on est, car en plus, comme le dit l'autrice "Quand on est jeune, on a l'impression d'être moche alors qu'on ne sera jamais physiquement aussi beau", faisant référence au corps qui vieillit. Mais en parlant de ce thème, elle nous fait aussi comprendre que vu que tout le monde est beau (et ce malgré la subjectivité que l'on a chacun de la beauté), alors nous n'avons pas à rabaisser les autres. Chacun est égal, chacun a droit à la dignité. C'est un message que je trouve important, et qui dans ce livre, peut permettre de se rendre compte de tout cela. 
   L'autrice nous pousse aussi à ne pas toujours rester dans sa zone de confort, d'affronter ses peurs, afin d'en sortir grandi et de ne pas regretter notre inaction. Elle le dit, si on a envie de rien faire, c'est un choix, mais cela ne nous ait pas forcément bénéfique. 

   Tout le long, Louise Pasteau aborde plusieurs thèmes comme dit auparavant, en gardant des éléments récurrents comme un fil conducteur. Ces éléments sont utilisés comme des métaphores de ce qu'elle essaye de faire passer, pour nous permettre de mieux comprendre ce qu'elle nous dit. Ce sont des métaphores toutes simples, mais qui donnent une autre perspective de ce qu'elle nous explique, afin de mieux faire passer les messages qu'elle souhaite transmettre.

   Ce livre est principalement adressé aux adolescents, mais je pense néanmoins qu'il peut s'adresser à d'autres personnes. Il n'est peut-être pas adapté à des personnes avec une certaine expérience de vie (quoique certaines pourraient être légitimement intéressé par cette lecture), mais je pense qu'il peut parler à des personnes ayant passé l'adolescence, par exemple (parmi d'autres) entrant dans le milieu du travail, et ce du fait des sujets universels qui sont abordés dans ce court ouvrage. Il livre un point de vue positif sur les différents thèmes abordés, et on en ressort avec une réflexion sur soi par rapport à ce qu'on vient de lire, et ce, encore une fois, de manière positive et engageante, invitant à nous améliorer si l'envie nous prend. 

   Tous les sujets ne sont pas tous traités dans cet ouvrage, tout du moins ceux qui pourraient être sujets à polémique. Ainsi, on ne retrouve pas la question de l'attirance, des différentes orientations possibles, et j'aurais aimé pouvoir trouver ce sujet, même rapidement, dans les lignes de ce bouquin. Je trouve que c'est une question importante que beaucoup de personnes, notamment les adolescents se posent, et qu'il aurait été vraiment intéressant de l'aborder, et de d'une manière aussi positive que dans le reste de l'ouvrage, afin de rassurer les adolescents, leur faire comprendre qu'ils sont égaux peu importe leur orientation ou attirance, qu'ils sont tous normaux. 


   Pour conclure, je pense que c'est un ouvrage à mettre entre les mains des adolescents, en pleine période de questions, qui pourraient y trouver une part de réponses dedans, mais aussi des moins jeunes. Il aborde des sujets tels que la confiance en soi et l'acceptation de tout un chacun, ainsi que du fait d'affronter ses peurs, et ce de manière positive, bien que quelques autres sujets auraient mérité d'être eux aussi traités. Pour ce faire, l'autrice se met à la hauteur de son public, afin de mieux faire passer son message des plus positifs.



mercredi 26 septembre 2018

[Chronique] Les Seigneurs de Bohen - Estelle Faye #PLIB2018

Auteur : Estelle Faye
Pages : 550
Titre original : Les Seigneurs de Bohen
Prix : 25,00€ (papier), 14,99€ (numérique)


Résumé : Je vais vous raconter comment l'Empire est mort.

L'Empire de Bohen, le plus puissant jamais connu, qui tirait sa richesse du lirium, ce métal aux reflets d'étoile, que les nomades de ma steppe appellent le sang blanc du monde. Un Empire fort de dix siècles d'existence, qui dans son aveuglement se croyait éternel.

J'évoquerai pour vous les héros qui provoquèrent sa chute. Vous ne trouverez parmi eux ni grands seigneurs, ni sages conseillers, ni splendides princesses, ni nobles chevaliers... Non, je vais vous narrer les hauts faits de Sainte-Étoile, l'escrimeur errant au passé trouble, persuadé de porter un monstre dans son crâne. De Maëve la morguenne, la sorcière des ports des Havres, qui voulait libérer les océans. De Wens, le clerc de notaire, condamné à l'enfer des mines et qui dans les ténèbres découvrit une nouvelle voie... Et de tant d'autres encore, de ceux dont le monde n'attendait rien, mais qui malgré cela y laissèrent leur empreinte.

Et le vent emportera mes mots sur la steppe. Le vent, au-delà, les murmurera dans Bohen. Avec un peu de chance, le monde se souviendra.



"Nous avons le nombre pour nous. Nous avons l'avenir. Nous avons la colère, et nous avons l'espoir."




   J'ai fait cette lecture dans le cadre du Prix Littéraire de l'Imaginaire BooktubersApp 2018, et je dois avouer que je ne l'aurais sans doute jamais faite sans ça. En effet, le roman ne me tentait absolument pas, et j'y allais plutôt à reculons, bien qu'appréciant généralement la fantasy, ce qui explique pourquoi c'est le dernier que je lis parmi la sélection. Et je dois dire qu'il fut une très bonne surprise.

   On entre dans l'Empire de Bohen avec son Palais d'Ambre Vert, aux côtés de différents personnages. On partira ainsi à la rencontre de Sainte-Etoile, de Wens, de Janosh, de Sorenz, ou encore Maëve et Sigalit. Chacun aura son importance dans la chute de l'Empire, comme il nous est annoncé en quatrième de couverture. Nous allons ainsi découvrir les origines de la mort de cet Empire, parfois entrecoupé du présent raconté par le personnage de Ioulia la Perdrix. 

   Nous suivons ainsi conjointement les différents personnages cités auparavant, donc l'on pourrait croire qu'ils n'ont parfois rien en commun. Mais nous le découvrirons ensuite, chacun a eu son importance dans la chute de l'Empire qu'ils connaissaient jusqu'à présent. Chacun a son histoire propre, ses doutes, ses objectifs, ses buts à atteindre, sa situation, et nous vivons ainsi des choses différentes selon les personnages. Aucun ne se ressemble, de par leur passé en grande partie. 
   Malgré leur nombre relativement important, on ne se retrouve pas perdu durant la lecture. En effet, comme dit auparavant, ils sont tous différents de par leur vécu, et on apprend petit à petit sur eux. Je me suis plus ou moins attachée à certains d'entre eux, comme Sigalit ou Sorenz, mais rien de plus. Néanmoins, j'ai apprécié être aux côtés de chacun d'entre eux, d'en savoir plus sur chacun de ces personnages.

   Cet entremêlement d'intrigues créant l'histoire principale nous mène au fil des pages, et ce avec envie. J'ai personnellement beaucoup apprécié l'histoire de ce roman, que l'on pourrait ainsi découpé en petits histoires, servant quelque chose de plus grand. Ainsi se mêlent la jeune morguenne (femme dotée de pouvoirs) rêvant d'une vie sur les flots, l'escrimeur accompagné d'un mage sous son crâne, ou encore le jeune clerc qui découvrira ce que cela fait d'être plein de pouvoirs. Plusieurs vies se déroulant en parallèle avant de se croiser d'une manière ou d'une autre, à l'origine de tout un changement. On est pris dans les combats, les situations, les embuscades qui prennent place dans le roman, mais aussi dans les moments plus ancrés dans l'émotion et les sentiments. 

   Ce roman, étant un ouvrage de fantasy, prête une place importante aux combats et à la guerre. On n'est pas sans reste sur ce point-là, et l'autrice ne le fait pas qu'à moitié. Ils peuvent s'avérer sanglants et mortels, sans distinction entre les personnages. L'histoire se pose dans une ambiance et un mode de vie plutôt médiéval, que Estelle Faye nous dit inspirés l'époque entre Moyen-Age et Renaissance, ainsi que de l'Europe Centrale et de l'Est. On est ainsi dans une histoire où la machine à imprimer n'existe pas encore, ou peut de gens savent lire et encore moins écrire,où les armes à feu sont sujettes à superstitions, ... Tout l'univers m'a plu, tout comme les différents lieux que l'ont découvre, pas toujours très roses, du fait qu'on est dans une période qui semble plutôt sombre pour l'Empire. Néanmoins, on nous parle de certains lieux dont l'on en saura jamais plus que quelques rumeurs ou mots, malgré qu'on puisse avoir envie d'en savoir plus.

   Les créatures fantastiques ou surnaturelles ne sont pas des plus présentes dans ce roman, même s'il nous arrive d'en croiser. C'est loin d'être le sujet principal du livre, et une importance plutôt moindre, au contraire de la magie que l'on va côtoyer par le biais de plusieurs des personnages, et ce sous différentes formes.

   Le livre est pour moi un roman plutôt adulte, il demande un minimum de maturité du lecteur. En effet, les combats sanglants y ont leur place, mais on aura aussi des mots plus crus, provenant de l'un des personnages. Rien de bien gênant pour ma part, puisque cela correspond au personnage et que cela ne va jamais dans l'obscène. 
   Il aborde aussi de temps à autre certains sujets, comme la femme à cette époque, ou bien l'homosexualité et le passé de chacun, pouvant nourrir la réflexion en plus de l'histoire que nous suivons.

   En ce qui concerne la fin, elle nous montre comme l'Empire sombre, et porte le point final à cette période de la vie des personnages en quête de changement, et signe l'aboutissement de ce qu'ont traversé les protagonistes. Il est vrai néanmoins que certaines questions d'arrière-plan que l'on peut éventuellement se poser restent sans réponse, mais rien qui puisse nous empêcher la compréhension du dénouement et de ses éléments.


   Pour conclure, ce roman fut vraiment une bonne surprise pour ma part. J'ai vraiment apprécié suivre ce roman, que j'ai lu rapidement, que ce soit pour les personnages ou pour leurs histoires. La plume de l'autrice est très agréable et nous plonge dans son univers, bien qu'on en connaisse qu'une partie. Il me faut néanmoins signaler que les avis sont plutôt partagés sur ce roman, notamment au sein des jurés du prix littéraire, et qu'il peut ainsi plaire comme ne pas plaire. En ce qui me concerne, ce serait avec plaisir que je lirais le prochain livre sur l'univers de Les Seigneurs de Bohen, un projet dont Estelle Faye en a évoqué l'envie de faire, bien que ce fut pas prévu.


Ce roman (#ISBN:9782221198674) fait d'ailleurs partie de la pré-sélection pour le Prix littéraire de l'imaginaire 2018 organisé par Booktubers App, que vous pouvez retrouver grâce à #PLIB2018.




mardi 11 septembre 2018

[Chronique] La Faucheuse, tome 1 - Neal Shusterman #PLIB2018

Auteur : Neal Shusterman
Pages : 504
Titre original : Arc of the Scythe, book 1: Scythe
Prix : 18,90€ (papier), 12,99€ (numérique)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
La Faucheuse, tome 1
• La Faucheuse, tome 2 : Thunderhead
• La Faucheuse, tome 3 : The Toll

Résumé : Tu tueras.
Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation.
Tu accorderas une année d'immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.
Tu tueras la famille de ceux qui t'ont résisté.

MidAmérique, milieu du 3e millénaire. Dans un monde où la maladie a été éradiquée, on ne peut plus guère mourir qu'en étant tué aléatoirement (" glané ") par un faucheur professionnel. Citra et Rowan sont deux adolescents qui ont été sélectionnés pour devenir apprentis-Faucheurs ; et, bien qu'ils aient cette vocation en horreur, ils vont devoir apprendre l'art de tuer et comprendre en quoi cette mission est bel et bien une nécessité.
Mais seul l'un des deux adolescents sera choisi comme apprenti à part entière, et lorsqu'il devient clair que la première tâche du vainqueur sera de glaner la vie du perdant, Citra et Rowan se retrouvent dressés l'un contre l'autre bien malgré eux...



"Dans une profession où la bonne conscience est une entrave, qui ne serait pas heureux de s'en débarrasser ?"





   On plonge dans un monde qui nous semblerait presque utopique, la mort naturelle ayant été combattu par les hommes. En effet, la seule façon de mourir est de se faire "glaner", c'est-à-dire tué aléatoirement par des personnes "qualifiées", les faucheurs. 

   On rencontrera Citra et Rowan, qui seront choisi par l'un de ces faucheurs, pour être ses apprentis. Au bout de cet apprentissage, seul l'un d'eux pourra devenir faucheur, tandis que l'autre reviendra à sa vie normale (c'est tout du moins ce qu'il en est au début, ce qui va changer au bout d'une partie du roman, comme dit dans le résumé). 

   Aux côtés de ces deux personnages, alternant entre le point de vue de chacun et des extraits de journal de faucheurs, nous découvrons ce nouveau monde, où la mort naturelle n'est plus. On en apprend plus sur ce que font exactement les faucheurs et la manière dont ils le font, ainsi que les règles qui les régissent. Mais aussi, on découvrira les divergences de morale qu'ont les faucheurs, certains en semblant presque dénués.

   On est emmené dans l'histoire de l'apprentissage des deux protagonistes, et nous apprenons en partie à leurs côtés sur la communauté des faucheurs. Le roman se lit plutôt rapidement, pris dans cet univers particulier mais très bien construit. En effet, l'auteur a créé un monde futuriste de science-fiction, mais on se prend au jeu en s'imaginant ce monde. 
  On suit l'évolution des deux jeunes apprentis, bien différente pour chacun étant donné le contexte qui les entoure. Le roman le montre, des influences différentes peuvent induire une évolution différente, et on le voit bien vers la seconde moitié du roman, de manière flagrante.

   Les personnages tels que Citra et Rowan était assez attachants, bien que la jeune femme soit parfois un peu trop têtue et puisse ainsi exaspérer plus d'un lecteur. Rowan, au contraire, est plus distant, plus réservé dans ce qu'il montre de ses émotions et sentiments. J'ai aussi apprécié le personnage de Maître Faraday, et d'une certaine manière Dame Curie mais aussi eu de la compassion pour Maître Volta, jeune faucheur, mais j'ai aussi détesté d'autres personnages, de part leurs agissements et morales. 

   On aura différentes scènes d'action ponctuant le livre,  notamment lors de certaines scènes sanglantes. On rencontre plusieurs fois ces dernières, et on peut alors s'imaginer la caractère épouvantable de quelques-unes d'entre elles, qui sont de véritables massacres. L'auteur a choisi de traiter la mort, la mort donnée par quelqu'un, et ainsi ne contourne pas le sujet et les scènes que cela sous-entend.

   Le roman est aussi intéressant de part le sujet abordé et la manière de le traiter. Tout un ensemble de questions liées nous est posé avec ce roman : l'immortalité est-elle souhaitable ? Des hommes devraient-ils être maîtres de la vie et de la mort, comme bon leur semble ou presque ? Au fil des pages, on nourrit en arrière-plan notre propre réflexion sur le sujet. L'auteur nous fait comprendre que la réponse n'est pas noire ou blanche, mais bien plus complexe que ça. L'immortalité, par exemple, permet de vivre indéfiniment tant que l'on n'est pas glané, mais l'éternité n'est-elle pas source d'ennui, de routine ? En étant invincible contre la mort, serions-nous aussi ambitieux, prêts à profiter de la vie ou au contraire passerions le temps comme nous le pourront ? Dans le roman, je m'accordais plutôt bien à la pensée derrière l'histoire qu'avait l'auteur sur ce sujet. De même, on suit le même genre de raisonnement sur la fonction de faucheur ? Certains abuseront-ils de ce pouvoir ? J'ai trouvé très intéressant de voir ces aspects de réflexion dans la roman en plus de l'histoire même.

   En ce qui concerne la fin, on a envie de savoir qui sera le grand "gagnant". Je n'ai pas cherché à deviner durant ma lecture de son identité et je me suis ainsi laissée portée jusqu'à cette révélation. La fin nous offre aussi une dernière dose d'action, avant de se terminer pour de bon, se suffisant à elle-même. On peut se contenter de cette dernière, ou bien continuer avec le second tome si l'on le souhaite.


   Pour conclure, j'ai bien aimé ce roman que je pensais pas autant apprécié, que ce soit pour le thème et ses personnages. Ces derniers sont intéressants, et j'ai apprécié la réflexion que l'on peut faire grâce à certaine phrases le long du roman. La fin permet de s'arrêter au premier tome si l'on le souhaite, mais je pense néanmoins poursuivre la trilogie au contexte particulier que nous offre Neal Shusterman.


Ce roman (#ISBN:9782221198674) fait d'ailleurs partie de la pré-sélection pour le Prix littéraire de l'imaginaire 2018 organisé par Booktubers App, que vous pouvez retrouver grâce à #PLIB2018.



lundi 10 septembre 2018

[Interview] Alison Germain - Chroniques Homérides, tome 1 : Le souffle de Midas #PLIB2018




Aujourd'hui je partage avec vous l'interview que j'ai pu faire avec Alison Germain, à l'occasion de la sortie il y a quelques mois de son roman "Le souffle de Midas", premier tome des "Chroniques Homérides", dans le cadre du Prix Littéraire de l'Imaginaire 2018 organisé par Booktubers App, où le livre fait parti des pré-sélectionnés.

Je vous laisse un petit résumé tout d'abord, dans le cas où vous voudriez en savoir plus :

Entre tes mains, fille d’Homère, brûle encore le pouvoir des Dieux.

Le jour où une inconnue rend son dernier souffle dans mes bras, je sais que ma vie paisible d’étudiante ne sera plus jamais la même. Au lendemain du drame dont j’ai été le seul témoin, aucune trace du crime n’a été retrouvée, tant et si bien que tout le monde me pense folle, moi la première. Seul un homme me croit, Angus Fitzgerald, détective à la recherche d’une personne qui ressemble trait pour trait à la femme morte sous mes yeux.

Alors que ce mystère reste sans réponse, les objets que je touche se transforment en or. Et quand le bel Angus me narre le mythe antique de Midas, ce roi grec qui changeait tout en or, je comprends qu’il en sait bien plus sur ce qui m’arrive. Et aussi sur les dangers qui me menacent. Pour moi, le plus imminent est juste là, dans mes mains. Parce que si pour le détective, je suis bénie des Dieux, je ne vois en ce pouvoir qu’une malédiction…



• Tout d'abord, pourquoi avoir choisi le thème de la mythologie, thème central du roman ?
J'ai toujours été passionnée par les histoires, les légendes, les mythes et c'est vrai que la mythologie grecque m'intéresse depuis l'enfance. C'est aussi sans doute celle que je connais le mieux, sans compter que la Grèce est un pays dans lequel je rêve d'aller depuis que je suis gamine ^^ J'avoue que le mythe de Midas, en particulier, et surtout son caractère à double tranchant me semblait intéressant à exploiter. Je m'amuse beaucoup avec les Chroniques Homérides en tout cas.


• A-t-il fallu faire des recherches sur ce thème en amont, ou même durant l'écriture ?
Bien sûr ! J'avais des connaissances au départ, mais ça ne fait jamais de mal de les rafraîchir. Il existe d’innombrables versions des mythes et je trouve ça passionnant d'y mettre le nez.


• Pour partir sur l'écriture en général, as-tu des habitudes lors de la phase d'écriture ? Des petits rituels avant de se lancer dans la partie créative de son roman, ou lors de ses corrections ?
Non, je suis du genre à détester la routine ! ^^
Maiiiiis...il n'est pas rare, certes, que je m'installe devant mon ordinateur avec une tasse de thé et de la musique, mais je ne suis pas sûre qu'on puisse parler de rituel.


• Un auteur a souvent une personne qui lit ses écrits avant qu'il ne publie les chapitres sur une plateforme dédiée ou avant une éventuelle publication, afin d'avoir son avis. Est-ce le cas pour toi, et si oui, qui est cette personne ?
Oui, j'ai même plusieurs "bêta-lecteurs", deux personnes notamment, qui lisent mes écrits depuis longtemps et sur qui je peux toujours compter.


• Maintenant que le livre est publié, aux éditions du Chat Noir, quel effet ça fait de se retrouver de l'autre côté de la table lors des séances de dédicaces ?
Très bizarre ! ^^
C'est un rêve de gosse, j'en rêve depuis que j'ai...5 ans, je crois. C'est une aventure exceptionnelle, évidemment. L'exercice n'est pas facile, j'avais beaucoup de stress au début, mais c'est toujours un vrai plaisir. Ce sont des moments très riches en rencontres, en partage et c'est ce que j'aime le plus. Je suis quelqu'un d'assez réservé alors cela ne se voit peut-être pas toujours, mais je suis à chaque fois très touchée quand on vient me voir en dédicace.


• Quelle a été ta réaction lorsque tu as appris que ton livre faisait partie des finalistes du Prix Littéraire de l'Imaginaire 2018 ?
Je ne m'y attendais pas. Mon livre n'était sorti que depuis quelque mois seulement, et c'est mon tout premier ! Je suis vraiment très surprise - positivement, bien sûr ! - mais ravie. :)


• Quelles sont les inspirations, que ce soit pour l'écriture, ou pour tout autre chose ?
Tout. Tout ce que je lis, tout ce que j'écoute, tout ce que je regarde, tout ce que je mange (oui, c'est important ahah)... Je m'inspire d'absolument tout.


• A présent, on va se concentrer plutôt sur une autre de tes passions, celle de la lecture.
En effet, tu n'es pas seulement autrice, mais aussi une lectrice et Booktubeuse, que l'on peut retrouver sous le nom de Lili Bouquine, notamment sur YouTube, où tu partages tes coups de cœur livresques, tes réceptions, ainsi que d'autres types de vidéos.
A propos de Booktube, combien de temps environ consacres-tu chaque semaine à ta chaîne et son contenu ?
Maintenant que c'est en partie mon métier, c'est difficile à quantifier, puisque j'ai l'impression d'être constamment en train de travailler sur ma chaîne, sur des projets de vidéos ou autre. Un chose est sûre, c'est du boulot ! ^^ Entre la préparation en amont, le tournage, la prise de son, l'éclairage, le montage, la mise en ligne et bien sûr, l'interaction avec ma communauté sur les réseaux sociaux, sans oublier la partie administrative aussi... Cela demande du temps et aussi d'avoir plusieurs cordes à son arc, mais je ne m'en plains pas, c'est un travail passionnant.


• Tu as créé depuis quelques années le challenge littéraire appelé Week-end à 1000, que l'on peut retrouver à certaines dates, et ce plusieurs fois dans l'année, dont le but est de lire 1000 pages en un seul week end, les sessions commençant le vendredi soir à 19h et se terminant le dimanche à minuit. Comment as-tu eu l'idée de ce challenge ?
Sur un coup de tête ! Je revenais tout juste d'Angleterre où j'ai été jeune fille au pair, et j'avais une envie boulimique de lire, et je me suis dis que ce serait chouette d'embarquer d'autres personnes avec moi. Nous n'étions même pas une vingtaine à participer à la première session, aujourd'hui, chaque week-end à 1000 regroupent plusieurs centaines de lecteurs (ça me donne le tournis parfois ahah ^^)


• Si tu devais choisir trois livres (parce qu'un seul c'est vraiment trop dur à choisir, voire impossible) pour une île déserte, lesquels seraient-ils et pourquoi ceux-là ?
Euh...? La survie pour les nuls ? ^^ Ça peut être utile, non ?
Bon, ok... plus sérieusement.
1) Harry Potter et l'Ordre du phénix, mon p'tit préf de la série :p
2) L’île aux mensonges de Frances Hardinge, un immense coup de cœur pour cette autrice anglaise, trop peu connue en France. Une plume délicieuse, des intrigues poignantes et remarquablement bien ficelées. Je me souviens encore de la claque que j'ai reçu en refermant son livre, et je ne suis pas prête de l'oublier.
3) L'aube sera grandiose, de Anne Laure Bondoux. Un vrai bonheur <3 nbsp="" p="">

• Et enfin, as-tu d'autres activités autres que littéraires que tu aimes faire régulièrement ?
Alors, oui, tout à fait. J'enseigne l'étude des runes à Poudlard, à mi-temps, seulement, mais c'est passionnant ! :p
Pour de vrai, je suis une fana de séries télé, j'en regarde (beaucoup) trop. J'aime aussi beaucoup le cinéma (très très original).
Je m'intéresse aussi beaucoup à la lithothérapie, et à l’ésotérisme (oracles, tarots et autres trucs bizarres ;p).


• Merci à toi pour cette interview, ce fut un vrai plaisir pour moi de la faire. Pour conclure, que souhaiterais-tu dire pour la fin ?
Merci à toi, ce fut un plaisir.
Un dernier mot ? Je déteste les fins, alors on va dire : Hakuna Matata ;)



Vous pouvez retrouver Alison sur les différentes plateformes suivantes : 
Twitter
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Babelio

Son roman : 

vendredi 24 août 2018

[Chronique] Les Autres, Etape 1 : Le Survivant - Sandra Moyon

Auteur : Sandra Moyon
Pages : 173
Titre original : Les Autres, Etape 1 : Le Survivant
Prix : 12,90€ (papier), 3,99€ (numérique)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
Les Autres, Etape 1 : Le Survivant
• Les Autres, Etape 2 : Le Calice
• Les Autres, Etape 3 : Le Saigneur


Résumé : Parqués entre des murs et des clôtures, les Hommes survivent comme ils le peuvent.
Arrivés en bas de la chaîne alimentaire, ils sont épargnés grâce à l’Accord :
tous les trimestres, des fourgons d’êtres humains sont offerts aux Autres afin de les nourrir.
Mais comment choisir qui doit vivre et qui doit mourir ?
La règle est pourtant simple : seuls les délinquants sont envoyés de l’autre côté du mur, dans la Fosse.



"Mais les bonnes choses ont une fin. C'étaient sans doute celles qui s'achevaient en premier, d'ailleurs."




Merci à la maison d'édition Plume Blanche pour l'envoi de ce livre dans le cadre de l'opération Summertime.

   Les ouvrages de cette maison d'édition me tentent toujours, et c'est avec hâte que je me suis plongée dans ce roman, d'autant plus que j'ai vu de nombreux bons voire très bons avis dessus.
   On nous plonge aux côtés de Soen, dans un monde où les Autres sèment insidieusement la terreur, bien que vivants dans la Fosse, séparée de la ville par un haut mur tel un rempart. On ne sait pas qui ils sont exactement, ni comment ils vivent de l'autre côté.

   Le roman se sépare en deux parties plutôt distinctes. En effet, on commence durant la première moitié à suivre Soen, qui mène la vie dure chez sa tante, sans qu'on ne rencontre les fameux Autres. On est témoin de la violence qu'il endure chaque jour, des mots, des humiliations qu'il subit dans son propre foyer. On se prend d'empathie pour le personnage, qui encaisse sans jamais rien dire, afin de pas entraîner de conséquences funestes, pour lui ou pour les autres personnes qu'ils côtoient, à qui il ne veut pas causer de peine. On aurait envie de l'aider, d'arrêter le calvaire quotidien qu'il vit, sans qu'on ne puisse rien y faire.
   C'est dans la deuxième partie que l'on va pouvoir "voir" de nos propres yeux les Autres, à quoi ils ressemblent et comprendre pourquoi ils inspirent une telle peur. Les scènes sanglantes arrivent alors, ainsi que la peur englobant la population, une ambiance morbide qui semble annoncer un funeste destin. Les deux parties, bien que bien distinctes, sont toutes deux dignes d'intérêt, bien qu'il peut paraître long de devoir lire une première moitié de roman pour aborder véritablement ce que l'on nous annonce sur la quatrième de couverture. 

   J'ai été entraînée tout le long de l'histoire, que ce soit lors la partie plus centrée que la vie quotidienne de Soen et du calvaire qu'il vit en secret, ou lors de celle où tout bascule. L'autrice nous emmène avec envie dans son roman, dont l'on a envie de tourner les pages et d'en savoir plus, que ce soit sur comment Soen va s'en sortir, que ce soit de l'emprise de sa tante ou de la menace des Autres. 

   En ce qui concerne les personnages, comme dit auparavant, Soen est attachant, de part ce qu'il vit, mais aussi par sa détermination à protéger les quelques personnes à qui il tient. C'est un personnage qui a des fêlures, que l'on peut voir durant les moments de faiblesses qu'il peut avoir, il est résigné à son sort. C'est de ce fait un personnage que j'ai trouvé intéressant et que j'ai aimé suivre. 
   A l'opposé, nous avons sa tante, une femme devenue odieuse et mauvaise depuis que le reste de sa famille est partie. Elle se venge sur le jeune homme, rejetant la faute sur ce dernier. Le personnage était bien construit, même si c'est le type de personne que l'on n'aime pas voire qu'on déteste.
   On retrouvera aussi d'autres personnages tels que Lucas, un adulte tenant cher à Soen, et Josh, le meilleure ami de ce dernier. Chacun a sa place propre dans le roman, et une place spécifique auprès du protagoniste.

   Le tout se lit très rapidement, et il était intéressant de trouver un thème comme celui traité ici par l'autrice, celui de la maltraitance dans son propre foyer, comme celle que vit Soen. C'est un sujet dont on entend peu parlé, mais dont les victimes souffrent parfois énormément. J'ai apprécié retrouver ce thème et je l'ai trouvé bien exploité dans le roman.


   Pour conclure, j'ai franchement bien aimé ma lecture. Elle est à la hauteur de ce que j'en attendais suite aux avis, bien que les Autres apparaissent plutôt tardivement dans l'intrigue. Le tout se lit très vite, avec des personnages, surtout le protagoniste, que j'ai trouvé attachant. De plus, le thème traité m'a d'autant plus plongée dans ce roman, et m'a touchée durant ma lecture, étant un sujet tabou mais réel et douloureux pour ceux qui en sont victimes. J'ai à présent hâte d'en découvrir la suite, afin d'en savoir plus sur les fameux Autres dont l'on en sait finalement peu à la fin de ce premier tome. 



jeudi 23 août 2018

[Chronique] Chroniques homérides, tome 1 : Le souffle de Midas - Alison Germain #PLIB2018

Auteur : Alison Germain
Pages : 272
Titre original : Chroniques homérides, tome 1 : Le souffle de Midas
Prix : 19,90€ (papier), 2,99€ (numérique)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
• Chroniques homérides, tome 1 : Le souffle de Midas
• Chroniques homérides, tome 2
• Chroniques homérides, tome 3


Résumé : Entre tes mains, fille d'Homère, brûle encore le pouvoir des Dieux. Le jour où une inconnue rend son dernier souffle dans mes bras, je sais que ma vie paisible d'étudiante ne sera plus jamais la même. Au lendemain du drame dont j'ai été le seul témoin, aucune trace du crime n'a été retrouvée, tant et si bien que tout le monde me pense folle, moi la première. Seul un homme me croit, Angus Fitzgerald, détective à la recherche d'une personne qui ressemble trait pour trait à la femme morte sous mes yeux. Alors que ce mystère reste sans réponse, les objets que je touche se transforment en or. Et quand le bel Angus me narre le mythe antique de Midas, ce roi grec qui changeait tout en or, je comprends qu'il en sait bien plus sur ce qui m'arrive. Et aussi sur les dangers qui me menacent. Pour moi, le plus imminent est juste là, dans mes mains. Parce que si pour le détective, je suis bénie des Dieux, je ne vois en ce pouvoir qu'une malédiction…



"Quand les cauchemars devenaient plus simples à affronter que la réalité, fermer les yeux me semblait préférable."






   L'aspect mythologique du livre est ce qui me tentait le plus, c'était donc avec plaisir que je me suis lancée dans le roman dans le cadre du Prix Littéraire de l'Imaginaire 2018, après une première lecture d'une partie du roman dans sa version Wattpad.

   On arrive donc aux côtés de Louise, vivant au Royaume-Uni, jeune femme au début tout à fait banale. Sauf qu'après sa rencontre avec une certaine jeune femme, elle va se découvrir une nouvelle capacité qui tient plus de la malédiction, changer les objets en or, hérité du mythique Midas et Homère. De plus, des personnes pétries de mauvaises intentions en ont après cette nouvelle faculté...

   On part ainsi dans cette aventure, dans la vie chamboulée de Louise. On est pris dans son acceptation de cette toute nouvelle capacité, dans son apprentissage du contrôle sur ce pouvoir, mais aussi dans son face à face avec les conséquences de ce souffle de Midas.
   L'histoire est prenante, bien que pouvant paraître un peu longue pour certains le temps de poser les bases de l'intrigue et pour Louise de s'approprier cette nouvelle.

   En effet, il faudra du temps au personnage pour accepter ce pouvoir, qu'elle assimile à un fardeau. Elle va se poser de nombreuses questions, avoir de nombreux doutes, pouvant parfois paraître redondants de part leur forte présence, mais le reste de l'intrigue nous donne envie de poursuivre.
   Le personnage de Louise est attachant, par sa personnalité discrète, une personnalité bien définie. De même, Angus, un peu plus distant, est attachant, et on devine un pan peut-être plus sombre derrière ce qu'il montre. On aura aussi d'autres personnages tels que le frère de la protagoniste, mais aussi sa mère et quelques individus plus ou moins malintentionnés. 

   Dans le roman, l'autrice a repris à sa sauce la mythologie et les mythes qui la pavent. Ainsi, on retrouvera le pouvoir de Midas, roi changeant tout ce qu'il touchait en or, avec une histoire d'héritage, mais aussi des créatures mythiques et des lieux sacrés. Des éléments que l'on découvre au fil de l'histoire, mais très sympathiques.
   On retrouve aussi le thème de la lithothérapie, que l'on devine cher à l'autrice, présent à plusieurs reprises dans le roman et qui a son importance. On en saura ainsi un peu plus sur certaines pierres, qui auront un lien avec la mythologie développée dans le livre.

   L'écriture est fluide, on est vite pris dans le roman, les pages défilent rapidement. On a envie d'en découvrir plus sur les éléments de l'intrigue, sur les tenants et aboutissants de ce que l'autrice a construit au fil du livre.
   Ayant lu la version Wattpad, j'ai pu voir le véritable travail qu'il y a eu entre cette version et celle publiée, des scènes ayant été modifiées, coupées, ... Le fait d'avoir lu les deux permet d'avoir une approche différente mais très intéressante sur le processus d'écriture.

   En ce qui concerne la fin, elle nous offre une scène d'action prenante et l'introduction d'un nouvel élément, dont on en saura certainement plus dans le tome à suivre.


   Pour conclure, j'ai apprécié ma lecture, particulièrement grâce aux éléments mythologiques choisis par Alison Germain. L'histoire est prenante, bien que certains pourraient peut-être y trouver quelques longueurs, qui ne m'ont personnellement pas gênée. Ce serait avec plaisir que je lirais le second tome lorsque l'occasion se présentera, afin d'en savoir plus sur les éléments introduits au cours de ce premier tome, mais aussi sur la mythologie mise en place par l'autrice.


Ce roman (#ISBN:9782375680537) fait d'ailleurs partie de la pré-sélection pour le Prix littéraire de l'imaginaire 2018 organisé par Booktubers App, que vous pouvez retrouver grâce à #PLIB2018.




samedi 18 août 2018

[Chronique] Global Work : on marche sur la tête ! - Angeline Vagabulle & Renard

Auteur : Angeline Vagabulle (écriture) & Renard (illustrations)
Pages : 152
Titre original : Global Work : on marche sur la tête !
Prix : 15,00€ (papier), 4,99€ (numérique)


Résumé : Vous ne regarderez plus votre boîte mail ni vos collègues de bureau de la même façon après avoir lu ce livre, illustré avec humour par Renard.
Angeline a en charge une multitude de projets auxquels contribuent des collaborateurs de nombreux pays dans une grande entreprise globale.
Un jour, grâce à un manteau coloré qui la distingue dans l’environnement gris des Grandes Tours de la Défense, elle décide de regarder les choses différemment, de s’amuser des situations, de rire des absurdités d’un monde technologique qui lui complexifie la vie au lieu de la lui simplifier, observe en souriant ces hommes et ces femmes qui courent dans des gares et des aéroports en tirant des valises à roulettes qui font « zui zui », s’interroge sur le lien entre l’épaisseur de la moquette et son niveau d’influence dans l’entreprise, essaye de concilier sa vie de femme et de maman avec sa vie professionnelle qui tourne 24h/24 au rythme du business global.







Tout d'abord, merci à l'autrice pour m'avoir envoyé un exemplaire du livre.

   Dans ce court ouvrage, on retrouve plusieurs petites scènes dépeignant la vie dans une grande entreprise, dite globale. Ici, l'autrice parle de moments vécues dans les tours de l'entreprise internationale, entre mails et appels téléphoniques.

   On a chaque fois quelques pages sur un sujet, comme la photocopieuse et les comparaisons sensuelles qu'on peut lui donner avec humour, une journée type de sa vie de travail, mails parfois atterrants ou encore le sur-booking pratiqué par certaines compagnies pour leurs avions, suivi d'un relevé. Dans ce dernier, l'autrice compte par exemple les appels donnés, les mails reçus, les cafés bus, les hommes en cravates croisés ou encore les fois où elle a éteint la lumière des toilettes dans sa journée. 

   L'autrice livre donc des anecdotes personnelles qu'elle a pu vivre au cours de sa carrière dans son job qu'elle a au sien de l'entreprise. On voit ainsi mieux dans son ensemble l'arrière de la scène de ces entreprises globales et des milliers de gens qui contribuent à son fonctionnement, et comment ils y participent. Cela peut ainsi renseigner sur certaines des tâches et de l'environnement d'une partie des employés de ce monde global, parfois bien complexe et où "Le temps, c'est de l'argent".
   En effet, on peut ainsi voir que la modernité avait parfois le don de complexifier bien des choses qui perdent parfois de leur sens, tout comme les mesures pour économiser le plus possible, en retirant du même coup l'humanité de certaines activités. A quoi bon s'embêter avec un interlocuteur à l'autre bout du fil quand on peut mettre une voix automatique enregistrée, ou employer des professionnels des voyages liés au travail quand on peut créer un logiciel bien plus compliqué ? Tout est bon pour économiser et s'étendre encore plus, parfois au détriment des employés. Dès qu'on entre dans les bureaux, on laisse tomber ce qu'on fait à côté, on se consacre seulement au travail, au rythme des mails, des réunions et de l'organisation en faveur de l'entreprise. Tout cela est dépeint par l'autrice nous dévoilant ce qu'il se passe tous les jours dans ces lieux à l'ampleur parfois incommensurable.

   C'est avec humour et dérision que Angeline Vagabulle nous offre ces différentes anecdotes, avec des onomatopées ou des mots inventés tels que Monsieur Machinchose ou le projet patatruc.
   Le tout est entrecoupé d'illustrations par Renard, en lien avec les scènes dépeintes en amont. Le style est direct et en simplicité dans les traits, permettant d'aller directement au but en délivrant le message voulu en quelques coups de crayons et quelques mots. C'est un style que je n'affectionne pas particulièrement, mais qui est parfaitement adapté au thème et au ton du livre.
   La combinaison de ces illustrations ainsi que de l'humour employé par l'autrice nous fait lâcher quelques sourires ou quelques rires grâce au ton non sérieux utilisé pour livrer ces anecdotes de la vie professionnelle dans le monde de l'entreprise globale.


   Pour conclure, j'ai bien apprécié ce court livre sur le monde du travail, plus précisément sur celui de l'entreprise globale. On ne se prend pas la tête durant cette lecture pleine d'humour par le ton de l'autrice et les illustrations de Renard, pour nous partager les anecdotes et les constatations faites par Angeline Vagabulle. J'ai passé un agréable moment en sa compagnie et cela devrait être de même pour ceux appréciant la dérision, notamment sur le monde du travail et sur les entreprises.



mercredi 15 août 2018

[Chronique] Les maux bleus - Christine Féret-Fleury

Auteur : Christine Féret-Fleury
Pages : 200
Titre original : Les maux bleus
Prix : 15,00€ (papier), 9,99€ (numérique)


Résumé : Un récit intime qui oscille entre poésie et dureté pour dénoncer l'homophobie, dans un environnement scolaire, familial et social qui saura parler aux adolescents et les émouvoir. Sur les traces d'une héroïne qui doit emprunter un chemin de douleur pour se découvrir. Pour apprendre à rester fière, à ne jamais renoncer, surtout pas à soi-même...
Armelle le sait depuis trois ans, elle aime les filles. Seul son carnet bleu est mis dans la confidence. L'adolescente solitaire et férue de lecture y confie ses peurs, ses espoirs. Elle lui parle d'Inès, une nouvelle élève qui l'attire. Lorsque son amie la rejette violemment, Armelle devient rapidement l'objet du mépris et des insultes de ses camarades. Pourtant, cet événement n'est qu'un tournant dans sa vie qui bascule définitivement un dimanche soir. Alors que ses parents découvrent son secret, Armelle est jetée dehors. Elle n'a que 16 ans quand, cette nuit-là, elle voit la porte de sa maison se fermer brutalement devant ses yeux. Seule dans la rue avec son carnet, elle doit apprendre à survivre... Mais est-elle vraiment seule ?



"Désolée. J'aurais bien aimé, pourtant, ça doit être si confortable d'être approuvée."





   Ce livre me tentait beaucoup dès que j'en ai lu le résumé. Ce sujet me touche particulièrement, ne comprenant pas qu'on puisse discriminer des personnes à propos de leur orientation ou attirance sexuelle. Ce fut donc avec hâte que je me suis lancée dedans grâce au service de presse envoyé par Gulf Stream Editeur que je remercie par cette occasion.

   Armelle sait depuis une rencontre silencieuse avec une jeune femme dans un restaurant au bord de l'autoroute qu'elle aime les filles, tout du moins c'est ce qu'elle finira par comprendre. Seulement, vivant avec des parents contre l'homosexualité, elle en vient à se poser des questions sur elle-même, si elle est anormale du fait de cette attirance non hétérosexuelle, comme le veut le modèle que nous propose la société. 
   C'est à la suite d'un événement qu'Armelle va l'avouer à ses parents trois ans plus tard, mais malheureusement, sa mère ne l'entend pas de cette oreille. A partir de là, tout bascule pour la jeune adolescente qui est jetée dehors, sans répit. 

   Le roman va ainsi nous emmener à ses côtés, dans ses pensées intérieures mais aussi dans son carnet bleu, auquel elle confie ses doutes et ses questionnements. On va suivre ce personnage dans sa remise en question qu'elle va faire, des questions auxquelles doivent sûrement faire face de nombreuses personnes à l'orientation non hétérosexuelle, telles que : Suis-je normal ? Ai-je raté quelque chose ? Ai-je dévié du "droit chemin" ?, ...
   On se met à la place de ces personnes, qui doivent faire face à l'hostilité d'une partie de la population, voire parfois de leurs proches, alors qu'elles sont tout aussi normales que des personnes hétérosexuelles, bisexuelles, ... On entend les remarques jetées pas si discrètement, les sous-entendus cachés, ..., et on comprend la souffrance que peuvent ressentir ces personnes par le biais du personnage d'Armelle.

   Le personnage d'Armelle se pose toutes ces questions, fait face à ses remarques, en pleine période de l'adolescence. Bien que je ne me sois pas identifiée à Armelle, on comprend qu'elle ait tous ces doutes, qu'elle a peur de s'affirmer telle qu'elle est, alors que ses parents l'ont laissée tomber. On suivra ainsi son évolution, son chemin vers l'acceptation de ce qu'elle est, parfois semé d'embûches et rendu difficile par les autres.

   Les émotions sont très présentes dedans, très vives, et on pourrait presque les ressentir avec Armelle, voire les vivre avec elle, en fonction de l'identification qu'on lui porte. L'autrice le fait avec des métaphores par le biais d'Armelle, personnage appréciant particulièrement le français, la littérature et la poésie grâce auxquels elle s'évade quand elle le peut.

   Cette histoire, cela peut en être une parmi toutes celles que vivent les personnes homosexuelles. Les histoires où cela se passe à peu près bien, celles où les personnes ne peuvent assumer ce qu'elles sont sans représailles, celles qui sont jetées pas leurs parents, par leurs amis, celles où elles finissent dans la rue, ou battues. Ici, Armelle a la chance de trouver des mains tendues qui veulent l'aider, mais ce n'est malheureusement pas toujours le cas. Ce livre est là pour aborder le sujet, amorcer la réflexion autour, et surtout montrer le problème que pose encore l'homophobie de nos jours malgré quelques avancées.

   Le roman se fait engagé sur un sujet malheureusement épineux pour certains, alors qu'il ne devrait pas l'être. Il montre les doutes, les représailles ou les paroles subies, les conséquences de cette discrimination, parfois mortelles, alors que ces personnes veulent seulement être ce qu'elles sont, se fondre dans la masse en étant elles-mêmes, qu'on les accepte tout en les respectant autant que les personnes hétérosexuelles. 
   Ce livre parle de ce sujet de manière abordable pour le plus grand nombre, faire comprendre ce que ressentent et vivent ces personnes, et qu'elles aussi ont droit d'être heureuses en étant ce qu'elles sont au fond d'elles-mêmes, et l'ouvrage prône donc au final, la tolérance, tout simplement.

   Le roman se lit rapidement, et sa petite taille en terme de pages, moins de deux cents, le rend d'autant plus accessible à pleins de personnes, grands lecteurs ou non.
   Il le montre aussi, l'homophobie est en partie là à cause la peur de la différence qu'ont certaines personnes qui ne veulent pas voir changer leur petit quotidien et leur routine, et qu'elles déguisent sous les bannières "Un enfant = un père et une mère", "L'homosexualité va détruire notre société", "Les homosexuels vont corrompre nos enfants", et tout ce genre de bêtises que l'on peut entendre.


   Pour conclure, le roman traite avec l'histoire d'Armelle le sujet de l'homophobie, et pour moi, avec réussite. Il est là pour montrer les doutes et la remise en questions mais aussi la discrimination autour de ces personnes homosexuelles, mais aussi par extension toutes celles de la communauté LGBTQ+. Le livre, court, est accessible au plus grand nombre, et j'espère qu'il pourra faire changer le point de vue d'une partie des lecteurs et de la peur de la différence à propos les personnes à l'orientation non hétérosexuelle, car comme expliqué en fin de lecture, les discriminations homophobes sont en augmentation depuis quelques années, et très importantes dans le milieu familial ou amical proche, alors que ces personnes ont aussi droit au bonheur en étant elles-mêmes. Un roman, donc, qui prône la tolérance et l'acceptation de soi-même et de la part des autres.



samedi 4 août 2018

[Chronique] Les Sœurs Carmines, tome 1 : Le complot des corbeaux - Ariel Holzl #PLIB2018

Auteur : Ariel Holzl
Pages : 304
Titre original : Les Sœurs Carmines, tome 1 : Le complot des corbeaux
Prix : 17,00€(papier), 7,99€(numérique)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
• Les Sœurs Carmines, tome 1 : Le complot des corbeaux
• Les Sœurs Carmines, tome 2 : Belle de gris
• Les Sœurs Carmines, tome 3 : Dolorine à l'école


Résumé : Merryvère Carmine est ce qu’on appelle dans la ville de Grisaille une monte-en-l’air, un oiseau de nuit qui court les toits et les appartements bourgeois pour gagner sa vie et celles de ses soeurs, Dolorine et Tristabelle. Fauchées comme les blés, les soeurs Carmines, orphelines, partagent une vieille bicoque près de la falaise, à l’écart de la ville où les mœurs sont plus que douteuses. On s’y assassine allègrement, on s’encanaille goulument et huit familles nanties luttent en sous-main pour le trône. Il faut dire que Grisaille a le chic pour rassembler les coquins, et derrière les portes cossues des manoirs, loin des faubourgs crasseux et des ruelles coupe-gorges, vampires, nécromanciens et maîtres du feu s’affrontent. Dans ce tumulte, les Carmines tentent de tirer leur épingle du jeu…



"C'est peut-être difficile à comprendre pour un assassin, [...], mais tout ne peut pas se régler dans la vie en raccourcissant celle des autres !"





   J'avais beaucoup entendu de bien à propos de ce livre et des tomes suivants, c'était donc avec plaisir que je me suis lancée dans ce premier opus.

   L'univers de ce roman est un peu particulier, car il est sombre avec des crimes à tout-va, mais abordé de manière cynique et humoristique, légère, et c'est quelque chose que j'ai beaucoup aimé.
   Les meurtres sont courants, la mort omniprésente, comblant plusieurs centaines de cimetières rien que dans la petite ville de Grisaille. Les lecteurs appréciant l'humour un peu noir, cynique, devraient aimer ce qu'a construit l'auteur dans son roman.

   L'histoire, principalement sous le point de vue de Merryvère, et quelques fois de celui de sa petite sœur Dolorine, est entraînante, au fil des pages où l'héroïne que nous suivons doit faire face aux conséquences de l'un de ses actes, à lesquelles elles ne seraient pas forcément attendue. On suit ses déboires et les situations compliquées auxquels elle doit faire face avec si possible intégrité.
   Car en effet, Merryvère, dite Merry, au contraire d'un grand nombre des habitants de Grisaille, n'a pas envie de tuer des gens, de les faire souffrir ou de les blesser. Si elle peut l'éviter, elle le fera, ce qui n'est pas toujours du goût de sa grande sœur Tristabelle qui, elle, n'hésite jamais à utiliser les personnes en son seul intérêt. Ces deux soeurs sont à l'opposé l'une de l'autre, mais on ne peut s'empêcher de s'y attacher, de manière différente pour chacune d'entre elle. Merry, pour sa façon d'être, sa maladresse et sa dévotion pour sa famille, ou Tristabelle pour ses critiques acerbes ou son égocentrisme flagrant, des défauts qui pourraient nous rebuter, mais qui sont ici tournés en ridicule et nous permet de ne pas détester ce personnage. Pour compléter la fratrie exclusivement féminine, on a Dolorine, la petite sœur encore innocente voyant dans les activités morbides et sanguinolentes de sa ville une normalité ancrée dans sa vie. Cette petite fille est aussi attachante, avec ses capacités lui permettant de voir les fantômes et de de parler avec sa poupée de tissu, mesquine et mauvaise. Chacune a une personnalité bien reconnaissable qui lui est propre, nous permettant sans mal de les reconnaître et de les différencier.
   En dehors de cette petite famille, on pourra aussi avoir Blaise, un personnage parfois ambigu, mais dont l'on a envie de suivre aussi les aventures et d'en savoir plus, ainsi que des personnages malfaisants contribuant à l'ambiance glauque de la ville. 

   Le tout se lit très rapidement, les pages défilent très vite, sans que l'on ne s'en rende compte. Cela est permis par l'écriture fluide de l'auteur ainsi que de l'intrigue entraînante qu'il nous offre dans le roman.

   Lors de la fin, on nous fait de nouvelles révélations et on nous donne une nouvelle situation, nous menant au second tome, que l'on suivra cette fois-ci sous le point de vue de l'aînée Tristabelle. Les dernières pages nous donne l'envie de découvrir la suite, de connaître le dénouement des nouvelles circonstances que l'on y découvre. 


   Pour conclure, j'ai franchement bien aimé cette lecture assez détonante de par l'ambiance particulière glauque mais cynique de la ville de Grisaille et de ses habitants, ainsi que les différents personnages, chacun avec leur propre personnalité bien reconnaissable. Cette lecture se fait très rapidement, sans temps mort, nous faisant d'autant plus apprécier ce moment passé avec ce premier tome dont la fin nous donne la situation à laquelle devra faire face la petite famille dans le second.


Ce roman (#ISBN:9782354085451) fait d'ailleurs partie de la pré-sélection pour le Prix littéraire de l'imaginaire 2018 organisé par Booktubers App, que vous pouvez retrouver grâce à #PLIB2018.



dimanche 22 juillet 2018

[Chronique] Sous Paris - Aurélien Noyelle

Auteur : Aurélien Noyelle
Pages : 374
Titre original : Sous Paris
Prix : 22,00€(papier)


Résumé : On les appelle les catacombes, mais elles s'élancent bien au-delà de l'ossuaire municipal de Denfert-Rochereau. Ce sont plusieurs centaines de kilomètres de galeries souterraines qui serpentent sous la capitale ; chaque nuit, bravant les interdictions, les dangers, la fatigue, des habitués viennent y rêver, pour quelques heures, une socialité alternative. Aux règles de la surface, la collectivité des inlassables visiteurs du sous-sol parisien oppose un fonctionnement anarchique et libertaire ; à l'heure où nous nous endormons, c'est un autre monde qui s'anime, là, tout près…




"Recevoir sa première « Kataprune » – comme il est d’usage de les surnommer – est souvent vu comme un baptême, une preuve de plus qu’on est un vrai cataphile que certains iront jusqu’à exhiber fièrement sur Internet."




Merci à la Masse Critique de Babelio et aux éditions Lemieux.

   J'ai toujours été intriguée par ce qui concerne les catacombes de Paris, j'ai donc eu vraiment envie de découvrir ce livre, rangé dans la catégorie des documents, qui allait aborder ce sujet.
   Le livre, qui est le fruit des recherches et des expériences de l'auteur, est présenté en quatre grandes parties, elles-même découpées en sous-parties. Dans la présentation de son ouvrage que l'on peut trouver au début, l'auteur nous explique alors très rapidement ce que sont ces parties, avant de nous permettre d'entrer dans le vif du sujet.

   On aura alors pour commencer une description de ces catacombes, que l'on doit plus exactement nommer les souterrains ou les carrières, puisque les catacombes font partie de ces derniers. On peut ainsi avoir une idée de l'envers de la capitale, de ce que nous verrions ou ressentirions si nous allions par nous-même dans ces lieux. La description est fournie au fil des pages de l'ouvrage, se construisant au fur et à mesure dans notre imagination. L'auteur ayant pu faire cette expérience de sa propre personne et de nombreuses fois, la description semble fidèle à la réalité. 

   Aurélien Noyelle abordera aussi les sentiments et sensations qui habitent les personnes lors de leurs descentes, plus particulièrement lors de leurs premières, et on s'imagine ainsi d'autant mieux la situation. Mais en dehors d'une unique description des souterrains parisiens, l'auteur nous parle aussi de ces spécificités, des interdits, du mystère et du secret autour de ces lieux, des accès, de la population qui les fréquentent et d'un tas d'autres éléments les concernant. 
   La question de l'art au sein de ces lieux est aussi abordée, on peut ainsi avoir une idée assez précise de ce que l'on peut ou aurions pu trouver en leur sein, des graffitis aux fresques, tout en montrant les différentes catégories auxquelles on peut les raccrocher.
   Différents points, ainsi, qui nous en dévoile plus sur ces lieux secrets et cachés, qui nous donnent envie de les découvrir par nous-même, afin d'expérimenter avec notre propre personne ce qui nous est décrit dans l'ouvrage.

   Mais l'auteur, puisqu'il nous propose un véritable travail de recherche et d'analyse, va, bien évidemment, analyser les différents faits et causes, mais aussi exposer des points plus négatifs sur cet envers de la Ville-Lumière et sa population. L'ensemble permet ainsi de forger notre propre point de vue, bien que manquant de l'expérience vécue par l'auteur, sur ces carrières, en nous donnant de nombreux éléments de réflexion, pour nous aider dans notre pensée sur le phénomène.

   En plus de nous permettre de construire, ou modifier notre point de vue sur la cataphilie ayant lieu sous Paris, et même aux alentours, le livre nous apprend de nombreuses informations, tout du moins si on est des néophytes ou des gens s'y connaissant encore peu. En traitant différents aspects du phénomène cataphile, Aurélien Noyelle nous permet ainsi d'en apprendre sur différents domaines le concernant, que ce soit la manière de procéder, les règles, l'art qu'on y trouve ou même sur des cultures de certaines tribus, le tout dans un travail enrichissant en bien des points.

   On pourra aussi noter la présence de quelques clichés, nous permettant de mieux visualiser de quoi parle l'auteur et de mieux voir certaines œuvres ou salles qu'il aborde. De plus, ayant effectué un travail de recherche, on pourra trouver au fil de la lecture différentes références, que ce soit des livres, des documentaires ou encore des articles, offrant ainsi la possibilité de se renseigner sur le phénomène grâce à d'autres lectures et de compléter ce qu'on a pu voir abordé si l'envie est présente.


   En conclusion, cet ouvrage a un intérêt certain en ce qui concerne le phénomène cataphile et ce qui se déroule sous Paris. On en apprend beaucoup et ce sous différents aspects, non pas seulement celui de la description mais aussi de l'analyse et des références, grâce au travail fourni par l'auteur.    Néanmoins, et plus particulièrement lors de la partie la plus consacrée à l'analyse, la lecture peut se révéler plus ardue du fait des mots plus compliqués employés, mais en fournissant un peu d'effort, on comprend sans peine, et le résultat ne nous le fait pas regretter par l'apprentissage qu'on en retire, nous permettant de forger notre propre point de vue sur le sujet. Un ouvrage que je recommande à tous ceux voulant en apprendre plus sur le sujet, qu'ils aient déjà fait des descentes dans l'envers de la capitale française ou non.


jeudi 12 juillet 2018

[Chronique] Le trône de cendre : L'intéGRALL - Aurélien Grall

Auteur : Aurélien Grall
Pages : 303
Titre original : Le trône de cendre : L'intéGRALL
Prix : 12,00€(papier), 0,99€(numérique)


Résumé : La France est secouée par de violentes manifestations. Le divorce entre le peuple et les politiques est consommé. L’espoir est mort. Victime de ces troubles, Walter, jeune étudiant, est tué sous les coups de la police. Adrien, son meilleur ami, jure de ne pas laisser ce crime impuni. Emporté par sa haine des puissants, il va mener la révolte très loin. Mais jusqu’où est-il prêt à aller pour faire justice ? Émeutes meurtrières, prise en otage du président de la République, assaut de la télévision par un commando armé, le deuxième roman d’Aurélien Grall fait place au grand spectacle. Effrayant par sa fidélité à l’actualité politique, le trône de cendre vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière seconde.



"Faites attention. Faire de la politique avec les armes n'a jamais porté chance à quiconque."




   Pour une seconde fois, je m'embarquais pour une histoire sous la plume de l'auteur Aurélien Grall, et à une nouvelle reprise, ce fut une bonne lecture. 

   On débute avec le décès du jeune Walter, crime impuni et injuste, particulièrement aux yeux du personnage de Adrien. Car en effet, cet événement va radicalement le changer, et modifier en profondeur le monde entier.

   On suit durant le roman la volonté de Adrien de semer la paix et l'humanité sur la planète entière, mais pour cela, il usera de moyens immoraux, sans même se rendre compte de sa propre évolution.    C'est l'histoire d'un homme qui se corrompt par la soif de pouvoir, par la reconnaissance que lui confère un nombre important d'individus, celle d'un homme qui va perdre la tête et ses véritables idéaux.

   Ce personnage est effrayant de froideur et de folie grandissante. On suit sa descente à cause d'un trop grand pouvoir, entraîné dans le tourbillon d'une trop folle grandeur, d'un trop plein de reconnaissance. On est impuissant face à cette évolution qui nous glace, car elle fait peur, tout en étant curieux de la fin qu'elle aura, une curiosité presque malsaine. En effet, imaginons que ce qui se passe dans ce roman arrive, car cette folie qui prend les hommes à cause du pouvoir existe. On voit dans cette oeuvre l'humain, l'homme politique avec un poids trop important pour ces épaules, et les côtés sombres qui font partie intégrante de lui. Et l'auteur l'a particulièrement bien montré le long des pages.

   On va retrouver en plus de ce fameux Adrien la journaliste Kate, qu'on avait pu découvrir dans ALIENOR, l'origine de toutes les haines du même auteur. On en apprend un peu plus sur elle, tout en restant un personnage mystérieux dont on n'arrive pas à déterminer avec certitude les motivations, et ce durant les différents moments que l'on passe à ses côtés. On aura aussi Olympe, jeune femme qui aura une certaine importance pour Adrien, dont nous en savons aussi peu, voire parfois restant un peu effacée par rapport aux précédents personnages.

   L'histoire semble avoir deux temporalités, puisque le temps se déroule rapidement, sans que nous ne le voyons passer, mais en même temps, l'évolution du personnage se fait lente, sournoise, mais certaine, sans que rien ne puisse le stopper. Cela offre ainsi comme un paradoxe auquel nous faisons face, presque inconsciemment.

   L'écriture de l'auteur nous embarque une nouvelle fois dans ses oeuvres, avec efficacité, en nous montrant les parts sombres de l'humain et en traitant des thèmes similaires à son autre roman. Ainsi, on retrouve la manipulation, ainsi que la politique, qui a une place importance ici aussi, ou encore la domination, l'immoralité et la cruauté. On pourra ajouter dans celui-ci une dose de pouvoir et d'idéal que l'on perd de vue, de folie et de fanatisme, des thèmes effrayants de vérité et bien qu'ils soient fortement poussés par l'auteur, parfois proches de certains aspects de notre réalité.

   Durant la lecture, on retrouve des éléments faisant référence à l'autre oeuvre de l'auteur, ALIENOR, l'origine de toutes les haines, mais il n'est pas indispensable de l'avoir lu. On comprend plus rapidement et peut-être avec plus de clairvoyance ces éléments si on en fait préalablement la lecture, mais Aurélien Grall nous renseigne assez vite de quoi il retourne, permettant aux nouveaux lecteurs de comprendre malgré tout.

   La fin conclut bien l'évolution que l'on a suivi durant les pages précédant, particulièrement pour le personnage que l'on suit le plus. Elle laisse néanmoins des zones d'ombre sur ce que nous avons pu découvrir, sur les objectifs de certains personnages, et laisse même une fine ouverture à une nouvelle intrigue encore en état d'embryon, faisant présager une éventuelle autre oeuvre de l'auteur qui pourrait nous renseigner un peu plus.


   Pour conclure, j'ai une nouvelle fois aimé lire une oeuvre de l'auteur. J'apprécie les thèmes sombres de l'humain qu'il aborde et comment il l'aborde, tel que le pouvoir, la cruauté ou encore un certain pan de la folie. On est absorbé par ce qu'il se passe, et on a envie de savoir la conclusion à cette histoire, de connaître ce qu'il va advenir des personnages, dont pour la plupart restent mystérieux. Cette lecture me confirme que j'apprécie l'écriture efficace de Aurélien Grall, et que je lirais avec plaisir une prochaine oeuvre de sa part.