jeudi 12 juillet 2018

[Chronique] Le trône de cendre : L'intéGRALL - Aurélien Grall

Auteur : Aurélien Grall
Pages : 303
Titre original : Le trône de cendre : L'intéGRALL
Prix : 12,00€(papier), 0,99€(numérique)


Résumé : La France est secouée par de violentes manifestations. Le divorce entre le peuple et les politiques est consommé. L’espoir est mort. Victime de ces troubles, Walter, jeune étudiant, est tué sous les coups de la police. Adrien, son meilleur ami, jure de ne pas laisser ce crime impuni. Emporté par sa haine des puissants, il va mener la révolte très loin. Mais jusqu’où est-il prêt à aller pour faire justice ? Émeutes meurtrières, prise en otage du président de la République, assaut de la télévision par un commando armé, le deuxième roman d’Aurélien Grall fait place au grand spectacle. Effrayant par sa fidélité à l’actualité politique, le trône de cendre vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière seconde.



"Faites attention. Faire de la politique avec les armes n'a jamais porté chance à quiconque."




   Pour une seconde fois, je m'embarquais pour une histoire sous la plume de l'auteur Aurélien Grall, et à une nouvelle reprise, ce fut une bonne lecture. 

   On débute avec le décès du jeune Walter, crime impuni et injuste, particulièrement aux yeux du personnage de Adrien. Car en effet, cet événement va radicalement le changer, et modifier en profondeur le monde entier.

   On suit durant le roman la volonté de Adrien de semer la paix et l'humanité sur la planète entière, mais pour cela, il usera de moyens immoraux, sans même se rendre compte de sa propre évolution.    C'est l'histoire d'un homme qui se corrompt par la soif de pouvoir, par la reconnaissance que lui confère un nombre important d'individus, celle d'un homme qui va perdre la tête et ses véritables idéaux.

   Ce personnage est effrayant de froideur et de folie grandissante. On suit sa descente à cause d'un trop grand pouvoir, entraîné dans le tourbillon d'une trop folle grandeur, d'un trop plein de reconnaissance. On est impuissant face à cette évolution qui nous glace, car elle fait peur, tout en étant curieux de la fin qu'elle aura, une curiosité presque malsaine. En effet, imaginons que ce qui se passe dans ce roman arrive, car cette folie qui prend les hommes à cause du pouvoir existe. On voit dans cette oeuvre l'humain, l'homme politique avec un poids trop important pour ces épaules, et les côtés sombres qui font partie intégrante de lui. Et l'auteur l'a particulièrement bien montré le long des pages.

   On va retrouver en plus de ce fameux Adrien la journaliste Kate, qu'on avait pu découvrir dans ALIENOR, l'origine de toutes les haines du même auteur. On en apprend un peu plus sur elle, tout en restant un personnage mystérieux dont on n'arrive pas à déterminer avec certitude les motivations, et ce durant les différents moments que l'on passe à ses côtés. On aura aussi Olympe, jeune femme qui aura une certaine importance pour Adrien, dont nous en savons aussi peu, voire parfois restant un peu effacée par rapport aux précédents personnages.

   L'histoire semble avoir deux temporalités, puisque le temps se déroule rapidement, sans que nous ne le voyons passer, mais en même temps, l'évolution du personnage se fait lente, sournoise, mais certaine, sans que rien ne puisse le stopper. Cela offre ainsi comme un paradoxe auquel nous faisons face, presque inconsciemment.

   L'écriture de l'auteur nous embarque une nouvelle fois dans ses oeuvres, avec efficacité, en nous montrant les parts sombres de l'humain et en traitant des thèmes similaires à son autre roman. Ainsi, on retrouve la manipulation, ainsi que la politique, qui a une place importance ici aussi, ou encore la domination, l'immoralité et la cruauté. On pourra ajouter dans celui-ci une dose de pouvoir et d'idéal que l'on perd de vue, de folie et de fanatisme, des thèmes effrayants de vérité et bien qu'ils soient fortement poussés par l'auteur, parfois proches de certains aspects de notre réalité.

   Durant la lecture, on retrouve des éléments faisant référence à l'autre oeuvre de l'auteur, ALIENOR, l'origine de toutes les haines, mais il n'est pas indispensable de l'avoir lu. On comprend plus rapidement et peut-être avec plus de clairvoyance ces éléments si on en fait préalablement la lecture, mais Aurélien Grall nous renseigne assez vite de quoi il retourne, permettant aux nouveaux lecteurs de comprendre malgré tout.

   La fin conclut bien l'évolution que l'on a suivi durant les pages précédant, particulièrement pour le personnage que l'on suit le plus. Elle laisse néanmoins des zones d'ombre sur ce que nous avons pu découvrir, sur les objectifs de certains personnages, et laisse même une fine ouverture à une nouvelle intrigue encore en état d'embryon, faisant présager une éventuelle autre oeuvre de l'auteur qui pourrait nous renseigner un peu plus.


   Pour conclure, j'ai une nouvelle fois aimé lire une oeuvre de l'auteur. J'apprécie les thèmes sombres de l'humain qu'il aborde et comment il l'aborde, tel que le pouvoir, la cruauté ou encore un certain pan de la folie. On est absorbé par ce qu'il se passe, et on a envie de savoir la conclusion à cette histoire, de connaître ce qu'il va advenir des personnages, dont pour la plupart restent mystérieux. Cette lecture me confirme que j'apprécie l'écriture efficace de Aurélien Grall, et que je lirais avec plaisir une prochaine oeuvre de sa part.


mardi 26 juin 2018

[Chronique] Le Passageur, tome 1 : Le coq et l'enfant - Andoryss

Auteur : Andoryss
Pages : 283
Titre original : Le Passageur, tome 1 : Le coq et l'enfant
Prix : 15,90€(papier)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
•  Le Passageur, tome 1 : Le coq et l'enfant


Résumé : Matéo n'aurait jamais dû hériter du don de sa mère.
Il n'aurait jamais dû entendre les pleurs des fantômes.
Désormais, il n'a d'autre choix qu'accepter son héritage... ou sombrer dans la folie !

C'est au temps de la Commune, au milieu des horreurs de la semaine sanglante, qu'il débute son apprentissage...
Matéo Soler sait que les fantômes existent. Il le sait parce que sa mère en a aidé des dizaines à trouver le repos, jusqu'à ce qu'elle-même meure, des années auparavant. Ce que le jeune garçon ne pouvait pas deviner, par contre, c'est qu'il hériterait de son pouvoir. Devenu Passageur à son tour, le voilà contraint de lutter contre un trushal odji, une âme affamée. Pour s'en libérer, Matéo n'a d'autre choix que de rejoindre l'âme dans son époque d'origine afin d'y apaiser sa mort. Mais alors qu'il est propulsé au temps de la Commune et au milieu des horreurs de la semaine sanglante, il comprend que sa tâche ne sera pas si facile...


"La Dévoreuse est à deux pas de moi, et cette fois-ci, je la vois."





Merci à la Masse Critique de Babelio et aux éditions Lynks pour cette découverte.
   On se retrouve dans les premières pages dans un mauvais rêve de Matéo, un peu étrange, qui donne le ton de ce qui va suivre. En effet, on va plonger dans un monde avec des apparitions fantomatiques, comme nous l'indique le résumé. 

   J'ai beaucoup aimé suivre l'histoire du personnage de Matéo, un adolescent qui n'arrive pas à trouver sa place. On sent que c'est quelque chose qui le blesse, bien qu'il essaye de ne pas le montrer.    Il est un personnage attachant, on ressent ce mal-être qui l'habite, notamment parce qu'il est un Rom. Le fait qu'il fasse partie de cette communauté, ou tout du moins qu'il ait une appartenance de part ses ancêtres, est intéressant et est un aspect important dans les capacités surnaturelles dont a hérité le personnage.
   On retrouvera aussi dans les protagonistes le fantôme aux côtés du héros, plutôt mystérieux sur sa présence, mais aussi le frère et la sœur de Matéo, tous deux attachants, ou encore le trushal odji que Matéo va devoir faire passer. Tous ces personnages forment alors une fresque hétéroclite dans la vie de Matéo, sur qui il pourra plus ou moins s'appuyer. 

   L'histoire est prenante, et ce dès le début. Le résumé nous le montre, on aura des apparitions et des fantômes durant le roman, ainsi que des voyages dans le temps, et c'est bien ce qu'on aura. Les fantômes et âmes auront une place non négligeable puisque c'est autour d'eux que la vie de Matéo va à présent tourner, comme on le comprend dès les premières pages. Mais en plus de ces apparitions qui pourraient nous faire croire qu'on est face à une énième histoire surnaturelle avec des fantômes, on a l'aspect de l'héritage, d'obtenir quelque chose du fait de son appartenance à une famille, une communauté. Et c'est là qu'intervient alors le camp des Roms, qui est des plus approprié, puisque ce sont généralement des familles qui sont Roms de père en fils et de mère en fille. L'histoire traitera ainsi du poids de cet héritage, du fait que l'on ne choisit pas ce que l'on voudrait obtenir de sa famille et ce que l'on voudrait refuser. Cela ajoutait d'autant plus à la dimension du personnage et de la responsabilité de son pouvoir.

   Ce pouvoir était d'ailleurs très intéressant et nous menait dans une intrigue prenante et fluide, entre présent et passé. On apprend que Matéo est un Passageur, rôle obtenu par héritage, et le rendant responsable du passage des âmes vers l'autre côté pour qu'ils trouvent la paix, et de sa propre vie qu'il risque durant ces passages.
   L'univers créé était captivant, avec les fantômes dévastateurs appelés trushal odji, les fantômes anodins, le rôle de Passageur, ou encore les sauts dans le passé. Pour cela, l'autrice a développé un aspect historique des plus captivants.

   En effet, durant ce roman, on va aller à la (re)découverte d'un événement historique, ici celui de la Commune en France. Cela est très intéressant car on y apprend des choses sur cette période, sur les opposants et les raisons de cet événement et ajoute un vrai plus au livre. Le récit est ponctué de ces quelques informations, sans toutefois nous submerger et nous plonge d'autant plus dans le roman et l'histoire de Matéo.

    Tout au long de l'histoire, on se trouve dans une ambiance plutôt sombre du fait de plusieurs facteurs. Déjà, nous sommes dans le surnaturel avec des apparitions, mais aussi dans le passé sanglant de la France ainsi que les cités urbaines dans la périphérie de Paris. On s'imagine ainsi un monde plutôt gris, sombre, presque déprimant. C'est une ambiance particulière qui nous est offerte, mais qui correspond tout à fait au genre du roman et à l'intrigue.

   En ce qui concerne la fin, elle nous révèle un élément important sur l'un des personnages et nous montre l'évolution du protagoniste, de sa façon de penser et voir les choses. On voit qu'on a pu suivre cette évolution et que rien que dans ce roman, les choses ont avancé et ont initié le jeune héros. 


   Pour conclure, j'ai réellement aimé ce roman. J'apprécie souvent ce type d'ouvrages, et celui-ci n'a pas fait erreur. L'idée du rôle de Passageur et de voyage dans l'histoire de la France était intéressante et prenante, nous plongeant encore mieux dans l'intrigue. Le fait d'aborder les notions du poids d'un héritage familial dont l'on ne peut se défaire ou de ne pas se sentir à sa place était aussi un point plaisant que j'ai apprécié trouver durant ma lecture. C'est donc avec plaisir que je lirais la suite quand elle paraîtra.


vendredi 22 juin 2018

[Chronique] Trois jours charnègues - Jules Donat

Auteur : Jules Donat
Pages : 364
Titre original : Trois jours charnègues
Prix : 15,00€(papier),4,49€(numérique)


Résumé : Le père Saint-Max meurt salement dans la cuisine de son appartement de la ZUP de Bayonne. C'est un séisme personnel pour le commandant Jes Cortes qui découvre le cadavre encore tiède de Bertrand, le père qui a remplacé le sien. Le retour de Victor, le frère choisi et de Christian Saint-Max, l'aîné devenu un soldat inquiétant, lui fait craindre le pire. Si les circonstances lui donnent raison, la magie des retrouvailles opère entre ces natifs des pays de l'Adour, ni basques, ni béarnais, ni landais, ni espagnols, qui portent génétiquement la joie de vivre, l'odeur des embruns, la fraternité parfumée au jambon et au pinard, brefs entre ceux que dans ce coin, on nomme les "charnègues". Les frangins Saint-Max et Cortes foncent dans le tas. En trois jours surréalistes de baston et d'errements diététiques, au fil de rencontres perchées ou attachantes et en traversant mille deux cents ans d'histoire, ils vont disséquer les mobiles des assassins et remonter jusqu'à leurs commanditaires.



   Nous partons dans le pays basque pour une aventure du personnage de Jes Cortes, un commandant charnègue. On part pour trois jours à ses côtés, ainsi qu'à ceux d'autres personnages. 
   On débute rapidement par la nouvelle fatidique : Bertrand Saint-Max, un ami proche du commandant, est retrouvé mort après avoir été torturé. Ainsi démarre l'enquête que va effectuer le personnage principal. 

   Toute l'intrigue est condensée en trois jours, comme nous l'indique le titre du roman. Mais elle ne tournera pas seulement autour de l'enquête, qui se révèle être d'une ampleur inattendue, mais aussi autour de la présence de ceux qu'on aime dans le quotidien, durant les moments difficiles, le fait de se soutenir les uns les autres, de profiter de la vie. On retrouve ainsi des moments de vie tels que des retrouvailles au bar habituel mettant en quelque sorte en pause l'enquête, qui ponctuent les passages plus mouvementés. 
   On est plutôt bien pris dans cette histoire, qui rapproche les personnages autour de la perte d'un proche commun, mais aussi avec de l'action quand on arrive sur ce qui concerne l'enquête et tout ce qui l'entoure. 

   Les personnages sont assez différents, bien qu'ayant tous une certaine nonchalance, à profiter des plaisirs de la vie avant tout, sans stresser. On retrouve alors des personnages excentriques tels qu'un évêque prêchant la foi tout en sachant se divertir et en se régalant des bonnes choses. On a bien évidemment le personnage principal, le commandant Jes Cortes, avec lequel on suivra l'essentiel de l'histoire, et ainsi on suivra ses pensées et ses répliques. Le personnage s'adresse à certaines reprises aux lecteurs, le prend à part, tout comme l'auteur dans ses notes de bas de page qui ne sont pas dénuées d'un certain humour.
   On retrouve ce dernier dans de nombreux passages, jusqu'aux titres des chapitres, donnant un côté plus amical, amusant au reste de l'histoire, pas moins sérieuse, plaisant quand on l'apprécie.

   Il faudra s'attendre à quelques propos ou scènes un peu plus explicites, mais elles ne prennent que peu de lignes, bien qu'on les retrouve à plusieurs reprises. Il faut ainsi donc ne pas s'étonner quand on les rencontre, puisque ces passages font partie de la personnalité même des personnages qu'a construit l'auteur.

   Au fil des pages, on sent bien que ce dernier s'y connaît plutôt bien dans les domaines qu'il aborde. On a ainsi tout un pan historique avec une place non moindre dans l'intrigue, que l'on imagine vraiment bien renseigné. On apprend ainsi des moments de l'histoire des religions de de la pensée religieuse, et cela se révèle intriguant, même si on ne s'intéresse pas à ce domaine. On retrouve notamment de nombreuses allusions à l'informatique et aux réseaux informatiques. Les notes de bas de page peuvent alors se révéler pratiques quand on ne s'y connaît pas du tout ou peu, bien qu'il peut arriver qu'on reste quand même un peu perdus.

   Un autre point peut aussi mener le lecteur a des moments de confusion, celui des dialogues. En effet, l'auteur use peut des verbes de parole, et on peut se retrouver rapidement perdu. On ne sait pas forcément qui parle et on est alors un peu désarçonné, ne sachant qui a dit quoi et qui sont les intervenants de la conversation. Il peut ainsi arriver de devoir retourner quelques lignes au-dessus afin d'essayer de mieux comprendre et de saisir tout l'ensemble de dialogues.

   La fin est fidèle à l'ensemble du roman, on comprend que tout cela ne tournait pas seulement autour d'un unique personnage, mais qui est d'une ampleur bien plus grande. On ne saisi pas forcément quels sont tous les acteurs de cette intrigue d'envergure ou leur rôle, mais l'auteur a construit une composition qui en ravira plus d'un. Tout ce qui composait le roman est à nouveau présent dans les dernières pages, que ce soit l'humour du personnage ou tout l'aspect historique de l'intrigue, avec l'auteur qui ne se préoccupe pas de certaines habitudes littéraires, notamment concernant l'épilogue.


   Pour conclure, je dirais que j'ai apprécié ce roman, notamment pour son côté historique renseigné. Le domaine informatique est aussi intéressant bien qu'il puisse perdre des non-initiés à l'informatique pure. Le livre sort des habitudes du roman policier que l'on voit le plus souvent, puisque l'enquête ne prend pas toute la place dans l'intrigue, pour laisser une part à la solidarité humaine. 
   Néanmoins, il est vrai que j'ai été parfois un peu perdue, notamment lors de certains dialogues ou sur certains acteurs de l'intrigue. 
   Le roman devrait cependant plaire à ceux qui aiment lire des policiers tout en voulant découvrir le style du livre bien à lui.


[Chronique] Shades of Magic, livre 1 : Shades of Magic - V. E. Schwab #PLIB2018

Auteur : V. E. Schwab
Pages : 504
Titre original : Shades of Magic, book 1: A Darker Shade Of Magic
Prix : 15,00€(papier), 4,99€(numérique)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
•  Shades of Magic, livre 1 : Shades of Magic
•  Shades of Magic, livre 2 : Shades of Shadows
•  Shades of Magic, livre 3 :


Résumé : Un autre monde vous attend, là, de l'autre côté du mur...
Kell est le dernier des magiciens de sang, des sorciers capables de voyager d'un monde à l'autre. Des mondes, il y en a quatre, dont Londres est, à chaque fois, le cœur et l'âme. Le nôtre est gris, sans magie d'aucune sorte. Celui de Kell, rouge – on y respire le merveilleux à chaque bouffée d'air. Le troisième est blanc : là, les sortilèges se font si rares qu'on s'y tranche la gorge pour une simple incantation. Le dernier est noir, noir comme la mort qui l'a envahi quand la magie a dévoré tout ce qui s'y trouvait, obligeant les trois autres à couper tout lien avec lui.

Depuis cette contagion, il est interdit de transporter le moindre objet entre les univers. C'est malgré tout ce que Kell va prendre le risque de faire, histoire de défier la famille royale qui l'a pourtant adopté comme son fils, à commencer par le prince Rhy, son frère, pour qui il donnerait par ailleurs sa vie sans hésiter. Mais, à force de jouer avec le feu, il finit par commettre l'irréparable : il emporte jusque dans le Londres gris une pierre noire comme la nuit, qu'une jeune fille du nom de Lila décide, sur un coup de tête, de lui subtiliser. Pour elle comme pour lui – pour leurs deux mondes, à vrai dire – le compte à rebours est lancé.



"— Quant à moi, je vous prie de m'excuser de vous avoir tiré dans la jambe. J'étais moi-même."





   Comme toujours, les parutions des éditions Lumen me tentent toujours beaucoup et Shades of Magic ne faisait pas exception. L'histoire me donnait elle-même envie, et la venue de l'autrice à Paris lors de Livre Paris a fini de me convaincre de me procurer ce livre. De plus, il fait partie de la sélection à lire par les jurés du Prix Littéraire de l'Imaginaire 2018 organisé par Booktubers App.

   On commence donc rapidement avec l'un des deux protagonistes, en débutant par le Londres gris. Dès les premières pages, on en apprend plus sur l'univers créé par l'autrice, sur la magie qui y règne et les règles dans les différents Londres. 
   On est vite entraîné dans l'intrigue de Kell et Lila avec un univers prenant et une écriture fluide, on lit ce qu'on a sous les yeux. L'histoire est nous donne envie de connaître la suite, ou plus exactement jusque cela ira, comment les personnages arriveront à passer cette épreuve. 
   L'intrigue du roman, sans être pour autant haletante, est entraînante et comme dit auparavant, on a l'envie de tourner les pages pour connaître le fin mot de l'histoire. 

   Durant celle-ci, on est à la troisième personne et on alterne entre le point de vue de Kell, le plus souvent, et celui de Lila. Ces deux personnages sont tous deux intéressants. On apprécie les suivre, bien qu'ils puissent parfois être plutôt butés dans leurs décisions. On sent que chacun a un passé derrière lui, qu'on ne connaît pas pour le moment, et que cela les a en partie forgés comme ils sont.    J'ai apprécié chacun des deux, que ce soit Kell par le sombre passé dont il semble avoir oublié une partie, l'amour qu'il porte à son frère, mais aussi la pointe d'abnégation dont il fait preuve, ou Lila, par la force qu'elle a et qu'elle veut montrer, tout en cachant ses faiblesses et blessures. Ce sont des personnages intéressants, dont on ne sait pas encore tout et qui auront encore à dévoiler dans les tomes suivants. 
   D'autres personnages prennent leur place dans le livre, comme Holland, le second Antari, donc magicien de sang comme Kell, ou le frère de Kell, Rhy. J'ai personnellement apprécié les deux, et plus particulièrement Rhy, qui est un personnage franchement attachant. 

   La magie est très souvent présente durant le roman, que ce soit par son omniprésence dans le monde rouge ou par celle de Kell dans le Londres gris. L'autrice a créé son propre univers et n'a pas seulement repris des simples éléments magiques, elle a construit ses propres sorts, et sa propre magie. Ainsi, on retrouve les quatre éléments dans cette magie, mais aussi une cinquième, bien différente, mais aussi le nom des sorts, la langue qui leur est liée et leurs règles.
   On a aussi les quatre Londres différents, avec chacun leur spécificité, qui permet de les reconnaître. Ainsi, le Londres est généralement plus propice à la magie et à la vie que le Londres blanc, sanglant ou que le Londres gris, morose. On ressent chacun leur ambiance dans l'écriture, on sait dans lequel on est présent, sans l'ombre d'un doute.

   Pour ce qui est de la fin, elle est prenante. Les dernières pages défilent très rapidement, et on a envie de lire la suite quand ce premier tome est fini. Il reste des questions sans réponse, notamment sur les personnages, qui trouveront certainement leurs réponses dans la suite, et incitent ainsi d'autant plus à la découvrir. 


   Pour conclure, j'ai franchement apprécié l'univers construit par l'autrice dans ce roman. Dans ce tome, je n'ai pas trouvé l'intrigue haletante, mais elle est tout de même prenante. La magie est bien présente et j'ai aimé ce qu'en a fait V. E. Schwab, ainsi que l'idée des différents Londres, tout comme l'ambiance parfois un peu sombre de cet univers que nous offre l'autrice. Les personnages sont intéressants et souvent attachants et des questions que l'on se pose à leurs propos incitent à découvrir la suite que je lirais sans aucun doute.


Ce roman (#ISBN:9782371021167) fait d'ailleurs partie de la pré-sélection pour le Prix littéraire de l'imaginaire 2018 organisé par Booktubers App, que vous pouvez retrouver grâce à #PLIB2018.



mardi 19 juin 2018

[Chronique] Harry Potter, tome 1 : Harry Potter à l'école des sorciers - J. K. Rowling

Auteur : J. K. Rowling
Pages : 331
Titre original : Harry Potter and the Philosopher's Stone
Prix : 8,50€(papier), 18,50€(éditions 20 ans papier), 8,99€(numérique)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
• Harry Potter, tome 1 : Harry Potter à l'école des sorciers
• Harry Potter, tome 2 : Harry Potter et la chambre des secrets
• Harry Potter, tome 3 : Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban
• Harry Potter, tome 4 : Harry Potter et la coupe de feu
• Harry Potter, tome 5 : Harry Potter et l'ordre du phénix
• Harry Potter, tome 6 : Harry Potter et le prince de sang-mêlé
• Harry Potter, tome 7 : Harry Potter et les reliques de la mort
• Harry Potter et l'enfant maudit

Résumé : Le jour de ses onze ans, Harry Potter, un orphelin élevé par un oncle et une tante qui le détestent, voit son existence bouleversée. Un géant vient le chercher pour l'emmener à Poudlard, une école de sorcellerie ! Voler en balai, jeter des sorts, combattre les trolls : Harry se révèle un sorcier doué. Mais quel est le mystère qui l'entoure ? Et qui est l'effroyable V..., le mage dont personne n'ose prononcer le nom ? Amitié, surprises, dangers, scènes comiques, Harry découvre ses pouvoirs et la vie à Poudlard. Le premier tome des aventures du jeune héros vous ensorcelle aussitôt !



"Ça ne fait pas grand bien de s'installer dans les rêves en oubliant de vivre, souviens-toi de ça."





   Je suis enfin partie à la découverte de ce célèbre univers de sorciers, monde phare de l'imaginaire depuis près de vingt ans, qui fut une agréable lecture.

   Peu importe l'avis qui suivra, je sais que mon avis ne sera qu'une minuscule goutte d'eau parmi les autres et le livre a de toute façon prouvé depuis des années qu'il méritait sa renommée.

   Je suis le genre de personnes qui n'a pas envie de découvrir une oeuvre dès lors qu'on en entend parler partout en très bien. C'était le cas pour la saga Harry Potter, que ce soit les films ou les livres. Je souhaitais néanmoins depuis quelques temps voir ce que cela donnait et ainsi découvrir cette fameuse saga, et à l'occasion d'un cadeau d'une amie, je me suis enfin lancée dedans.


   Je dois dire que j'ai trouvé que l'intrigue magique, c'est-à-dire quand les pouvoirs commencent à réellement prendre leur place, un peu longue à venir. Il me semble avoir lu jusqu'au premier tiers voire la moitié du roman pour enfin arriver à la partie pour laquelle j'avais le plus de curiosité, celle de la magie et de Poudlard. Mais étant un premier tome, ce point est à nuancer, et j'ai ainsi, je ne me suis pas attardée sur celui-ci.

   Pour ce qui est des personnages, je me suis pas vraiment attachée à eux pour le moment. Dans ce premier tome, j'ai trouvé un certain nombre d'entre eux détestables ou pénibles, comme Drago ou encore Hermione. J'ai trouvé Hagrid sympathique tout comme Dumbledore avec son grain de folie, mais je ne me suis même pas attachée à Harry ou Ron. J'ai trouve le sorcier à la cicatrice parfois un peu trop têtu dans ses idées, à ne vouloir n'accepter personne d'autre que Ron par exemple.    Néanmoins, avec ce que j'ai entendu à propos des différents protagonistes de la saga, je pense que cela sera mieux dans les tomes suivants avec l'évolution des personnages. 

   Malgré l'intrigue que j'ai trouvée, comme dit auparavant, un peu longue à arriver en terme de magie, j'ai été vite plongée dans l'histoire, dans cet univers magique et tout ce qu'il comporte. J'ai apprécié découvrir les baguettes, les livres ou encore les sorts et Poudlard, qui m'ont imprégnée de leur magie. Je voulais découvrir ce qu'il allait se passer, tentait de deviner de quoi il retournait dans l'intrigue, bref, je me suis plongée dans cet univers. J'ai trouvé que les derniers chapitres se déroulaient peut-être un peu trop rapidement, mais on restait dans l'action, dans la suite de l'intrigue et je me suis donc pas non plus arrêtée sur ce point. 

   Pour ce qui est de la plume de l'autrice, ainsi que de la traduction, qui n'a pas du être des plus aisées du fait des jeux de mots, je les ai trouvées très entraînantes et fluides, faisant tourner défiler les pages rapidement. On est ainsi d'autant plus pris dans l'intrigue et dans l'univers construit par J. K. Rowling.

   Pour ce qui est de la fin, il est vrai que je me doutais de certains points, puisque j'ai forcément eu vents de certains morceaux de l'intrigue, connus de presque tous, notamment sur Voldemort et Rogue. On sait bien qu'ils sont présents dans la suite, et ainsi on sait que rien de grave ne leur arrivera. De ce fait, même l'intrigue que mènent le trio de sorciers Harry, Ron et Hermione ne m'a pas autant mis en haleine, bien que je l'ai appréciée, que si je n'en connaissais aucun élément, me doutant du rôle de certains personnages. Elle a quand même su me montrer des éléments auxquels je ne m'attendais pas forcément, avec de l'action comme il en fallait.


   Pour conclure, je suis contente d'avoir découvert le premier tome de cette saga reconnue dans le monde entier et dont un grand nombre de personnes parlent. Ce premier tome s'est lu rapidement malgré un début un peu long pour commencer à en savoir plus sur le monde magique et des personnages auxquels je ne me suis pas encore attachée. Je pense ainsi lire la suite quand je le pourrais pour en savoir plus sur cet univers propre à lui-même.



mardi 29 mai 2018

[Chronique] Oblivion Song, tome 1 : Le Chant de l'oubli - Robert Kirkman & Lorenzo De Felici & Annalisa Leoni

Auteur : Robert Kirkman & Lorenzo De Felici &  Annalisa Leoni
Pages : 176
Titre original : Oblivion Song
Prix : 16,50€(papier), 11,99€(numérique)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
• Oblivion Song, tome 1
 

Résumé : Il y a dix ans, 300 000 habitants de Philadelphie ont disparu et ont été happés dans une autre dimension, surnommée Oblivion.

Le gouvernement a tout fait pour tenter de les retrouver et de les ramener, mais après quelques années, le programme de recherches a été abandonné. Seul Nathan Cole, un scientifique qui a mis au point une technologie de transfert vers cette dimension, continue à se rendre inlassablement sur place au péril de sa vie, afin d'extraire les survivants de cet enfer.

Mais est-ce que tous les disparus ont vraiment envie de rentrer...
Pourquoi souhaiteraient-ils rester là-bas, en dépit des dangers qui les guettent à chaque instant ?





Merci à Delcourt et à la Masse Critique de Babelio pour cette découverte.
   Dans ce comic book avec au scénario le scénariste des comics "The Walking Dead", on arrive sur une Terre où une partie de Philadelphie s'est retrouvée expulsée mystérieusement dans une autre dimension. Mais cette dernière se révèle plutôt hostile, avec des bêtes carnivores s'apparentant à des monstres. On suit alors dans l'Etat de Pennsylvanie le scientifique Nathan Cole, qui semble être l'un des derniers à continuer de rechercher les survivants qui se trouveraient encore dans cette autre dimension.

   L'histoire nous emmène aux côtés de Nathan entre deux dimensions diamétralement opposées, à la recherche de survivants. On cherche à comprendre les codes de cette nouvelle dimension, à savoir son fonctionnement. Mais on cherche aussi à savoir comment cet événement a pu arriver, une question qui semble tarauder le scientifique. 

   Dès les premières pages, on est directement plongé dans l'action dans Oblivion, cette autre dimension, avec les bêtes qui y vivent. Durant ces pages, cela se déroule très vite, pour qu'on s'immerge tout de suite dans l'intrigue. Par la suite, on oscillera entre ces moments d'action et des moments plus calmes, presque introspectifs, tandis que l'on voit que Nathan a un passé plus compliqué et douloureux qu'on ne le pense, ce que l'on commence à découvrir au fil des pages de ce premier tome, qui est en partie un tome nous permettant de découvrir le monde que l'on suivra dans cette série de comics.
   On part à l'exploration de Oblivion, que Nathan connaît plutôt bien, alors que nous, nous n'en savons rien. Cette dimension est intéressante et bien construite, regorgeant de mystères. On se pose de nombreuses questions sur elle tandis qu'on y erre avec le scientifique, et ne manque pas d'intriguer.

   Pour ce qui est des personnages, je les ai apprécié, certains plus que d'autres, mais il n'y a pas eu de lien particulier qui s'est construit avec eux. On comprend que Nathan est un personnage au passé complexe, dont on ne sait pas tout dans ce premier tome, mais qui est l'un des fils conducteurs de l'histoire et de l'intrigue. Mais on retrouve aussi d'autres personnages, aux personnalités parfois tout aussi mystérieuses et complexes, qui forment un ensemble de personnes différentes et non-semblables. On voit vite au fil de la lecture que le mystère sur le passé de certains de ces personnages prend une place non négligeable, et est un pan entier de l'intrigue.

   Pour les illustrations, j'ai vraiment bien aimé les couleurs utilisées, souvent dans les tons vert, jaune et rouge/rose et l'harmonie entre elles. Tout ce qui concerne la colorisation et les aplats de couleurs sont des choses que j'ai aimé, mais il est vrai qu'en revanche certaines expressions des personnages ne m'ont pas particulièrement plu. Cela est un point de vue personnel, mais le trait au niveau des visages n'est pas le style que j'aime le plus, ou tout du moins dans certaines cases en particulier, où les personnages avaient alors l'air un peu idiots à trois-quatre reprises dans l'ensemble de l'oeuvre. Mais le comic book reste graphiquement agréable à lire et à voir.

   La fin montre sans aucun doute possible qu'il y aura une suite, comme annoncé avec le 1 sur la couverture. Et elle nous donne envie de la découvrir car plusieurs révélations nous sont faites dans les dernières pages, et qui ne sont pas moindres. On a alors envie de savoir les tenants et aboutissants de cette histoire ainsi que des réponses aux nouvelles questions qu'on se pose dès lors. Les intrigues qui s'ajoutent à la trame principale nous fait nous poser des questions auxquelles nous voulons découvrir les réponses.
   On a droit dans le comic book à un rapide bonus qui nous montre les couvertures des six chapitres qui le composent, puisqu'aux Etats-Unis, il est en six volumes pour être dans la tradition des comics en petits numéros.


   Pour conclure, je dirais que ce fut une bonne découverte dont j'ai apprécié le graphisme en grande partie ainsi que cette autre dimension nommée Oblivion. Les intrigues qui s'ajoutent à la trame principale de ce tome de découverte du monde sont ce qui me donnent le plus l'envie de découvrir la suite, que j'emprunterais sûrement.



samedi 26 mai 2018

[Chronique] L'Homme gribouillé - Serge Lehman & Frederik Peeters

Auteur/Illustrateur : Serge Lehman & Frederik Peeters
Pages : 320
Titre original : L'Homme gribouillé
Prix : 29,95€(papier), 20,99€(numérique)


Résumé : A 40 ans passés, Betty Couvreur vit dans l'ombre de sa mère Maud, auteur de livres pour enfants. Pourtant, depuis des années, Maud subit l'emprise d'un terrifiant maître-chanteur, Max Corbeau. Betty l'apprend et se retrouve projetée dans une quête des origines en compagnie de sa propre fille, Clara. Voyage initiatique au pays des monstres et des merveilles avec au bout, peut-être, un secret venu du fond des âges.







"Il écrit un mot hébreu qui veut dire "vérité" sur son front, et le golem se met à vivre."





Merci aux éditions Delcourt et à lecteurs.com pour m'avoir permis cette découverte.
   L'Homme gribouillé est le genre d'ouvrage vers lequel je ne me serais pas forcément tourné, mais que j'ai vraiment apprécié.

   L'histoire nous emmène dans la vie de la famille exclusivement féminine des Couvreur, qui regorge de mystères tournant autour de l'aînée de la famille, Maud. Ce que va soudain découvrir Betty, ainsi que sa fille Clara, ce qui va s'ensuivre d'une quête sur les traces du passé de Maud. Mais ce passé semble plutôt étrange, puisqu'un homme-oiseau est à leur poursuite, sans empathie ni regret, à l'air plutôt dangereux.

   On est vite emporté dans ce récit, dans cette quête exécutée par Betty et sa fille Clara, qui ne sera pas sans encombres. On découvre à leurs côtés des éléments sur leur mère et grand-mère Maud, des éléments qui leur fait se poser des questions sur leurs propres origines, sur leur histoire familiale et sur Maud elle-même. On est pris dans l'intrigue, à vouloir savoir les motivations de l'homme-corbeau, les mystères entourant la famille Couvreur, mais aussi les réponses aux questions qui arrivent par la suite. On est pris dans ce voyage, un peu initiatique, avec les deux femmes, mais nous aurons aussi quelques scènes avec le mystérieux homme-oiseau.

   On pourrait penser au premier abord qu'il s'agit d'une histoire contemporaine sans aucun élément imaginaire, mais on voit vite que le fantastique et le fantasmagorique ont une place non négligeable dans le récit. On retrouve différents éléments de ce genre qui ponctue le récit, et font partie de quelque chose de grand, qu'on ne s'imagine pas encore dans les premières pages.

   Les différents femmes que l'on suit sont attachantes, que ce soit Clara ou Betty, voire Maud. Betty est une femme seule avec sa fille sans réels liens sociaux, qui semble se rechercher. On ressent un malaise qui l'habite et qui s'invite même dans ses cauchemars. Clara, adolescente, semble encore innocente, pleine de joie de vivre, qui n'a pas connu de coups durs jusqu'ici, et qui a hérité de l'imagination débordante de sa grand-mère. Cette dernière, bien qu'on la voit peu, est attachante aussi à sa manière, particulièrement dès lors qu'on connaît les raisons des choix qu'elle a pu faire.
Ces femmes sont le centre de l'intrigue, tout tourne autour d'elles, du début jusqu'à la fin.

   Les illustrations racontent à merveille cette histoire, toujours en noir, blanc et nuances de gris. Bien que je sois rarement attirée par l'unique noir et blanc dans les planches, cela correspondait parfaitement pour cette histoire. Elles étaient vraiment bien dessinées, avec des détails d'une finesse remarquable. On voyait notamment les animaux qui étaient superbes, mais aussi les petites marques de la vie qui passent, comme les rides. Cet ensemble crée une ambiance un peu étrange, mais aussi fantastique, en accord avec l'histoire, et nous permettant d'y plonger d'autant plus.

   La fin résout la plupart des questions que l'on se poser durant le récit, et surtout explique le passé et les choix de Maud. On est spectateur de quelque chose qui semble presque irréel, complété par la dernière page. Mais malgré ça, il est vrai que certaines des questions restent sans réponse, notamment quelques-unes tournant autour de l'homme-oiseau, qui peut ainsi nous laisser avec un voile d'incompréhension lors de la dernière page tournée.


   Pour conclure, j'ai franchement bien aimé cette histoire mais aussi les illustrations qui conviennent parfaitement au récit. Malgré quelques réponses qui restent malheureusement sans réponse, la fin répond en majorité à celles que l'on pouvait se poser, d'une manière fantasmagorique voire irréelle.
Une oeuvre que je recommande donc, bien qu'elle soit conséquente, tant au niveau des pages que du prix, achetée ou empruntée.



samedi 5 mai 2018

[Chronique] Sirius - Stéphane Servant #PLIB2018

Auteur : Stéphane Servant
Pages : 480
Titre original : Sirius
Prix : 16,50€(papier), 11,99€(numérique)


Résumé : Alors que le monde se meurt, Avril, une jeune fille, tente tant bien que mal d'élever son petit frère, Kid. Réfugiés au coeur d'une forêt, ils se tiennent à l'écart des villes et de la folie des hommes... jusqu'au jour où le mystérieux passé d'Avril les jette brutalement sur la route. Pourchassés, il leur faut maintenant survivre dans cet univers livre au chaos et à la sauvagerie. Mais sur leur chemin, une rencontre va tout bouleverser : Sirius.
Avec ce road trip post-apocalyptique, Stéphane Servant signe un grand roman d'aventure, brut et haletant.





"– Tu sais d'où vient la tristesse, Avril ? Elle vient des silences. Pas des mots."





   Je dois avouer que je n'étais pas du tout tentée par ce roman lorsque je l'avais vu dans la présélection du Prix Littéraire de l'Imaginaire 2018, et pas beaucoup plus lorsqu'il a été annoncé parmi les sélectionnés. Néanmoins, ce livre a su balayer cela, puisque ce fut une très bonne découverte, que je ne regrette absolument pas.

   On est dans une histoire où le monde se meurt, à cause d'un fait que l'on découvre dans le roman, bien qu'on n'en connaîtra pas la cause. En effet, on est vraiment sur l'instant présent et sur le doute d'un futur, mais la cause de la situation du monde n'est pas clairement établie, on n'est que sur des suppositions, puisque les hommes eux-mêmes ne le savent pas dans l'histoire.

   Dans ce monde qui se révèle être le nôtre, mais dans un état plutôt mauvais, on retrouve ainsi Avril et le jeune Kid, qui vivent dans un arbre dans la forêt, tentant de survivre chaque jour comme ils le peuvent, et où Avril essaye d'éduquer Kid pour qu'il soit un enfant "normal" (normal signifiant ici sachant lire, écrire, parler, ...). 
   Mais un jour, tout part en vrille, et c'est la fuite. C'est là que les enjeux débutent, et qu'on découvre véritablement l'intrigue du roman.

   Les personnages vont en compagnie de leur nouveau compagnon Sirius vagabonder sur les chemins en quête d'un seul but : la Montagne. Ils ne savent même pas ce qu'ils vont y trouver, juste qu'ils n'ont plus rien à perdre à y aller. 
   On est embarqué avec eux, au fil de leur périple. Les personnages vont vivre de nombreuses choses, pas toujours rose, mais c'est ce qui crée l'intrigue d'un monde à la dérive, en train de mourir à petit feu. Cela se lit rapidement, que ce soit par l'histoire ou par la plume de Stéphane Servant, avec quelques fois des moments de tension soudains, à cause desquels on appréhende presque de savoir ce qu'il va suivre.

   Mais ce serait plutôt les relations et le vécu des personnages qui prennent plus le pas sur l'histoire elle-même. Tout d'abord, pour ce qui est des personnages, on s'attache à eux, pour différents aspects de leur personnalité. Pour Avril, ce sera notamment pour sa culpabilité d'un événement de son passé, ou son envie de protéger à tout prix Kid, d'en faire un enfant qui ne fera pas les mêmes fautes qu'elle. Elle aimerait se détacher de son passé, mais ce n'est pas simple comme elle le souhaiterait.
   Pour Kid, c'est un peu plus compliqué, car au début, il est assez pénible et irritant, car il est buté sur des choses qui nous sont acquises depuis l'enfance, pour nous lecteurs. Par exemple, quand il voit des images de villes dans un livre, il dit que cela n'a jamais existé, quand il voit un cochon qui ressemble à un chien sur une photo, il est persuadé que ce n'en est pas un, ... Mais c'est quelque chose que je n'ai pas totalement pris en compte, étant donné que l'enfant n'a jamais vu ces choses de sa vie, et n'a eu qu'Avril pour lui apprendre, et donc qu'il puisse être naturel de ne pas toujours vouloir la croire, pensant que c'est une invention de sa part. Ce fut donc un début un peu compliqué avec Kid pour cette raison, mais cela s'est amélioré par la suite, et on s'attache alors à cet enfant un peu particulier.
   On aura aussi d'autres personnages qui auront une place importante dans le roman, comme Darius, effrayant dans ses croyances et pensées, ou encore le Conteur, personnage discret mais important dans l'évolution d'Avril.

   Ce qui prend le plus d'importance selon moi, c'est surtout les relations qu'entretiennent les personnages, notamment Kid, qui se révèle être le personnage central de l'oeuvre. Certaines, très spéciales, se créent, et cela donne un côté un peu poétique à l'ensemble de l'oeuvre, que j'ai vraiment apprécié. De plus, on a tout du long un hymne à la vie, qui est importante et qu'on ne devrait pas oublier, ni détruire, mais aussi à l'égalité avec les animaux, avec leur importance et leur vie qui compte autant que celle d'un homme, puisqu'au fond, nous partageons bien des choses.
   Le passé de Avril prend aussi une certaine place, bien qu'en arrière-plan de premier abord, parce qu'il sera le point de départ de son évolution. Les personnages vont en effet évoluer, que ce soit Kid ou Avril, comme si leur périple était en réalité un parcours initiatique, un parcours les menant à mieux se connaître, à mieux appréhender le monde qu'est le leur.

   La "numérotation" des chapitres est un peu particulière et peu même intriguer au premier abord, puisqu'elle part dans la soixantaine, pour décroître par chapitre, tel à compte-à-rebours. Un compte-à-rebours, mais pourquoi ? Une mort, une renaissance ? C'est ce que l'on découvre en arrivant vers la fin.

   Cette dernière conclut dans le même ton que le reste du roman, mais semble presque irréelle, notamment du fait des tout derniers chapitres, et de ce compte-à-rebours. Que va-t-il se passer après que nous ayons tourné la dernière page ? Est-ce réel ? C'est des questions qui peuvent se poser, car on ne sait pas trop ce qu'il se passe, ce qu'il s'est passé en quelques pages. On est presque dans le flou, mais comme dit auparavant, la fin est en accord avec le reste du livre, avec en plus un côté un peu onirique et poétique.


   Pour conclure, c'est un roman que j'ai démarré sans en attendre beaucoup, puisqu'il ne me tentait pas du tout. Au final, cela s'est révélé être une belle découverte, avec comme une ode à la vie et à la vie animale, avec une histoire un peu poétique, qui nous embarque dans une intrigue où les relations priment. Ces liens qu'entretiennent les personnages, particulièrement Kid, sont spéciales, mais je les ai particulièrement appréciées. Un roman donc que j'ai vraiment aimé et que je ne regrette pas avoir découvert, et ce grâce au Prix Littéraire de l'Imaginaire.


Ce roman (#ISBN:9782812614330) fait d'ailleurs partie de la pré-sélection pour le Prix littéraire de l'imaginaire 2018 organisé par Booktubers App, que vous pouvez retrouver grâce à #PLIB2018.



samedi 14 avril 2018

[Chronique] The Ones, tome 2 : Daniel Sweren-Becker

Auteur : Daniel Sweren-Becker
Pages : 336
Titre original : The Equals
Prix : 17,00€(papier), 9,99€(numérique)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
The Ones
 The Ones, tome 2

Résumé : "Nous serons tous la résistance."
Un thriller dystopien passionnant qui aborde des thèmes plus contemporains que jamais : justice, discrimination, terrorisme, dérives génétiques – et qui dévoile un futur proche aussi terrifiant que crédible.
La révolte bat son plein. Les Ones, ce 1 % de chanceux sélectionnés par le gouvernement pour être génétiquement modifiés à la naissance, sont cernés. Et le mouvement Égalité n'a jamais été aussi puissant.

Farouchement déterminée à sauver son petit ami James qui s'est sacrifié pour elle, Cody se met à frayer avec un groupe de rebelles qui défend les droits des Ones envers et contre tout. Mais alors qu'elle se rapproche de leur leader, le mystérieux Kai, elle comprend rapidement que celui-ci a un plan plus fou que tout ce qu'elle aurait imaginé. Un plan qui pourrait changer le futur des Ones pour toujours. Et elle sait que Kai ne reculera devant rien...



"C'était une question qu'elle avait déjà dû se poser : comptes-tu vivre pour toi ou pour les autres ?"





   Je me rappelais d'une fin qui donnait l'envie de terminer cette saga, et par curiosité, j'ai voulu découvrir ce second tome. 

   On retrouve ainsi les personnages que l'on a pu rencontrer auparavant, comme Cody, Kai, Taryn ou encore Edith. L'insurrection des rebelles est toujours en cours, afin d'abolir la loi Egalité, cause des maux des Ones. 

   Dans cette suite, on en apprend plus sur les projets des Néo-Weathermen au fil des pages, dirigés par Edith, femme prédatrice. Un plan que le groupe a la ferme intention de mener à bien, afin de montrer qu'ils ont eux aussi droit de vivre au sein du pays.

   Je dois avouer que j'ai moins bien aimé ce second tome. Je devais ne pas avoir tout à fait les mêmes "exigences" que lorsque j'ai lu le premier, parce qu'en soi, je ne pense qu'il soit moins bon que le précédent. 
   En particulier, c'était au niveau des personnages que cela n'a pas marché, auxquels je ne me suis pas attachée. C'était déjà le cas dans le premier tome, et cela se confirme dans celui-ci. Que ce soit Cody ou Kai, ou même Taryn, ils m'ont plus tapé sur les nerfs qu'autre chose. Ils étaient souvent butés, sans toujours se soucier des conséquences de leurs actes. Ils se battaient pour ce en quoi ils croyaient, sans laisser tomber, mais c'en était parfois trop, jusqu'à parfois atteindre l'égoïsme. C'est ce dernier point qui m'a gênée. Qu'ils soient combatifs et déterminés peut être une bonne chose, mais ici cela me paraissait extrême.

   Pour ce qui est de l'histoire, elle nous porte assez rapidement, et nous mène en plein cœur de la rébellion, de sa base. On nous livre des révélations dérangeantes, notamment sur les desseins des différents personnages. On assiste à cette insurrection, jusqu'à sa fin, jusque dans ses aspects les plus sombres.
   On suivra cela du point de vue de Cody, mais aussi quelques moments avec Kai, afin d'avoir presque tout le temps un regard sur ce qu'il se trame, et ainsi on en sait toujours plus que les personnages. Des retournements de situation auront lieu, plaisants, mais ils arrivent trop simplement, bien que des questions se posent dans l'esprit des personnages. 

   En revanche, le thème abordé est intéressant. Le livre pose des réflexions sur la problématique des modifications génétiques, sur leur légitimité. On se pose ces questions, mais non pas seulement.     Quand on arrive au bout, on se demande aussi si cette différence par les modifications génétiques devait être autorisée, méprisée, ou même tolérable. D'autant plus de nos jours où la génétique avance, et qui dans quelques années ou décennies permettra peut-être ces prouesses. C'est particulièrement cette partie de ce roman qui m'a plu. 

   Pour ce qui est de la fin, on ne s'y attend pas forcément. Mais elle semble à sa place, avec les derniers mots qui résonnent en nous. Néanmoins, l'émotion de cette partie ne m'a pas touchée comme elle aurait sûrement due. 


   Pour conclure, je suis contente d'avoir lu le dernier tome de cette saga, parce que je trouve le thème intéressant, d'autant plus quand on sait que les sciences avancent de plus en plus dans cette direction. Mais l'histoire elle-même risque de ne pas rester longtemps en mémoire, en grande partie du fait des personnages que je n'ai pas trouvé attachants, mais plutôt agaçants avec des convictions un peu trop envahissantes et destructrices.



lundi 26 mars 2018

[Chronique] Les Pluies, tome 1 - Vincent Villeminot

Auteur : Vincent Villeminot
Pages : 320
Titre original : Les Pluies
Prix : 16,90€(papier),7,99€(numérique)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
• Les Pluies, tome 1
• Les Pluies, tome 2 : Ensemble

Résumé : « Kosh songea qu'il n’avait jamais vu les yeux de Lou dans le soleil.
C'était parce qu'il pleuvait depuis maintenant quatre mois. Une pluie serrée, violente, une pluie de mousson qui paraissait blanche la nuit dans les phares ou la lumière, et faisait un voile gris sur toutes choses, le jour, à plus de quelques mètres. Le phénomène, inexplicable, échappait à toute logique, à toute prévision, à tout modèle, à toute saison.
Il se perpétuait. Partout, les eaux avaient monté, les rivières enflées, on consolidait les digues, on en bâtissait d'autres, plus hautes, mais qui se révélaient de nouveau insuffisantes. Les montagnes ruisselaient. Les fleuves débordaient. Des plaines autrefois agricoles ressemblaient à des marécages (…)
Mais Kosh n'avait pas besoin de voir le soleil les éclairer pour savoir que le vert des yeux de Lou était menthe à l’eau. Et qu'ils étaient la plus belle chose qu'il ait jamais vue. Surtout lorsqu'elle souriait. Qu'il la faisait sourire.
L'eau monte, les digues sont sur le point de céder, il faut évacuer. Sur le port, les réfugiés se battent pour prendre place dans les derniers bateaux, pris de panique, convaincus qu'il s’agit là du dernier espoir de s'en sortir. C'est une cohue indescriptible et au moment d'embarquer, dans un mouvement de foule, Kosh est arraché à Lou. Dernier échange de regards.
« Survis… » la supplie-t-il. « Survis, et moi, je te retrouverai. »



"Hier ton frère m'a demandé si on allait s'en sortir. Toi, tu me demandes comment. Ça fait une sacré différence."





   On se retrouve dans un monde où la pluie tombe depuis des mois sans jamais cesser, ce qui entraîne irrémédiablement la montée des eaux. Mais qui dit montée des eaux dit immersion des terres habitées.

   On débute le roman par l'ordre d'évacuation lancée dans le village de Kosh, Lou, et leurs frères et sœurs respectifs. C'est à partir de là que va commencer leur lutte pour la survie. 

   Le récit nous embarque aux côtés des personnages cités auparavant, qui doivent tenter de survivre, face à une catastrophe incontrôlable : la montée des eaux et sa fureur. Car ce n'est pas une petite montée des eaux tranquille, c'est un véritable torrent qui envahit le village, comme des milliers d'autres sur la terre.

   L'aventure nous emmène très facilement, on avance rapidement dans le roman, avec une action toujours présente, bien que parfois plus sourde. On connaît les enjeux dès le début, qui vont dès lors évoluer et grandir au fil des pages, tandis que les difficultés s'accroissent elles aussi. 

   On ressent comme une sorte de pression due au changement causé par le désastre, due aux enjeux que les personnages doivent prendre en compte, mais aussi due à l'âge peu avancé de ces derniers. 
   En effet, ce sont pour les plus âgés d'entre eux des jeunes adolescents d'à peine quatorze ans, tandis que les deux jeunes garçons ont une dizaine d'année, et qu'il y a aussi la présence d'un bébé parmi ce groupe. 

   Dans ce groupe, on aura donc Kosh, le personnage avec lequel on suit le point de vue la plupart du temps, bien que l'écriture soit à la troisième personne, jeune garçon qui prend le poids de la responsabilité des autres sur son dos, de leur survie, et qui ainsi est quasiment toujours sérieux, étant particulièrement soucieux de leur bien, mais aussi extrêmement altruiste en ce qui concerne ceux qu'il aime et qu'il protège.
   Mais il est soutenu par Lou, qui est son équilibre, qui est sa raison de se battre chaque jour de ce périple qu'ils doivent vivre. Elle lui inspire une certaine sérénité en cas de besoin, mais lui insuffle aussi l'esprit de survie qui le conduit à ne pas abandonner, à toujours sa battre pour les autres membres du groupe. C'est un personnage plus calme dans le groupe, mais tout aussi important.
   On aura aussi Noah, le petit frère de Lou, malicieux, rusé voire qui tend parfois à être sournois et qui parfois donne envie de lui remettre les idées en place, mais qui sera utile à bien des égards, mais encore Malcolm, frère de Kosh, débrouillard pour leur survie, ainsi que Ombre, qui commence à découvrir la vie, en tant que jeune bébé. Ces cinq personnages forment le groupe soudé que nous suivons dans cette aventure, et qui font tout leur possible pour se protéger mutuellement et rester ensemble.
   On pourra ajouter à la panoplie de personnages Léandre, qu'on rencontre dans la seconde moitié du roman, ou encore Chiloé, que l'on découvre au même moment. Ces personnages, comme d'autres, on un rôle à jouer dans ce que vivent le groupe de Kosh et Lou, et parfois même sur les décisions qu'ils prendront. 
   Ce sont tous des personnages intéressants, très différents, qui construisent ainsi un ensemble hétérogène de personnalités. 

   La plume de l'auteur nous embarque très rapidement au sein du récit, et nous fait tourner les pages tout aussi vite, afin de découvrir la suite des aventures. L'écriture est à la troisième personne dans la majorité du roman, mais on a aussi une partie épistolaire, qui donnera une pause à l'ensemble de l'intrigue, et qui correspond à l'esprit du moment vécu par les personnages, qui semble lui aussi mis en pause, presque comme hors du temps.

   Ce qui est aussi intéressant dans le roman est cette idée de montée des eaux dévastatrice, qui fait froid dans le dos. On s'imagine à la place des personnages, face à l'immensité de l'eau, à sa force, avec laquelle on ne peut rivaliser. On ne peut survivre du jour au lendemain sans préparation dans un monde plongé sous l'eau, et tout cette immensité qui entoure à chaque instant les personnages participe grandement à la tension ambiante. On pense aussi alors à la peur de cette immensité, à la perte de repère, à la dérive, c'est-à-dire à pleins de choses qui peuvent révéler des peurs latentes et profondes.
   On comprend ainsi les enjeux, l'angoisse et la difficulté vécus par les protagonistes et les habitants des différents lieux de vie. On en vient même à éventuellement se demander ce qu'on ferait si nous nous retrouvions dans pareil contexte, surtout que le désastre qui se produit dans le roman engendre bien des conséquences, souvent douloureuses et effrayantes, qui elles aussi participent à l'angoisse ambiante, que l'on ressent à plusieurs instants, notamment lors des moments d'exode. 
   On ressent cette angoisse, cette peur qui prend toute la place, des gens qui entourent nos personnages, ainsi que de ces derniers. Les citoyens n'étaient pas préparé à ce torrent dévastateur, et ils doivent alors survivre face à cette situation inédite. L'auteur a bien développé l'ambiance, la tension liée à l'instinct de survie durant les catastrophes, au chacun pour sa famille voire pour soi, la peur meurtrière, la détresse, et encore bien des choses. La catastrophe développée n'en paraît alors que plus réaliste, et nous plonge d'autant plus dans l'intrigue créée.

  On veut connaître la suite de l'histoire à chaque instant, même durant les moments plus calmes, car on ne sait jamais quelle menace va se profiler à l'horizon, maintenant que le monde est devenu peu sûr, et d'autant plus quand nous découvrons en même temps que les personnages que le monde a changé du tout au tout, que ce soit dans sa manière de fonctionner, la façon de pensée de la population, ...

   La fin nous donne envie de lire la suite, et nous présage de nouvelles péripéties pour les personnages, qui découvriront ce que sont devenues les civilisations après le Déluge, auxquelles ils ne seront pas forcément préparés, et qui se révéleront certainement sans pitié pour certaines.


   Pour conclure, le roman m'a emmenée dans ce monde qui doit faire face à un événement d'une grande ampleur et sans précédent, sans que les civilisations y soient réellement préparées. Cette idée de montée des eaux meurtrière est intéressante et bien développée, avec une ambiance lourde emplie de tension, accompagnée des personnages jeunes mais attachants. 
   Bien que le roman subisse parfois une retombée dans l'action due à des pauses, les pages se tournent rapidement, et il donne envie de découvrir sa suite dans le deuxième et dernier tome.