mardi 11 septembre 2018

[Chronique] La Faucheuse, tome 1 - Neal Shusterman #PLIB2018

Auteur : Neal Shusterman
Pages : 504
Titre original : Arc of the Scythe, book 1: Scythe
Prix : 18,90€ (papier), 12,99€ (numérique)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
La Faucheuse, tome 1
• La Faucheuse, tome 2 : Thunderhead
• La Faucheuse, tome 3 : The Toll

Résumé : Tu tueras.
Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation.
Tu accorderas une année d'immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.
Tu tueras la famille de ceux qui t'ont résisté.

MidAmérique, milieu du 3e millénaire. Dans un monde où la maladie a été éradiquée, on ne peut plus guère mourir qu'en étant tué aléatoirement (" glané ") par un faucheur professionnel. Citra et Rowan sont deux adolescents qui ont été sélectionnés pour devenir apprentis-Faucheurs ; et, bien qu'ils aient cette vocation en horreur, ils vont devoir apprendre l'art de tuer et comprendre en quoi cette mission est bel et bien une nécessité.
Mais seul l'un des deux adolescents sera choisi comme apprenti à part entière, et lorsqu'il devient clair que la première tâche du vainqueur sera de glaner la vie du perdant, Citra et Rowan se retrouvent dressés l'un contre l'autre bien malgré eux...



"Dans une profession où la bonne conscience est une entrave, qui ne serait pas heureux de s'en débarrasser ?"





   On plonge dans un monde qui nous semblerait presque utopique, la mort naturelle ayant été combattu par les hommes. En effet, la seule façon de mourir est de se faire "glaner", c'est-à-dire tué aléatoirement par des personnes "qualifiées", les faucheurs. 

   On rencontrera Citra et Rowan, qui seront choisi par l'un de ces faucheurs, pour être ses apprentis. Au bout de cet apprentissage, seul l'un d'eux pourra devenir faucheur, tandis que l'autre reviendra à sa vie normale (c'est tout du moins ce qu'il en est au début, ce qui va changer au bout d'une partie du roman, comme dit dans le résumé). 

   Aux côtés de ces deux personnages, alternant entre le point de vue de chacun et des extraits de journal de faucheurs, nous découvrons ce nouveau monde, où la mort naturelle n'est plus. On en apprend plus sur ce que font exactement les faucheurs et la manière dont ils le font, ainsi que les règles qui les régissent. Mais aussi, on découvrira les divergences de morale qu'ont les faucheurs, certains en semblant presque dénués.

   On est emmené dans l'histoire de l'apprentissage des deux protagonistes, et nous apprenons en partie à leurs côtés sur la communauté des faucheurs. Le roman se lit plutôt rapidement, pris dans cet univers particulier mais très bien construit. En effet, l'auteur a créé un monde futuriste de science-fiction, mais on se prend au jeu en s'imaginant ce monde. 
  On suit l'évolution des deux jeunes apprentis, bien différente pour chacun étant donné le contexte qui les entoure. Le roman le montre, des influences différentes peuvent induire une évolution différente, et on le voit bien vers la seconde moitié du roman, de manière flagrante.

   Les personnages tels que Citra et Rowan était assez attachants, bien que la jeune femme soit parfois un peu trop têtue et puisse ainsi exaspérer plus d'un lecteur. Rowan, au contraire, est plus distant, plus réservé dans ce qu'il montre de ses émotions et sentiments. J'ai aussi apprécié le personnage de Maître Faraday, et d'une certaine manière Dame Curie mais aussi eu de la compassion pour Maître Volta, jeune faucheur, mais j'ai aussi détesté d'autres personnages, de part leurs agissements et morales. 

   On aura différentes scènes d'action ponctuant le livre,  notamment lors de certaines scènes sanglantes. On rencontre plusieurs fois ces dernières, et on peut alors s'imaginer la caractère épouvantable de quelques-unes d'entre elles, qui sont de véritables massacres. L'auteur a choisi de traiter la mort, la mort donnée par quelqu'un, et ainsi ne contourne pas le sujet et les scènes que cela sous-entend.

   Le roman est aussi intéressant de part le sujet abordé et la manière de le traiter. Tout un ensemble de questions liées nous est posé avec ce roman : l'immortalité est-elle souhaitable ? Des hommes devraient-ils être maîtres de la vie et de la mort, comme bon leur semble ou presque ? Au fil des pages, on nourrit en arrière-plan notre propre réflexion sur le sujet. L'auteur nous fait comprendre que la réponse n'est pas noire ou blanche, mais bien plus complexe que ça. L'immortalité, par exemple, permet de vivre indéfiniment tant que l'on n'est pas glané, mais l'éternité n'est-elle pas source d'ennui, de routine ? En étant invincible contre la mort, serions-nous aussi ambitieux, prêts à profiter de la vie ou au contraire passerions le temps comme nous le pourront ? Dans le roman, je m'accordais plutôt bien à la pensée derrière l'histoire qu'avait l'auteur sur ce sujet. De même, on suit le même genre de raisonnement sur la fonction de faucheur ? Certains abuseront-ils de ce pouvoir ? J'ai trouvé très intéressant de voir ces aspects de réflexion dans la roman en plus de l'histoire même.

   En ce qui concerne la fin, on a envie de savoir qui sera le grand "gagnant". Je n'ai pas cherché à deviner durant ma lecture de son identité et je me suis ainsi laissée portée jusqu'à cette révélation. La fin nous offre aussi une dernière dose d'action, avant de se terminer pour de bon, se suffisant à elle-même. On peut se contenter de cette dernière, ou bien continuer avec le second tome si l'on le souhaite.


   Pour conclure, j'ai bien aimé ce roman que je pensais pas autant apprécié, que ce soit pour le thème et ses personnages. Ces derniers sont intéressants, et j'ai apprécié la réflexion que l'on peut faire grâce à certaine phrases le long du roman. La fin permet de s'arrêter au premier tome si l'on le souhaite, mais je pense néanmoins poursuivre la trilogie au contexte particulier que nous offre Neal Shusterman.


Ce roman (#ISBN:9782221198674) fait d'ailleurs partie de la pré-sélection pour le Prix littéraire de l'imaginaire 2018 organisé par Booktubers App, que vous pouvez retrouver grâce à #PLIB2018.



lundi 10 septembre 2018

[Interview] Alison Germain - Chroniques Homérides, tome 1 : Le souffle de Midas #PLIB2018




Aujourd'hui je partage avec vous l'interview que j'ai pu faire avec Alison Germain, à l'occasion de la sortie il y a quelques mois de son roman "Le souffle de Midas", premier tome des "Chroniques Homérides", dans le cadre du Prix Littéraire de l'Imaginaire 2018 organisé par Booktubers App, où le livre fait parti des pré-sélectionnés.

Je vous laisse un petit résumé tout d'abord, dans le cas où vous voudriez en savoir plus :

Entre tes mains, fille d’Homère, brûle encore le pouvoir des Dieux.

Le jour où une inconnue rend son dernier souffle dans mes bras, je sais que ma vie paisible d’étudiante ne sera plus jamais la même. Au lendemain du drame dont j’ai été le seul témoin, aucune trace du crime n’a été retrouvée, tant et si bien que tout le monde me pense folle, moi la première. Seul un homme me croit, Angus Fitzgerald, détective à la recherche d’une personne qui ressemble trait pour trait à la femme morte sous mes yeux.

Alors que ce mystère reste sans réponse, les objets que je touche se transforment en or. Et quand le bel Angus me narre le mythe antique de Midas, ce roi grec qui changeait tout en or, je comprends qu’il en sait bien plus sur ce qui m’arrive. Et aussi sur les dangers qui me menacent. Pour moi, le plus imminent est juste là, dans mes mains. Parce que si pour le détective, je suis bénie des Dieux, je ne vois en ce pouvoir qu’une malédiction…



• Tout d'abord, pourquoi avoir choisi le thème de la mythologie, thème central du roman ?
J'ai toujours été passionnée par les histoires, les légendes, les mythes et c'est vrai que la mythologie grecque m'intéresse depuis l'enfance. C'est aussi sans doute celle que je connais le mieux, sans compter que la Grèce est un pays dans lequel je rêve d'aller depuis que je suis gamine ^^ J'avoue que le mythe de Midas, en particulier, et surtout son caractère à double tranchant me semblait intéressant à exploiter. Je m'amuse beaucoup avec les Chroniques Homérides en tout cas.


• A-t-il fallu faire des recherches sur ce thème en amont, ou même durant l'écriture ?
Bien sûr ! J'avais des connaissances au départ, mais ça ne fait jamais de mal de les rafraîchir. Il existe d’innombrables versions des mythes et je trouve ça passionnant d'y mettre le nez.


• Pour partir sur l'écriture en général, as-tu des habitudes lors de la phase d'écriture ? Des petits rituels avant de se lancer dans la partie créative de son roman, ou lors de ses corrections ?
Non, je suis du genre à détester la routine ! ^^
Maiiiiis...il n'est pas rare, certes, que je m'installe devant mon ordinateur avec une tasse de thé et de la musique, mais je ne suis pas sûre qu'on puisse parler de rituel.


• Un auteur a souvent une personne qui lit ses écrits avant qu'il ne publie les chapitres sur une plateforme dédiée ou avant une éventuelle publication, afin d'avoir son avis. Est-ce le cas pour toi, et si oui, qui est cette personne ?
Oui, j'ai même plusieurs "bêta-lecteurs", deux personnes notamment, qui lisent mes écrits depuis longtemps et sur qui je peux toujours compter.


• Maintenant que le livre est publié, aux éditions du Chat Noir, quel effet ça fait de se retrouver de l'autre côté de la table lors des séances de dédicaces ?
Très bizarre ! ^^
C'est un rêve de gosse, j'en rêve depuis que j'ai...5 ans, je crois. C'est une aventure exceptionnelle, évidemment. L'exercice n'est pas facile, j'avais beaucoup de stress au début, mais c'est toujours un vrai plaisir. Ce sont des moments très riches en rencontres, en partage et c'est ce que j'aime le plus. Je suis quelqu'un d'assez réservé alors cela ne se voit peut-être pas toujours, mais je suis à chaque fois très touchée quand on vient me voir en dédicace.


• Quelle a été ta réaction lorsque tu as appris que ton livre faisait partie des finalistes du Prix Littéraire de l'Imaginaire 2018 ?
Je ne m'y attendais pas. Mon livre n'était sorti que depuis quelque mois seulement, et c'est mon tout premier ! Je suis vraiment très surprise - positivement, bien sûr ! - mais ravie. :)


• Quelles sont les inspirations, que ce soit pour l'écriture, ou pour tout autre chose ?
Tout. Tout ce que je lis, tout ce que j'écoute, tout ce que je regarde, tout ce que je mange (oui, c'est important ahah)... Je m'inspire d'absolument tout.


• A présent, on va se concentrer plutôt sur une autre de tes passions, celle de la lecture.
En effet, tu n'es pas seulement autrice, mais aussi une lectrice et Booktubeuse, que l'on peut retrouver sous le nom de Lili Bouquine, notamment sur YouTube, où tu partages tes coups de cœur livresques, tes réceptions, ainsi que d'autres types de vidéos.
A propos de Booktube, combien de temps environ consacres-tu chaque semaine à ta chaîne et son contenu ?
Maintenant que c'est en partie mon métier, c'est difficile à quantifier, puisque j'ai l'impression d'être constamment en train de travailler sur ma chaîne, sur des projets de vidéos ou autre. Un chose est sûre, c'est du boulot ! ^^ Entre la préparation en amont, le tournage, la prise de son, l'éclairage, le montage, la mise en ligne et bien sûr, l'interaction avec ma communauté sur les réseaux sociaux, sans oublier la partie administrative aussi... Cela demande du temps et aussi d'avoir plusieurs cordes à son arc, mais je ne m'en plains pas, c'est un travail passionnant.


• Tu as créé depuis quelques années le challenge littéraire appelé Week-end à 1000, que l'on peut retrouver à certaines dates, et ce plusieurs fois dans l'année, dont le but est de lire 1000 pages en un seul week end, les sessions commençant le vendredi soir à 19h et se terminant le dimanche à minuit. Comment as-tu eu l'idée de ce challenge ?
Sur un coup de tête ! Je revenais tout juste d'Angleterre où j'ai été jeune fille au pair, et j'avais une envie boulimique de lire, et je me suis dis que ce serait chouette d'embarquer d'autres personnes avec moi. Nous n'étions même pas une vingtaine à participer à la première session, aujourd'hui, chaque week-end à 1000 regroupent plusieurs centaines de lecteurs (ça me donne le tournis parfois ahah ^^)


• Si tu devais choisir trois livres (parce qu'un seul c'est vraiment trop dur à choisir, voire impossible) pour une île déserte, lesquels seraient-ils et pourquoi ceux-là ?
Euh...? La survie pour les nuls ? ^^ Ça peut être utile, non ?
Bon, ok... plus sérieusement.
1) Harry Potter et l'Ordre du phénix, mon p'tit préf de la série :p
2) L’île aux mensonges de Frances Hardinge, un immense coup de cœur pour cette autrice anglaise, trop peu connue en France. Une plume délicieuse, des intrigues poignantes et remarquablement bien ficelées. Je me souviens encore de la claque que j'ai reçu en refermant son livre, et je ne suis pas prête de l'oublier.
3) L'aube sera grandiose, de Anne Laure Bondoux. Un vrai bonheur <3 nbsp="" p="">

• Et enfin, as-tu d'autres activités autres que littéraires que tu aimes faire régulièrement ?
Alors, oui, tout à fait. J'enseigne l'étude des runes à Poudlard, à mi-temps, seulement, mais c'est passionnant ! :p
Pour de vrai, je suis une fana de séries télé, j'en regarde (beaucoup) trop. J'aime aussi beaucoup le cinéma (très très original).
Je m'intéresse aussi beaucoup à la lithothérapie, et à l’ésotérisme (oracles, tarots et autres trucs bizarres ;p).


• Merci à toi pour cette interview, ce fut un vrai plaisir pour moi de la faire. Pour conclure, que souhaiterais-tu dire pour la fin ?
Merci à toi, ce fut un plaisir.
Un dernier mot ? Je déteste les fins, alors on va dire : Hakuna Matata ;)



Vous pouvez retrouver Alison sur les différentes plateformes suivantes : 
Twitter
YouTube
Babelio

Son roman : 

vendredi 24 août 2018

[Chronique] Les Autres, Etape 1 : Le Survivant - Sandra Moyon

Auteur : Sandra Moyon
Pages : 173
Titre original : Les Autres, Etape 1 : Le Survivant
Prix : 12,90€ (papier), 3,99€ (numérique)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
Les Autres, Etape 1 : Le Survivant
• Les Autres, Etape 2 : Le Calice
• Les Autres, Etape 3 : Le Saigneur


Résumé : Parqués entre des murs et des clôtures, les Hommes survivent comme ils le peuvent.
Arrivés en bas de la chaîne alimentaire, ils sont épargnés grâce à l’Accord :
tous les trimestres, des fourgons d’êtres humains sont offerts aux Autres afin de les nourrir.
Mais comment choisir qui doit vivre et qui doit mourir ?
La règle est pourtant simple : seuls les délinquants sont envoyés de l’autre côté du mur, dans la Fosse.



"Mais les bonnes choses ont une fin. C'étaient sans doute celles qui s'achevaient en premier, d'ailleurs."




Merci à la maison d'édition Plume Blanche pour l'envoi de ce livre dans le cadre de l'opération Summertime.

   Les ouvrages de cette maison d'édition me tentent toujours, et c'est avec hâte que je me suis plongée dans ce roman, d'autant plus que j'ai vu de nombreux bons voire très bons avis dessus.
   On nous plonge aux côtés de Soen, dans un monde où les Autres sèment insidieusement la terreur, bien que vivants dans la Fosse, séparée de la ville par un haut mur tel un rempart. On ne sait pas qui ils sont exactement, ni comment ils vivent de l'autre côté.

   Le roman se sépare en deux parties plutôt distinctes. En effet, on commence durant la première moitié à suivre Soen, qui mène la vie dure chez sa tante, sans qu'on ne rencontre les fameux Autres. On est témoin de la violence qu'il endure chaque jour, des mots, des humiliations qu'il subit dans son propre foyer. On se prend d'empathie pour le personnage, qui encaisse sans jamais rien dire, afin de pas entraîner de conséquences funestes, pour lui ou pour les autres personnes qu'ils côtoient, à qui il ne veut pas causer de peine. On aurait envie de l'aider, d'arrêter le calvaire quotidien qu'il vit, sans qu'on ne puisse rien y faire.
   C'est dans la deuxième partie que l'on va pouvoir "voir" de nos propres yeux les Autres, à quoi ils ressemblent et comprendre pourquoi ils inspirent une telle peur. Les scènes sanglantes arrivent alors, ainsi que la peur englobant la population, une ambiance morbide qui semble annoncer un funeste destin. Les deux parties, bien que bien distinctes, sont toutes deux dignes d'intérêt, bien qu'il peut paraître long de devoir lire une première moitié de roman pour aborder véritablement ce que l'on nous annonce sur la quatrième de couverture. 

   J'ai été entraînée tout le long de l'histoire, que ce soit lors la partie plus centrée que la vie quotidienne de Soen et du calvaire qu'il vit en secret, ou lors de celle où tout bascule. L'autrice nous emmène avec envie dans son roman, dont l'on a envie de tourner les pages et d'en savoir plus, que ce soit sur comment Soen va s'en sortir, que ce soit de l'emprise de sa tante ou de la menace des Autres. 

   En ce qui concerne les personnages, comme dit auparavant, Soen est attachant, de part ce qu'il vit, mais aussi par sa détermination à protéger les quelques personnes à qui il tient. C'est un personnage qui a des fêlures, que l'on peut voir durant les moments de faiblesses qu'il peut avoir, il est résigné à son sort. C'est de ce fait un personnage que j'ai trouvé intéressant et que j'ai aimé suivre. 
   A l'opposé, nous avons sa tante, une femme devenue odieuse et mauvaise depuis que le reste de sa famille est partie. Elle se venge sur le jeune homme, rejetant la faute sur ce dernier. Le personnage était bien construit, même si c'est le type de personne que l'on n'aime pas voire qu'on déteste.
   On retrouvera aussi d'autres personnages tels que Lucas, un adulte tenant cher à Soen, et Josh, le meilleure ami de ce dernier. Chacun a sa place propre dans le roman, et une place spécifique auprès du protagoniste.

   Le tout se lit très rapidement, et il était intéressant de trouver un thème comme celui traité ici par l'autrice, celui de la maltraitance dans son propre foyer, comme celle que vit Soen. C'est un sujet dont on entend peu parlé, mais dont les victimes souffrent parfois énormément. J'ai apprécié retrouver ce thème et je l'ai trouvé bien exploité dans le roman.


   Pour conclure, j'ai franchement bien aimé ma lecture. Elle est à la hauteur de ce que j'en attendais suite aux avis, bien que les Autres apparaissent plutôt tardivement dans l'intrigue. Le tout se lit très vite, avec des personnages, surtout le protagoniste, que j'ai trouvé attachant. De plus, le thème traité m'a d'autant plus plongée dans ce roman, et m'a touchée durant ma lecture, étant un sujet tabou mais réel et douloureux pour ceux qui en sont victimes. J'ai à présent hâte d'en découvrir la suite, afin d'en savoir plus sur les fameux Autres dont l'on en sait finalement peu à la fin de ce premier tome. 



jeudi 23 août 2018

[Chronique] Chroniques homérides, tome 1 : Le souffle de Midas - Alison Germain #PLIB2018

Auteur : Alison Germain
Pages : 272
Titre original : Chroniques homérides, tome 1 : Le souffle de Midas
Prix : 19,90€ (papier), 2,99€ (numérique)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
• Chroniques homérides, tome 1 : Le souffle de Midas
• Chroniques homérides, tome 2
• Chroniques homérides, tome 3


Résumé : Entre tes mains, fille d'Homère, brûle encore le pouvoir des Dieux. Le jour où une inconnue rend son dernier souffle dans mes bras, je sais que ma vie paisible d'étudiante ne sera plus jamais la même. Au lendemain du drame dont j'ai été le seul témoin, aucune trace du crime n'a été retrouvée, tant et si bien que tout le monde me pense folle, moi la première. Seul un homme me croit, Angus Fitzgerald, détective à la recherche d'une personne qui ressemble trait pour trait à la femme morte sous mes yeux. Alors que ce mystère reste sans réponse, les objets que je touche se transforment en or. Et quand le bel Angus me narre le mythe antique de Midas, ce roi grec qui changeait tout en or, je comprends qu'il en sait bien plus sur ce qui m'arrive. Et aussi sur les dangers qui me menacent. Pour moi, le plus imminent est juste là, dans mes mains. Parce que si pour le détective, je suis bénie des Dieux, je ne vois en ce pouvoir qu'une malédiction…



"Quand les cauchemars devenaient plus simples à affronter que la réalité, fermer les yeux me semblait préférable."






   L'aspect mythologique du livre est ce qui me tentait le plus, c'était donc avec plaisir que je me suis lancée dans le roman dans le cadre du Prix Littéraire de l'Imaginaire 2018, après une première lecture d'une partie du roman dans sa version Wattpad.

   On arrive donc aux côtés de Louise, vivant au Royaume-Uni, jeune femme au début tout à fait banale. Sauf qu'après sa rencontre avec une certaine jeune femme, elle va se découvrir une nouvelle capacité qui tient plus de la malédiction, changer les objets en or, hérité du mythique Midas et Homère. De plus, des personnes pétries de mauvaises intentions en ont après cette nouvelle faculté...

   On part ainsi dans cette aventure, dans la vie chamboulée de Louise. On est pris dans son acceptation de cette toute nouvelle capacité, dans son apprentissage du contrôle sur ce pouvoir, mais aussi dans son face à face avec les conséquences de ce souffle de Midas.
   L'histoire est prenante, bien que pouvant paraître un peu longue pour certains le temps de poser les bases de l'intrigue et pour Louise de s'approprier cette nouvelle.

   En effet, il faudra du temps au personnage pour accepter ce pouvoir, qu'elle assimile à un fardeau. Elle va se poser de nombreuses questions, avoir de nombreux doutes, pouvant parfois paraître redondants de part leur forte présence, mais le reste de l'intrigue nous donne envie de poursuivre.
   Le personnage de Louise est attachant, par sa personnalité discrète, une personnalité bien définie. De même, Angus, un peu plus distant, est attachant, et on devine un pan peut-être plus sombre derrière ce qu'il montre. On aura aussi d'autres personnages tels que le frère de la protagoniste, mais aussi sa mère et quelques individus plus ou moins malintentionnés. 

   Dans le roman, l'autrice a repris à sa sauce la mythologie et les mythes qui la pavent. Ainsi, on retrouvera le pouvoir de Midas, roi changeant tout ce qu'il touchait en or, avec une histoire d'héritage, mais aussi des créatures mythiques et des lieux sacrés. Des éléments que l'on découvre au fil de l'histoire, mais très sympathiques.
   On retrouve aussi le thème de la lithothérapie, que l'on devine cher à l'autrice, présent à plusieurs reprises dans le roman et qui a son importance. On en saura ainsi un peu plus sur certaines pierres, qui auront un lien avec la mythologie développée dans le livre.

   L'écriture est fluide, on est vite pris dans le roman, les pages défilent rapidement. On a envie d'en découvrir plus sur les éléments de l'intrigue, sur les tenants et aboutissants de ce que l'autrice a construit au fil du livre.
   Ayant lu la version Wattpad, j'ai pu voir le véritable travail qu'il y a eu entre cette version et celle publiée, des scènes ayant été modifiées, coupées, ... Le fait d'avoir lu les deux permet d'avoir une approche différente mais très intéressante sur le processus d'écriture.

   En ce qui concerne la fin, elle nous offre une scène d'action prenante et l'introduction d'un nouvel élément, dont on en saura certainement plus dans le tome à suivre.


   Pour conclure, j'ai apprécié ma lecture, particulièrement grâce aux éléments mythologiques choisis par Alison Germain. L'histoire est prenante, bien que certains pourraient peut-être y trouver quelques longueurs, qui ne m'ont personnellement pas gênée. Ce serait avec plaisir que je lirais le second tome lorsque l'occasion se présentera, afin d'en savoir plus sur les éléments introduits au cours de ce premier tome, mais aussi sur la mythologie mise en place par l'autrice.


Ce roman (#ISBN:9782375680537) fait d'ailleurs partie de la pré-sélection pour le Prix littéraire de l'imaginaire 2018 organisé par Booktubers App, que vous pouvez retrouver grâce à #PLIB2018.




samedi 18 août 2018

[Chronique] Global Work : on marche sur la tête ! - Angeline Vagabulle & Renard

Auteur : Angeline Vagabulle (écriture) & Renard (illustrations)
Pages : 152
Titre original : Global Work : on marche sur la tête !
Prix : 15,00€ (papier), 4,99€ (numérique)


Résumé : Vous ne regarderez plus votre boîte mail ni vos collègues de bureau de la même façon après avoir lu ce livre, illustré avec humour par Renard.
Angeline a en charge une multitude de projets auxquels contribuent des collaborateurs de nombreux pays dans une grande entreprise globale.
Un jour, grâce à un manteau coloré qui la distingue dans l’environnement gris des Grandes Tours de la Défense, elle décide de regarder les choses différemment, de s’amuser des situations, de rire des absurdités d’un monde technologique qui lui complexifie la vie au lieu de la lui simplifier, observe en souriant ces hommes et ces femmes qui courent dans des gares et des aéroports en tirant des valises à roulettes qui font « zui zui », s’interroge sur le lien entre l’épaisseur de la moquette et son niveau d’influence dans l’entreprise, essaye de concilier sa vie de femme et de maman avec sa vie professionnelle qui tourne 24h/24 au rythme du business global.







Tout d'abord, merci à l'autrice pour m'avoir envoyé un exemplaire du livre.

   Dans ce court ouvrage, on retrouve plusieurs petites scènes dépeignant la vie dans une grande entreprise, dite globale. Ici, l'autrice parle de moments vécues dans les tours de l'entreprise internationale, entre mails et appels téléphoniques.

   On a chaque fois quelques pages sur un sujet, comme la photocopieuse et les comparaisons sensuelles qu'on peut lui donner avec humour, une journée type de sa vie de travail, mails parfois atterrants ou encore le sur-booking pratiqué par certaines compagnies pour leurs avions, suivi d'un relevé. Dans ce dernier, l'autrice compte par exemple les appels donnés, les mails reçus, les cafés bus, les hommes en cravates croisés ou encore les fois où elle a éteint la lumière des toilettes dans sa journée. 

   L'autrice livre donc des anecdotes personnelles qu'elle a pu vivre au cours de sa carrière dans son job qu'elle a au sien de l'entreprise. On voit ainsi mieux dans son ensemble l'arrière de la scène de ces entreprises globales et des milliers de gens qui contribuent à son fonctionnement, et comment ils y participent. Cela peut ainsi renseigner sur certaines des tâches et de l'environnement d'une partie des employés de ce monde global, parfois bien complexe et où "Le temps, c'est de l'argent".
   En effet, on peut ainsi voir que la modernité avait parfois le don de complexifier bien des choses qui perdent parfois de leur sens, tout comme les mesures pour économiser le plus possible, en retirant du même coup l'humanité de certaines activités. A quoi bon s'embêter avec un interlocuteur à l'autre bout du fil quand on peut mettre une voix automatique enregistrée, ou employer des professionnels des voyages liés au travail quand on peut créer un logiciel bien plus compliqué ? Tout est bon pour économiser et s'étendre encore plus, parfois au détriment des employés. Dès qu'on entre dans les bureaux, on laisse tomber ce qu'on fait à côté, on se consacre seulement au travail, au rythme des mails, des réunions et de l'organisation en faveur de l'entreprise. Tout cela est dépeint par l'autrice nous dévoilant ce qu'il se passe tous les jours dans ces lieux à l'ampleur parfois incommensurable.

   C'est avec humour et dérision que Angeline Vagabulle nous offre ces différentes anecdotes, avec des onomatopées ou des mots inventés tels que Monsieur Machinchose ou le projet patatruc.
   Le tout est entrecoupé d'illustrations par Renard, en lien avec les scènes dépeintes en amont. Le style est direct et en simplicité dans les traits, permettant d'aller directement au but en délivrant le message voulu en quelques coups de crayons et quelques mots. C'est un style que je n'affectionne pas particulièrement, mais qui est parfaitement adapté au thème et au ton du livre.
   La combinaison de ces illustrations ainsi que de l'humour employé par l'autrice nous fait lâcher quelques sourires ou quelques rires grâce au ton non sérieux utilisé pour livrer ces anecdotes de la vie professionnelle dans le monde de l'entreprise globale.


   Pour conclure, j'ai bien apprécié ce court livre sur le monde du travail, plus précisément sur celui de l'entreprise globale. On ne se prend pas la tête durant cette lecture pleine d'humour par le ton de l'autrice et les illustrations de Renard, pour nous partager les anecdotes et les constatations faites par Angeline Vagabulle. J'ai passé un agréable moment en sa compagnie et cela devrait être de même pour ceux appréciant la dérision, notamment sur le monde du travail et sur les entreprises.



mercredi 15 août 2018

[Chronique] Les maux bleus - Christine Féret-Fleury

Auteur : Christine Féret-Fleury
Pages : 200
Titre original : Les maux bleus
Prix : 15,00€ (papier), 9,99€ (numérique)


Résumé : Un récit intime qui oscille entre poésie et dureté pour dénoncer l'homophobie, dans un environnement scolaire, familial et social qui saura parler aux adolescents et les émouvoir. Sur les traces d'une héroïne qui doit emprunter un chemin de douleur pour se découvrir. Pour apprendre à rester fière, à ne jamais renoncer, surtout pas à soi-même...
Armelle le sait depuis trois ans, elle aime les filles. Seul son carnet bleu est mis dans la confidence. L'adolescente solitaire et férue de lecture y confie ses peurs, ses espoirs. Elle lui parle d'Inès, une nouvelle élève qui l'attire. Lorsque son amie la rejette violemment, Armelle devient rapidement l'objet du mépris et des insultes de ses camarades. Pourtant, cet événement n'est qu'un tournant dans sa vie qui bascule définitivement un dimanche soir. Alors que ses parents découvrent son secret, Armelle est jetée dehors. Elle n'a que 16 ans quand, cette nuit-là, elle voit la porte de sa maison se fermer brutalement devant ses yeux. Seule dans la rue avec son carnet, elle doit apprendre à survivre... Mais est-elle vraiment seule ?



"Désolée. J'aurais bien aimé, pourtant, ça doit être si confortable d'être approuvée."





   Ce livre me tentait beaucoup dès que j'en ai lu le résumé. Ce sujet me touche particulièrement, ne comprenant pas qu'on puisse discriminer des personnes à propos de leur orientation ou attirance sexuelle. Ce fut donc avec hâte que je me suis lancée dedans grâce au service de presse envoyé par Gulf Stream Editeur que je remercie par cette occasion.

   Armelle sait depuis une rencontre silencieuse avec une jeune femme dans un restaurant au bord de l'autoroute qu'elle aime les filles, tout du moins c'est ce qu'elle finira par comprendre. Seulement, vivant avec des parents contre l'homosexualité, elle en vient à se poser des questions sur elle-même, si elle est anormale du fait de cette attirance non hétérosexuelle, comme le veut le modèle que nous propose la société. 
   C'est à la suite d'un événement qu'Armelle va l'avouer à ses parents trois ans plus tard, mais malheureusement, sa mère ne l'entend pas de cette oreille. A partir de là, tout bascule pour la jeune adolescente qui est jetée dehors, sans répit. 

   Le roman va ainsi nous emmener à ses côtés, dans ses pensées intérieures mais aussi dans son carnet bleu, auquel elle confie ses doutes et ses questionnements. On va suivre ce personnage dans sa remise en question qu'elle va faire, des questions auxquelles doivent sûrement faire face de nombreuses personnes à l'orientation non hétérosexuelle, telles que : Suis-je normal ? Ai-je raté quelque chose ? Ai-je dévié du "droit chemin" ?, ...
   On se met à la place de ces personnes, qui doivent faire face à l'hostilité d'une partie de la population, voire parfois de leurs proches, alors qu'elles sont tout aussi normales que des personnes hétérosexuelles, bisexuelles, ... On entend les remarques jetées pas si discrètement, les sous-entendus cachés, ..., et on comprend la souffrance que peuvent ressentir ces personnes par le biais du personnage d'Armelle.

   Le personnage d'Armelle se pose toutes ces questions, fait face à ses remarques, en pleine période de l'adolescence. Bien que je ne me sois pas identifiée à Armelle, on comprend qu'elle ait tous ces doutes, qu'elle a peur de s'affirmer telle qu'elle est, alors que ses parents l'ont laissée tomber. On suivra ainsi son évolution, son chemin vers l'acceptation de ce qu'elle est, parfois semé d'embûches et rendu difficile par les autres.

   Les émotions sont très présentes dedans, très vives, et on pourrait presque les ressentir avec Armelle, voire les vivre avec elle, en fonction de l'identification qu'on lui porte. L'autrice le fait avec des métaphores par le biais d'Armelle, personnage appréciant particulièrement le français, la littérature et la poésie grâce auxquels elle s'évade quand elle le peut.

   Cette histoire, cela peut en être une parmi toutes celles que vivent les personnes homosexuelles. Les histoires où cela se passe à peu près bien, celles où les personnes ne peuvent assumer ce qu'elles sont sans représailles, celles qui sont jetées pas leurs parents, par leurs amis, celles où elles finissent dans la rue, ou battues. Ici, Armelle a la chance de trouver des mains tendues qui veulent l'aider, mais ce n'est malheureusement pas toujours le cas. Ce livre est là pour aborder le sujet, amorcer la réflexion autour, et surtout montrer le problème que pose encore l'homophobie de nos jours malgré quelques avancées.

   Le roman se fait engagé sur un sujet malheureusement épineux pour certains, alors qu'il ne devrait pas l'être. Il montre les doutes, les représailles ou les paroles subies, les conséquences de cette discrimination, parfois mortelles, alors que ces personnes veulent seulement être ce qu'elles sont, se fondre dans la masse en étant elles-mêmes, qu'on les accepte tout en les respectant autant que les personnes hétérosexuelles. 
   Ce livre parle de ce sujet de manière abordable pour le plus grand nombre, faire comprendre ce que ressentent et vivent ces personnes, et qu'elles aussi ont droit d'être heureuses en étant ce qu'elles sont au fond d'elles-mêmes, et l'ouvrage prône donc au final, la tolérance, tout simplement.

   Le roman se lit rapidement, et sa petite taille en terme de pages, moins de deux cents, le rend d'autant plus accessible à pleins de personnes, grands lecteurs ou non.
   Il le montre aussi, l'homophobie est en partie là à cause la peur de la différence qu'ont certaines personnes qui ne veulent pas voir changer leur petit quotidien et leur routine, et qu'elles déguisent sous les bannières "Un enfant = un père et une mère", "L'homosexualité va détruire notre société", "Les homosexuels vont corrompre nos enfants", et tout ce genre de bêtises que l'on peut entendre.


   Pour conclure, le roman traite avec l'histoire d'Armelle le sujet de l'homophobie, et pour moi, avec réussite. Il est là pour montrer les doutes et la remise en questions mais aussi la discrimination autour de ces personnes homosexuelles, mais aussi par extension toutes celles de la communauté LGBTQ+. Le livre, court, est accessible au plus grand nombre, et j'espère qu'il pourra faire changer le point de vue d'une partie des lecteurs et de la peur de la différence à propos les personnes à l'orientation non hétérosexuelle, car comme expliqué en fin de lecture, les discriminations homophobes sont en augmentation depuis quelques années, et très importantes dans le milieu familial ou amical proche, alors que ces personnes ont aussi droit au bonheur en étant elles-mêmes. Un roman, donc, qui prône la tolérance et l'acceptation de soi-même et de la part des autres.



samedi 4 août 2018

[Chronique] Les Sœurs Carmines, tome 1 : Le complot des corbeaux - Ariel Holzl #PLIB2018

Auteur : Ariel Holzl
Pages : 304
Titre original : Les Sœurs Carmines, tome 1 : Le complot des corbeaux
Prix : 17,00€(papier), 7,99€(numérique)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
• Les Sœurs Carmines, tome 1 : Le complot des corbeaux
• Les Sœurs Carmines, tome 2 : Belle de gris
• Les Sœurs Carmines, tome 3 : Dolorine à l'école


Résumé : Merryvère Carmine est ce qu’on appelle dans la ville de Grisaille une monte-en-l’air, un oiseau de nuit qui court les toits et les appartements bourgeois pour gagner sa vie et celles de ses soeurs, Dolorine et Tristabelle. Fauchées comme les blés, les soeurs Carmines, orphelines, partagent une vieille bicoque près de la falaise, à l’écart de la ville où les mœurs sont plus que douteuses. On s’y assassine allègrement, on s’encanaille goulument et huit familles nanties luttent en sous-main pour le trône. Il faut dire que Grisaille a le chic pour rassembler les coquins, et derrière les portes cossues des manoirs, loin des faubourgs crasseux et des ruelles coupe-gorges, vampires, nécromanciens et maîtres du feu s’affrontent. Dans ce tumulte, les Carmines tentent de tirer leur épingle du jeu…



"C'est peut-être difficile à comprendre pour un assassin, [...], mais tout ne peut pas se régler dans la vie en raccourcissant celle des autres !"





   J'avais beaucoup entendu de bien à propos de ce livre et des tomes suivants, c'était donc avec plaisir que je me suis lancée dans ce premier opus.

   L'univers de ce roman est un peu particulier, car il est sombre avec des crimes à tout-va, mais abordé de manière cynique et humoristique, légère, et c'est quelque chose que j'ai beaucoup aimé.
   Les meurtres sont courants, la mort omniprésente, comblant plusieurs centaines de cimetières rien que dans la petite ville de Grisaille. Les lecteurs appréciant l'humour un peu noir, cynique, devraient aimer ce qu'a construit l'auteur dans son roman.

   L'histoire, principalement sous le point de vue de Merryvère, et quelques fois de celui de sa petite sœur Dolorine, est entraînante, au fil des pages où l'héroïne que nous suivons doit faire face aux conséquences de l'un de ses actes, à lesquelles elles ne seraient pas forcément attendue. On suit ses déboires et les situations compliquées auxquels elle doit faire face avec si possible intégrité.
   Car en effet, Merryvère, dite Merry, au contraire d'un grand nombre des habitants de Grisaille, n'a pas envie de tuer des gens, de les faire souffrir ou de les blesser. Si elle peut l'éviter, elle le fera, ce qui n'est pas toujours du goût de sa grande sœur Tristabelle qui, elle, n'hésite jamais à utiliser les personnes en son seul intérêt. Ces deux soeurs sont à l'opposé l'une de l'autre, mais on ne peut s'empêcher de s'y attacher, de manière différente pour chacune d'entre elle. Merry, pour sa façon d'être, sa maladresse et sa dévotion pour sa famille, ou Tristabelle pour ses critiques acerbes ou son égocentrisme flagrant, des défauts qui pourraient nous rebuter, mais qui sont ici tournés en ridicule et nous permet de ne pas détester ce personnage. Pour compléter la fratrie exclusivement féminine, on a Dolorine, la petite sœur encore innocente voyant dans les activités morbides et sanguinolentes de sa ville une normalité ancrée dans sa vie. Cette petite fille est aussi attachante, avec ses capacités lui permettant de voir les fantômes et de de parler avec sa poupée de tissu, mesquine et mauvaise. Chacune a une personnalité bien reconnaissable qui lui est propre, nous permettant sans mal de les reconnaître et de les différencier.
   En dehors de cette petite famille, on pourra aussi avoir Blaise, un personnage parfois ambigu, mais dont l'on a envie de suivre aussi les aventures et d'en savoir plus, ainsi que des personnages malfaisants contribuant à l'ambiance glauque de la ville. 

   Le tout se lit très rapidement, les pages défilent très vite, sans que l'on ne s'en rende compte. Cela est permis par l'écriture fluide de l'auteur ainsi que de l'intrigue entraînante qu'il nous offre dans le roman.

   Lors de la fin, on nous fait de nouvelles révélations et on nous donne une nouvelle situation, nous menant au second tome, que l'on suivra cette fois-ci sous le point de vue de l'aînée Tristabelle. Les dernières pages nous donne l'envie de découvrir la suite, de connaître le dénouement des nouvelles circonstances que l'on y découvre. 


   Pour conclure, j'ai franchement bien aimé cette lecture assez détonante de par l'ambiance particulière glauque mais cynique de la ville de Grisaille et de ses habitants, ainsi que les différents personnages, chacun avec leur propre personnalité bien reconnaissable. Cette lecture se fait très rapidement, sans temps mort, nous faisant d'autant plus apprécier ce moment passé avec ce premier tome dont la fin nous donne la situation à laquelle devra faire face la petite famille dans le second.


Ce roman (#ISBN:9782354085451) fait d'ailleurs partie de la pré-sélection pour le Prix littéraire de l'imaginaire 2018 organisé par Booktubers App, que vous pouvez retrouver grâce à #PLIB2018.