vendredi 22 juin 2018

[Chronique] Trois jours charnègues - Jules Donat

Auteur : Jules Donat
Pages : 364
Titre original : Trois jours charnègues
Prix : 15,00€(papier),4,49€(numérique)


Résumé : Le père Saint-Max meurt salement dans la cuisine de son appartement de la ZUP de Bayonne. C'est un séisme personnel pour le commandant Jes Cortes qui découvre le cadavre encore tiède de Bertrand, le père qui a remplacé le sien. Le retour de Victor, le frère choisi et de Christian Saint-Max, l'aîné devenu un soldat inquiétant, lui fait craindre le pire. Si les circonstances lui donnent raison, la magie des retrouvailles opère entre ces natifs des pays de l'Adour, ni basques, ni béarnais, ni landais, ni espagnols, qui portent génétiquement la joie de vivre, l'odeur des embruns, la fraternité parfumée au jambon et au pinard, brefs entre ceux que dans ce coin, on nomme les "charnègues". Les frangins Saint-Max et Cortes foncent dans le tas. En trois jours surréalistes de baston et d'errements diététiques, au fil de rencontres perchées ou attachantes et en traversant mille deux cents ans d'histoire, ils vont disséquer les mobiles des assassins et remonter jusqu'à leurs commanditaires.



   Nous partons dans le pays basque pour une aventure du personnage de Jes Cortes, un commandant charnègue. On part pour trois jours à ses côtés, ainsi qu'à ceux d'autres personnages. 
   On débute rapidement par la nouvelle fatidique : Bertrand Saint-Max, un ami proche du commandant, est retrouvé mort après avoir été torturé. Ainsi démarre l'enquête que va effectuer le personnage principal. 

   Toute l'intrigue est condensée en trois jours, comme nous l'indique le titre du roman. Mais elle ne tournera pas seulement autour de l'enquête, qui se révèle être d'une ampleur inattendue, mais aussi autour de la présence de ceux qu'on aime dans le quotidien, durant les moments difficiles, le fait de se soutenir les uns les autres, de profiter de la vie. On retrouve ainsi des moments de vie tels que des retrouvailles au bar habituel mettant en quelque sorte en pause l'enquête, qui ponctuent les passages plus mouvementés. 
   On est plutôt bien pris dans cette histoire, qui rapproche les personnages autour de la perte d'un proche commun, mais aussi avec de l'action quand on arrive sur ce qui concerne l'enquête et tout ce qui l'entoure. 

   Les personnages sont assez différents, bien qu'ayant tous une certaine nonchalance, à profiter des plaisirs de la vie avant tout, sans stresser. On retrouve alors des personnages excentriques tels qu'un évêque prêchant la foi tout en sachant se divertir et en se régalant des bonnes choses. On a bien évidemment le personnage principal, le commandant Jes Cortes, avec lequel on suivra l'essentiel de l'histoire, et ainsi on suivra ses pensées et ses répliques. Le personnage s'adresse à certaines reprises aux lecteurs, le prend à part, tout comme l'auteur dans ses notes de bas de page qui ne sont pas dénuées d'un certain humour.
   On retrouve ce dernier dans de nombreux passages, jusqu'aux titres des chapitres, donnant un côté plus amical, amusant au reste de l'histoire, pas moins sérieuse, plaisant quand on l'apprécie.

   Il faudra s'attendre à quelques propos ou scènes un peu plus explicites, mais elles ne prennent que peu de lignes, bien qu'on les retrouve à plusieurs reprises. Il faut ainsi donc ne pas s'étonner quand on les rencontre, puisque ces passages font partie de la personnalité même des personnages qu'a construit l'auteur.

   Au fil des pages, on sent bien que ce dernier s'y connaît plutôt bien dans les domaines qu'il aborde. On a ainsi tout un pan historique avec une place non moindre dans l'intrigue, que l'on imagine vraiment bien renseigné. On apprend ainsi des moments de l'histoire des religions de de la pensée religieuse, et cela se révèle intriguant, même si on ne s'intéresse pas à ce domaine. On retrouve notamment de nombreuses allusions à l'informatique et aux réseaux informatiques. Les notes de bas de page peuvent alors se révéler pratiques quand on ne s'y connaît pas du tout ou peu, bien qu'il peut arriver qu'on reste quand même un peu perdus.

   Un autre point peut aussi mener le lecteur a des moments de confusion, celui des dialogues. En effet, l'auteur use peut des verbes de parole, et on peut se retrouver rapidement perdu. On ne sait pas forcément qui parle et on est alors un peu désarçonné, ne sachant qui a dit quoi et qui sont les intervenants de la conversation. Il peut ainsi arriver de devoir retourner quelques lignes au-dessus afin d'essayer de mieux comprendre et de saisir tout l'ensemble de dialogues.

   La fin est fidèle à l'ensemble du roman, on comprend que tout cela ne tournait pas seulement autour d'un unique personnage, mais qui est d'une ampleur bien plus grande. On ne saisi pas forcément quels sont tous les acteurs de cette intrigue d'envergure ou leur rôle, mais l'auteur a construit une composition qui en ravira plus d'un. Tout ce qui composait le roman est à nouveau présent dans les dernières pages, que ce soit l'humour du personnage ou tout l'aspect historique de l'intrigue, avec l'auteur qui ne se préoccupe pas de certaines habitudes littéraires, notamment concernant l'épilogue.


   Pour conclure, je dirais que j'ai apprécié ce roman, notamment pour son côté historique renseigné. Le domaine informatique est aussi intéressant bien qu'il puisse perdre des non-initiés à l'informatique pure. Le livre sort des habitudes du roman policier que l'on voit le plus souvent, puisque l'enquête ne prend pas toute la place dans l'intrigue, pour laisser une part à la solidarité humaine. 
   Néanmoins, il est vrai que j'ai été parfois un peu perdue, notamment lors de certains dialogues ou sur certains acteurs de l'intrigue. 
   Le roman devrait cependant plaire à ceux qui aiment lire des policiers tout en voulant découvrir le style du livre bien à lui.