lundi 13 mars 2017

[Chronique] Le sel de nos larmes - Ruta Sepetys

Auteur : Ruta Sepetys
Pages : 496
Titre original : Salt to the sea
Prix : 16,50€ (papier), 11,99€ (numérique)

Résumé : Hiver 1945. Quatre adolescents. Quatre destinées.

Chacun né dans un pays différent.
Chacun traqué et hanté par sa propre guerre.
Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte devant l'avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes...
Tous partagent un même but : embarquer sur le Wilhem Gustloff, un énorme navire promesse de liberté...

Ruta Sepetys révèle la plus grande tragédie de l'histoire maritime, qui a fait six fois plus de victimes que le Titanic. Cette catastrophe méconnue lui inspire une vibrante histoire d'amour, de courage et d'amitié.



"« Au moment même où l’on croit que la guerre nous a pris tout ce qui nous était le plus cher au monde, on rencontre quelqu’un et on se rend compte qu’on a toujours plus à donner. »"



Tout d'abord, merci à lecteurs.com pour l'envoi de ce livre grâce à l'événement #Explorateurs.

   On commence dès le début par un premier personnage féminin, un des quatre personnages que nous accompagneront dans leur aventure. 
   Nous sommes en pleine Seconde Guerre Mondiale, lors de l'hiver 1945 en Pologne et Prusse-Orientale. Nous suivons quatre personnages dans leur quête de sécurité, Joana, Emilia, Florian et Alfred.
   L'histoire est entraînante, en alternance entre les quatre points de vue. Cela peut sembler beaucoup, mais on se met vite à reconnaître les personnages par leur personnalité (et aussi parce que le nom de celui que nous suivons est indiqué en haut de chapitre). Nous vivons aux côtés des personnages, chacun avec ses propres objectifs, dans un contexte d'horreur et de douleur. Nous ressentons la peur, l'horreur et la réalité de la guerre par les personnages, on ne peut qu'être compatissant avec eux, nous voudrions pouvoir les aider. Nous n'avons pas le temps de nous ennuyer dans le roman, l'auteure délivre un récit qui n'a pas de temps mort et où chaque élément a sa place. A chaque instant, on se demande si les personnages vont survivre, s'ils vont réussir à atteindre Gotenhafen, le lieu où ils pourront espérer quitter le pays pour s'éloigner de la menace russe qui se rapproche à chaque instant.
    Mais ce n'est pas seulement une histoire d'exode, c'est aussi une histoire de la tragédie maritime, celle du Wilhelm Gustloff. Lorsque nous arrivons au point tragique mais imminent de l'histoire, on voit le destin arriver avec frayeur et fatalité, on ne sait plus à quoi s'accrocher. Tous nos repères s'effondrent et on vit la catastrophe avec horreur, ne sachant à quel endroit la mort frappera. Ce moment du récit nous chamboule particulièrement, puisqu'on a alors eu le temps de s'attacher à nombre de personnages.

Pour trois des quatre personnages, il s'agit là d'un exode vers une sécurité espérée, afin d'échapper aux Russes qui envahissent l'Allemagne et les pays voisins en pillant et tuant. Un but humain, que vont chercher à accomplir ces trois personnages afin de survivre à cette guerre. Mais pour le quatrième personnage, c'est différent. Nous le suivons en plein service pour le IIIe Reich et ses objectifs diffèrent de Joana et les autres, puisqu'il cherche surtout à être reconnu par Hitler lui-même comme un homme de talent supérieur à bien d'autres.
   On s'attache à la plupart des personnages, qui n'ont qu'une envie : survivre et s'éloigner le plus loin possible de la mort et du conflit. On ressent chacune de leur émotion : amour, amitié, tristesse, haine qui finissent par lier les différents personnages. En revanche, plus de réserve sur Alfred, qui d'une certaine manière me répugnait. Il est humain comme tout un chacun, mais son discours et sa manière de pensée m'ont frappé de stupeur. Mais malgré cela, c'est un personnage qui reste néanmoins essentiel dans cette histoire, puisqu'il permet de nous imaginer la manière de penser des partisans d'Hitler.

   L'auteure nous mène avec brio dans cette histoire aux côtés des personnages qu'elle a créé. On sent bien qu'elle s'est renseignée pour construire avec réalisme son roman, et nous donne des personnages et des situations qu'on s'imagine sans peine avoir fait partie de la Seconde Guerre Mondiale. A chaque instant, on sent la détresse humaine, qui nous touche profondément et nous donne envie de découvrir l'avenir des différents personnages page après page. Elles se tournent vite, avec une construction en chapitres courts : ces derniers ne dépassent jamais six pages et nous donnent l'impression d'avancer encore plus vite dans le récit plein d'émotions.
   Lors de la dernière page tournée, on reste quelques instants en suspens, en se remémorant les scènes d'horreur, la description de la catastrophe, l'action et le vécu des différents personnages. On revit en quelques secondes tout le roman pour enfin essayer mettre les mots sur ce qu'on vient de lire, sur ce qu'on vient, d'une certaine manière, de vivre. On se rend aussi compte qu'une partie de l'Histoire ne nous a pas été racontée, comme cette tragédie que nous partage l'auteure.


En conclusion, ce roman est un récit touchant, et plein de réalisme. On découvre l'horreur et la détresse qu'a engendré la guerre dans une histoire avec des personnages qu'on voudrait ne pas quitter et pouvoir aider, grâce à la plume experte de l'auteure. On ressort d'une certaine manière changé de ce récit, qui nous laisse en pleine réflexion avec soi-même sur la guerre, le destin brisé de millions de gens mais aussi sur la capacité effrayante de l'homme à créer l'horreur et la mort, et ce parfois sans scrupules.




dimanche 5 mars 2017

[Rencontre auteur] Rencontre lors du salon Bloody Fleury 2017 - Olivier Norek



Le week-end du 3 au 5 février 2017 se tenait à Fleury-sur-Orne un petit salon ayant pour thème le polar. Plusieurs auteurs du genre étaient le samedi et/ou le dimanche afin de pouvoir rencontrer les lecteurs et parfois participer à des conférences.
Le vendredi 3, j'ai pu me joindre à la rencontre avec Olivier Norek dans une médiathèque des alentours, afin d'en découvrir plus sur lui. On peut dire que ça tombait plutôt bien, je venais juste de finir "Code 93" à ce moment, donc c'était franchement une bonne occasion de rencontrer l'auteur avec en plus l'histoire encore bien en tête.

La rencontre se déroulait dans l'amphithéâtre de la médiathèque et était animée par la libraire et chroniqueuse littéraire Sophie Peugnez. Une rencontre vraiment enrichissante dont je vous partage quelques informations.
Petite précision : je n'ai pas pris exactement en note les propos d'Olivier Norek. Cela signifie que je n'ai pas les phrases exactes qu'il a pu prononcées lors de la rencontre, mais l'essentiel de son propos sera retranscrit.




• Par rapport au roman "Code 93" où le roman débute avec la découverte du cadavre d'une femme âgée dont l'appartement contenait des stupéfiants, l'auteur dit qu'il est fréquent de tomber sur une telle situation (pour la drogue dans l'appartement, pas pour le décès de la personne). En effet, ici en Seine-Saint-Denis comme dans le roman, les dealers utilisent les personnes isolées telles que des personnes âgées ou des femmes enceintes, afin de planquer la drogue dans l'appartement de ces personnes. Cela permet alors au dealer de ne pas se trouver avec plusieurs kilos de stupéfiants en sa possession s'il venait à être arrêté par la police, puisque son stock est dans les appartements et qu'il est alors en possession de seulement quelques grammes.

• Olivier Norek a construit des personnages banals afin que l'on puisse s'y identifier. En effet, les personnages sont des personnes que l'on croise dans la vie de tous les jours avec des célibataires comme Coste, une femme mariée avec des enfants comme Johanna ou encore un homme cherchant l'amour comme Ronan. 

• De ce fait, l'auteur tient toujours à ce que chaque personnage ait une part d'humanité ainsi qu'une part sombre en lui. Même les pires criminels ont une pointe d'humanité en eux, car comme ils le dit, des assassins peuvent très bien aller tous les jours chercher leurs enfants à l'école par exemple comme beaucoup de parents. Olivier Norek cherche même à ce que le lecteur en vienne à hésiter entre vouloir voir le criminel arrêté ou vouloir que le criminel arrive à s'échapper dans ses romans.

• Les personnages de ses romans sont toujours construits à partir de deux ou trois personnes réelles.

• Dans ses romans, les noms de rues ou de certains personnages sont des clins d'oeil à des amis ou à de la famille. Par exemple, pour Victor Coste, le prénom est celui de son petit frère et Coste est le nom le plus donné dans l'Aveyron, une région qu'il porte dans son coeur. Olivier Norek dit aussi qu'il a déjà tué sa mère et son frère dans ses romans, et qu'il tue toujours son meilleur ami dans les cinquante premières pages suite à un pari avec ce dernier. Mais il n'est pas le seul à faire des clins d'oeil, car il y aurait des rues comme rue Maréchal Norek, rue Norek dans les romans de certains amis auteurs.

• Olivier Norek cherche à montrer la réalité des faits. Les affaires présentes dans les romans sont réelles, peu importe lesquelles.

• De ce fait, l'auteur ne cherche pas à rendre certaines activités en tant que policier intéressantes ou excitantes comme on pourrait nous le faire croire. Par exemple, les personnages doivent faire des enquêtes de voisinage, mais ils le font non pas par plaisir mais par obligation. En effet, les enquêtes de voisinage n'ont rien de passionnant et sont même en réalité pénibles. La surveillance, c'est quatre ou cinq heures dans une voiture avec des bouteilles d'eau et des sandwichs pour finalement seulement noter deux ou trois phrases sur les allers et venues d'un suspect telles que "Monsieur/Madame sort à 18h15". Pour les enquêtes de voisinage, en Seine-Saint-Denis, cela se révèle souvent être un porte-à-porte dans un immeuble choisi avec par exemple vingt-trois étages avec dix appartements par palier, où les gens ferment la porte au nez, crachent, insultent ou frappent les policiers.

• Suite à une question plus en rapport avec son métier, Olivier Norek dit qu'il n'y a pas vraiment de "guerre" entre différents services de police judiciaire, mais plutôt entre policiers car il y a deux types de policiers : - le fonctionnaire qui pense à sa carrière et ne prend aucun risque
                      - celui qui pense toujours à la résolution de l'enquête et des victimes sans se soucier de sa carrière comme Coste ou l'auteur lui-même (Olivier Norek précise même qu'il n'a jamais reçu de félicitations dans son métier)

• L'auteur dit qu'il collabore beaucoup avec les gendarmes quand il le peut pour une enquête. Il les apprécie et s'est même dit que si un jour il devait tuer quelqu'un, il préférerait que ce soit les flics plutôt que les gendarmes qui s'occupent de l'enquête car les flics mettent "Affaire sans suite" au bout de six mois d'enquête tandis que les gendarmes continuent l'enquête en général.

• Par rapport à "Territoires", l'auteur a parlé du cas des avocats pénalistes qu'il n'appréciait pas du tout. En effet, le travail d'un avocat consiste à trouver le contexte et des circonstances atténuantes pour réduire la peine de son client, mais certains mentent en faisant tout pour prouver l'innocence du client alors qu'ils savent pertinemment qu'il est coupable ou que le client lui a même avoué son crime. Pour l'auteur, les avocats qui font cela deviennent des complices du criminel.

• Toujours en rapport avec son métier plutôt qu'aux romans eux-mêmes, une personne a demandé à l'auteur si la mafia avait d'une certaine manière une certaine utilité. L'auteur répond que oui, puisque finalement elle compense en créant une économie avec des revenus et des emplois pour ceux dont l'Etat ne veut pas s'occuper. Par exemple, autoriser certaines drogues créerait le chaos puisqu'il n'y aurait plus le moyen de faire un marché parallèle, et un nouveau marché se recréera à la place soit dans la vente d'armes à feu, soit dans les drogues dures, soit dans la prostitution, soir dans les rançons et kidnappings, qui malheureusement existent déjà, mais qui seraient alors intensifiés afin d'assurer une nouvelle économie pour cette catégorie de la population.

• Olivier Norek a choisi de faire le métier de policier parce qu'il voulait pouvoir lire dans les yeux de quelqu'un qu'il est utile, pouvoir se sentir utile. Il a d'ailleurs fait de l'humanitaire auparavant pour Pharmaciens sans frontières.

• L'auteur n'a pas était tant choqué par ce qu'il a pu voir à son arrivée au SDPJ 93 (meurtres, ...) puisqu'il avait déjà vu l'horreur lors de son action humanitaire puisqu'il est allé dans un pays en guerre.

• L'auteur n'a pas de problème par rapport à la vérité qu'il raconte à travers ses romans parce que la hiérarchie sait que s'ils le "punissent", il pourra raconter d'autres réalités dans un autre roman qu'elle ne veut pas voir au grand jour. D'ailleurs, d'autres personnes comme des juges lui ont même dit "Merci, enfin quelqu'un qui le dénonce" parce qu'eux-même ne pouvaient le faire sans risques.

• Plus en lien avec ses romans, Olivier Norek a répondu à une question en disant qu'il y avait un scénario prêt pour l'adaptation en série de "Code 93" et que cela marchait, il y aurait une saison 2 pour "Territoires et une troisième pour "Surtensions". Mais il y a aussi possibilité de faire un film sur "Surtensions" uniquement, l'auteur hésite encore sur quel support il va partir.


TEASER PROCHAIN ROMAN : 
• Lors de cette rencontre, Olivier Norek a lâché quelques informations à propos de son prochain roman. Le prochain roman ne comportera pas les personnages rencontrés dans "Code 93", "Territoires" et "Surtensions". Le nouveau personnage sera un enquêteur migrant étranger arrivant dans la jungle de Calais. Là-bas, il va se rendre compte que des homicides sont commis et va alors prévenir la police française, qui ne fera strictement rien. Alors l'enquêteur, avec seulement son "flair" de policier et ses propres compétences, sans l'aide de l'Identité judiciaire ni aucune technique d'enquête, devra se débrouiller seul pour résoudre cette enquête.
• Le roman doit paraître courant octobre 2017 et l'auteur en était arrivé à la page 49 le matin même de la rencontre.
• Il a eu l'idée du roman en se disant qu'il n'y aurait eu aucun homicide en un an et demi dans un lieu où vivaient près de dix milles hommes à en croire les médias. Olivier Norek trouvait cela invraisemblable et a décidé d'aller lui-même dans la jungle de Calais pour confirmer ou non son idée. Lors des deux semaines pendant lesquelles il y a vécu, où il a pu s'imprégner des odeurs, des lieux ainsi que comprendre les personnes vivant dans cet endroit, où il fut protégé par un groupe de soudanais, il y a eu trois homicides sans que la police n'interviennent. Il a alors voulu faire un roman sur cet endroit où les meurtres sont impunis.


Voilà pour l'essentiel de ce qu'a pu dire l'auteur de cette rencontre. C'était une rencontre très enrichissante où l'auteur n'hésite pas à répondre aux différentes questions et est plutôt proche des lecteurs. En effet, lors de la rencontre, il ne s'adresse pas seulement à l'animatrice de la rencontre mais aussi à son public et ne se montre pas distant avec les personnes présentes. Une rencontre donc enrichissante comme dit auparavant, sur ses oeuvres mais sur aussi des faits réels, sur la justice, ..., mais aussi très agréable à suivre. 
J'espère que la transcription des informations partagées lors de cette rencontre vous aura intéressé et vous aura plu !

jeudi 23 février 2017

[Chronique] Cadavre Expo - Hassan Blasim

Auteur : Hassan Blasim
Pages : 224
Titre original : Ma'rad al-juthath
Prix : 18,00€ (papier), 12,99€ (numérique)

Résumé : Il était une fois, dans les ruines d’un pays déchiré par la guerre et la terreur, des assassins transformés en artistes, et leurs victimes en œuvres d’art ; des soldats morts écrivant des romans d’outre-tombe ; des lapins pondant des œufs ; un sourire refusant de s’effacer d’un visage ; des couteaux disparaissant par magie ; des fantômes et des djinns ; des hommes cherchant par tous les moyens à fuir, sur les routes de l’exil ou de l’asile, l’effroi d’une existence tout entière régie par le théâtre de l’absurde et de la cruauté.

Les quinze nouvelles qui composent ce recueil déploient un univers d’une violence inouïe et d’une rare noirceur – illuminé cependant par l’enchantement de la poésie, de l’humour et de l’imagination. Entre le rire et la rage, l’insoutenable et le merveilleux, le trivial et le sublime, Cadavre Expo nous fait visiter le musée des horreurs de notre inhumanité quotidienne. Mais Hassan Blasim, jeune écrivain visionnaire, transcende l’atrocité pour nous offrir le tableau d’un monde carnavalesque singulièrement vivant.



""Comment pourrions-nous être libres alors que nous ne contrôlons pas nos rêves ? C'est vraiment n'importe quoi !""





   Dès la première nouvelle, on peut s'apercevoir quel est le type d'histoires qui suivront. Chacune des nouvelles ont pour contexte la guerre en Irak. Alors forcément, on ne va pas trouver des nouvelles où tout se passe bien, où les gens vivent dans le confort que nous connaissons.
   La première nouvelle nous parle dès le début de morts, de cadavres, de sang, ...Et celles qui vont suivre seront en partie dans le même genre.

   Il faut avouer que ce n'est pas le genre de nouvelles que l'on connaît, pas ce que l'on peut trouver en France ou aux Etats-Unis. En effet, les nouvelles pourraient être qualifiées d'étranges. Comme le présente par exemple la couverture, on rencontrera un homme qui ne peut enlever son sourire du visage dans l'une des nouvelles, ou encore la nouvelle avec les soldats morts qui écrivent des romans.
Chaque nouvelle met en scène des personnages totalement différents : des personnages naïfs, certains cruels et sans pitié, ou encore d'autres un peu fous. On a une panoplie très diversifié dans les personnages malgré que la plupart des personnages au centre de chaque nouvelle sont des hommes.

   Comme je le disais, les quinze nouvelles composant ce recueil ont un univers bien particulier où la terreur est quasi-omniprésente en temps de guerre, où c'est chacun pour soi, où vivre dans un taudis est le seul foyer qu'une famille ordinaire peut s'offrir. Un univers qui ne conviendra donc pas à tous le monde, par son étrangeté et par sa violence récurrente, même si cela a fonctionné pour moi.
   Il faut aussi souligner que c'est un recueil intéressant à lire. En effet, puisque les personnages vivent dans l'Irak en plein conflit, on apprend plus sur la situation que vit la population au quotidien. On ouvre les yeux sur ces choses que l'on ne sait pas toujours, et qu'on ne pourra jamais vraiment connaître réellement. On en sait aussi légèrement plus sur l'immigration, car dans deux ou trois nouvelles, le personnage principal quitte l'horreur de son pays pour rejoindre la Finlande, pays où vit à présent l'auteur. Un recueil qui nous apporte donc de nouvelles connaissances qui mènent d'ailleurs parfois à la réflexion entre la situation en Irak par rapport à le nôtre, où la vie est précaire et peut s'éteindre par la violence encore plus rapidement que chez nous.

   Pour les personnages, il est par contre difficile de s'attacher à eux, mais cela est lié au format du récit : les nouvelles n'excèdent rarement quinze ou vingt pages, ce qui ne laissent pas le temps de s'attacher aux différents personnages. Et de plus, l'étrangeté de certaines nouvelles ne nous permet pas de totalement comprendre ce qu'il arrive au personnage, donc de nous y attacher. En effet, lors de la dernière page tournée de quelques nouvelles du recueil, on s'arrête le temps de réfléchir à la chute et à ce qu'on a lu auparavant avant de commencer la suivante, ne sachant pas vraiment quoi en penser.

   L'auteur semble avoir une écriture poétique dans certaines phrases, mais il sait aussi nous dépeindre les choses parfois de manière crue : lorsqu'il s'agit de parler de sang ou de ce qui se rapporte à la sexualité (il "semble" seulement parce que la version lue n'est pas la version originale arabe et est donc d'une certaine manière l'oeuvre de l'auteur mais aussi du traducteur).


   Je dirais donc qu'en conclusion ce recueil sort des lectures habituelles, on ne sait pas trop quoi penser à la fin de notre lecture. Les nouvelles nous font parfois réfléchir à notre propre situation, face à la situation dépeinte de l'Irak par l'auteur. On suit différentes histoires avec différents personnages dans un pays en guerre où la violence est omniprésente, toutes plus étranges les unes que les autres, et ce par l'auteur qui a lui-même une écriture particulière. On peut passer d'une phrase philosophique ou poétique à une autre juste après bien plus violente ou crue. C'est un ensemble de nouvelles que j'ai apprécié découvrir grâce à la Masse Critique Babelio, mais il est vrai qu'il ne peut plaire à tout le monde. C'est une lecture particulière, et même si je recommande d'essayer, les personnages n'aimant pas la violence, ce qui relève de l'étrange ou du surnaturel par exemple, ne trouveront pas satisfaction dans ce livre.



lundi 13 février 2017

[Chronique] The Ones - Daniel Sweren-Becker

Auteur : Daniel Sweren-Becker
Pages : 336
Titre original : The Ones
Prix : 17,00€ (papier), 9,99€ (numérique)


Dans cette série, ce livre est le tome : 
• The Ones
• The Ones, tome 2

Résumé : Cody a toujours été fière d’être une One. Elle et son copain James font partie du 1% de la population choisi au hasard pour subir des modifications génétiques à la naissance. Les Ones sont beaux, doués, en pleine santé. En d’autres termes, ils sont parfaits. Mais c’est loin de plaire à tout le monde. L’inquiétant mouvement Égalité persécute les Ones en les marginalisant chaque jour un peu plus. Jusqu’à remporter un procès qui rend leur existence illégale. Et tout à coup, être un One devient un danger de mort. Face à la menace, Cody se rapproche d’un groupe radical mené par Kai, jeune leader passionné et charismatique. Les Ones n’ont plus le choix : se battre pour défendre leur identité… ou disparaître.



"- Si on ne se bat pas pour défendre nos droits, qui s'en chargera pour nous ?"



   On découvre un monde où 1% de la population a été génétiquement modifiée afin d'être quasi-parfaite. On y suit Cody et James, tous deux des Ones, donc génétiquement modifiés. Seulement, dès le début du roman, on sent la tension grandissante entre les Ones, et les autres. Une tension palpable que les personnages du roman sentent grandir, et Cody va vouloir tout faire pour garder ses droits.

   On suit le personnage de Cody dans cette histoire, une jeune fille forte, indépendante et franchement têtue. Elle est aux côtés de James, son petit-ami, qu'elle va entraîner dans son combat pour les droits de tous les Ones, mais elle fait aussi la rencontre des Néo-Weathermen, groupe plutôt extrémiste composé exclusivement de Ones. Les personnages sont réalistes, particulièrement avec leurs ambitions humaines tout le long du récit. On se demande même : que ferions-nous et penserions-nous à leur place ? Mais malgré ça, je n'ai pas vraiment réussi à m'attacher aux différents personnages : Cody est souvent bornée, et se fiche souvent des conséquences sur la population non-modifiée (sauf les conséquences mortelles) lorsqu'elle prend des décisions pour son combat pour les Ones, James ne m'a donné aucune empathie et qui m'a même parfois donné envie de le frapper, tout comme Kai. C'est plutôt dommage.

   Le récit est très lié au réel : en effet, les manipulations génétiques pourrait très bien exister dans quelques années, certains chercheurs travaillent déjà sur ce type de projets. Tout le contexte du roman a une réalité assez étonnante mais qui pourrait être la nôtre : tensions entre les populations, attentats, peur, combat, ... Le récit ne part pas dans le fantastique, et nous confronte à plusieurs questions le long de notre lecture comme par exemple : Que ferions-nous à leur place ? Serions-nous contre ou pour les Ones ? Doit-on éradiquer les personnes génétiquement modifiées ? Des questions d'éthique qu'on est presque en droit de se poser tellement la fiction s'approche de la réalité possible de notre futur.

   L'histoire est rythmée, on le voit dès le prologue, on veut avancer afin de connaître l'issue du combat des Ones, quel camp réussira à faire entendre sa voix. Nous avons néanmoins quelques temps de pause afin de pouvoir souffler et comprendre la situation en constante évolution à laquelle sont confrontés les personnages. On en arrive presque à n'en plus savoir qui l'on veut voir gagner : les Néo-Weathermen aux activités extrémistes, le gouvernement qui veut exterminer les Ones, Cody ? Et lorsqu'arrive le final, on ne lâche plus le bouquin, afin de connaître l'issue du roman, issue qui ne laisse que supposer une suite attendue.


   En conclusion, des personnages réalistes, auxquels je ne me suis pas vraiment attachée, dans une histoire qui pourrait être une réalité future de notre propre monde qui nous laisse avec de nombreuses questions sur l'eugénisme, la modification génétique des personnes. On ne sait plus quoi penser dans le récit, si nous serions pour l'existence des Ones ou si au contraire nous serions contre. On repose le livre avec ces questionnements, et surtout on veut savoir ce qui adviendra des personnages dans le prochain roman ainsi que le sort des milliers de Ones qui reste en suspens lors de la dernière page tournée.


dimanche 5 février 2017

[Chronique] Code 93 - Olivier Norek

Auteur : Olivier Norek
Pages : 360
Titre original : Code 93
Prix : 7,40€ (papier poche), 7,99€ (numérique)


Dans cette série, ce livre est le tome (tous les tomes peuvent être lus indépendamment) : 
• Code 93
• Territoires
• Surtensions

Résumé : Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d’autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d’un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire.
Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d’un mystérieux dossier, le « Code 93 » ?
Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison…

« Un scénario qui tient en haleine jusqu’à la dernière page. Du grand art de polar. » L’Express

« On ressort bluffé par ce thriller. » Le Figaro (Coup de coeur de l’année)




"Longer les couloirs d'une PJ, c'est faire face à ce que l'homme recèle de pire en lui."




   On commence le roman par une reconnaissance négative du corps d'une jeune femme retrouvé en très mauvais état dans un squat. Et dès la fin du prologue, on sait que les personnages mis en scène dans ce passage auront une importance dans le récit.
Couverture grand format
   On découvre ensuite les différents personnages qui font partie de l'équipe que dirige Coste. Et on le découvre avec la découverte d'un premier cadavre, ouvrant alors le début de l'enquête du roman. Que cela soit Coste, flic célibataire, Ronan, qui cherche l'amour, Sam, le spécialiste des technologies ou encore la jeune recrue Johanna, on s'attache tous à ces personnages somme toute banals. Ce sont des personnes comme tout un chacun, de ceux que l'on rencontre tous les jours dans la rue. Chacune de leur personnalité permet un groupe hétérogène que l'on prend plaisir à suivre dans cette aventure qui se montre macabre dès le début.
   L'histoire elle-même prend du temps à s'installer et il faut attendre les cent premières pages pour enfin prendre un rythme plus soutenu. Dès lors, on cherche tous comme les héros de découvrir le meurtrier, et surtout les raisons de ses actes. Plus on avance, plus on découvre l'horreur que peint l'assassin, qui ne laisse rien au hasard : tout est calculé, et cela n'en est que plus terrifiant. Mais le récit ne reste pas seulement centré sur cette affaire, mais aussi sur une enquête parallèle non-officielle menée par Coste à propos du fameux Code 93. Chaque élément découvert à ce propos semble même incroyable. Les dernières pages nous happent dans l'intrigue, particulièrement dès lors qu'on suit certaines scènes sous le point de vue du meurtrier, pour qui on se prend même à avoir de l'empathie lorsque l'on connaît ses motivations. Malgré que la fin manque quelque peu d'action à mon goût, j'ai trouvé la fin totalement satisfaisante, en ne suivant pas le schéma habituel du polar lors de la confrontation finale entre l'un des héros et le meurtrier.
   La tension est palpable à chaque instant, et les lieux de l'intrigue n'y sont pas pour rien. On évolue dans la Seine-Saint-Denis, avec ses cités, ses dealers, et la violence, les trafics parallèles que cela suppose. On sait que les personnages prennent parfois des risques qui ne sont pas moindre, et on sait dès le début que l'univers sera sombre. On découvre alors les aspects de ces cités malfamées, mais aussi les revers des quartiers plus riches qui cachent leurs vices derrière leur apparent prestige.
   L'auteur nous mène dans cette histoire avec précision, sans longueur, aux côtés des différents personnages. L'ensemble construit est même d'autant plus frappant que l'auteur est lieutenant à la SDPJ 93 (Service Départemental de Police Judiciaire de Seine-Saint-Denis) et que ce qu'il raconte est proche de la réalité.

   En conclusion, le premier roman d'Olivier Norek nous mène dans un récit étonnant mais surtout addictif lorsque les cent premières pages un peu longues sont passées. On prend plaisir à suivre les différents personnages de l'histoire, auxquels on peut facilement s'identifier puisqu'ils sont finalement comme chacun d'entre nous, dans cette enquête qui n'est pas de tout repos, entre manipulations et révélations parfois très troublantes. Cela promet alors une suite tout aussi incroyable qu'on veut très vite découvrir, ainsi que d'en découvrir un peu plus sur les travers politiques d'aujourd'hui. Je finirais donc avec une courte phrase : qu'on m’amène le second roman !


mardi 10 janvier 2017

[TAG] Tag PKJ : 12 livres à lire en 2017

Bonjour tous et à toutes ! 
On se retrouve aujourd'hui sur le blog pour un article un peu différent par rapport à d'habitude, puisque je vous propose mes réponses au TAG lancé il y a peu par PKJ (Pocket Jeunesse). Ces TAG sont en général mensuels, et chacun est différent des autres. Parmi d'autres proposés auparavant, celui-ci me plaît particulièrement, et je me suis décidée à y répondre ici ! 

1) Le livre le plus attendu en 2017.
   • Carve the mark ("Marquer les ombres" en français)- Veronica Roth
Ayant adoré la trilogie "Divergente", je suis très curieuse du nouveau roman de cette auteure


2) Un livre de votre pile à lire que vous voulez absolument lire cette année.
• Pretty little secrets - Sara Shepard
Ca fait plus d'un an que l'intégrale 2 de "Pretty Little Liars" attend dans ma PAL que je lise ce tome intermédiaire, que j'ai maintenant en ma possession et hâte de lire

3) Un roman PKJ.
   • Le jeu du maître - James Dashner

4) Un livre d'un auteur que vous aimez beaucoup.
   • Le journal de Mia, tome 1 - Meg Cabot
(J'ai lu la série lorsqu'elle s'appelait "Le journal d'une princesse", et j'aimerai découvrir la version modernisé du roman)

5) Un livre d'un auteur que vous n'avez jamais lu auparavant.
   • Risk - Fleur Harris

6) Un livre que vous êtes sûr d'aimer.
   • Pretty Little Liars - Sara Shepard
J'ai beaucoup aimé la première intégrale et j'aime beaucoup la série, donc il ne devrait pas avoir de déception

7) Le livre qui vous intrigue le plus.
   • La chimiste - Stephenie Meyer
J'ai lu "Les Âmes Vagabondes" que j'ai adoré tandis que "Twilight" ne m'a jamais tenté, donc je me demande vraiment de quel côté penchera la balance

8) Une suite de série.
   • Mon humour fascinant, tome 2 : Mon panari à Panama - Mell 2.2
Le premier était vraiment drôle, j'ai hâte de retrouver cet humour

9) Une fin de série.
   • La dernière étoile - Rick Yancey
Il faudrait déjà que je lise le deuxième (et vite !)

10) Un livre que vous avez envie de lire mais dont vous ne savez presque rien.
   • Spiral - Paul Halter
J'ai trouvé ce roman d'occasion, et à chaque fois que je le regarde dans ma PAL, je ne sais plus de quoi il parle, et pourtant, j'aimerais bien le lire un jour

11) Un livre d'un auteur de votre nationalité.
   • La guerre des éléments - Perrine Rousselot

12) Un livre avec une narration proposant des points de vue multiples.
   • Le feu secret - Carina Rozenfeld & C.J. Daugherty


Voilà pour ce TAG ! Dites-moi quelles auraient été vos réponses aux questions ! 

lundi 2 janvier 2017

Rétrospective 2016



  Afin de commencer l'année 2017, je me suis dis qu'une petite rétrospective de mes lectures de l'année précédente serait plutôt pas mal.
Après une panne de lecture jusqu'en mai, les lectures ont enfin pu reprendre un rythme un peu plus normal, et avec une envie grandissante de lire tandis que les mois passaient.
   Moins de livres lus pas rapport à l'année dernière, en partie à cause de cette panne de lecture en début d'année : 15 livres lus en 2016 pour 25 en 2015. Une baisse importante que j'espère rattraper cette année.
   Cette année a aussi permis de faire voir le jour à un nouveau rendez-vous "Un jour, un livre, des couvertures" permettant de faire un peu plus vivre le blog, et de découvrir les couvertures de différents romans en un seul clic ! (D'ailleurs, petite info là-dessus, le rendez-vous ne sera plus hebdomadaire mais mensuel à présent, par manque de temps pour continuer à le faire à ce rythme.)
  Cette année est la deuxième année depuis la refonte du blog afin de pouvoir repartir sur de bonnes bases : en effet, fin 2014, le blog change complètement de nom ainsi que d'interface et habillage afin de mieux me correspondre. L'ancien nom ne plaisait plus du tout, il valait mieux de changer à ce moment-là, où peu d'articles étaient postés (puisque que j'ai d'ailleurs perdu la plupart des quelques articles datant de l'ancienne identité du blog). Un changement bénéfique qui m'a donné envie de redémarrer l'aventure du blog ! Et je ne compte pas m'arrêter aujourd'hui, alors c'est parti pour une troisième année ici !

Et maintenant, un petit palmarès :



Le Top 3 des livres que j'ai le plus aimé

avec la note de 5/5




avec la note de 4,5/5




avec la note de 4,5/5




Le livre que j'ai le moins aimé

avec la note de 3/5




Le plus touchant

avec la note de 3,5/5



Le livre le plus long

avec la note de 3,5/5



Le livre le plus court (bande dessinée)

avec la note de 5/5


Tout ceci pour un total de 5265 pages et de 15 chroniques pour l'année 2016 !