lundi 28 août 2017

[Chronique] Avant toi - Jojo Moyes

Auteur : Jojo Moyes
Pages : 480 (grand format)
Titre original : Me Before You
Prix : 20,00€(papier), 7,90€(poche), 12,90€(collector), 5,99€(numérique)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
• Avant toi
• Après toi

Résumé : Ses jours sont comptés. Mais quand on aime, on ne compte pas.

Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone à souhait. Quand elle se retrouve au chômage, dans ce trou paumé de l’Angleterre dont elle n’est jamais sortie, Lou accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l’accueil glacial qu’il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l’accident qui l’a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

« Cette histoire d’amour inespérée est un véritable choc émotionnel – sortez les mouchoirs. » Elle

« Un roman poignant qui amorce une belle réflexion sur l’art de donner la mort. Mascara waterproof indispensable. » Marie Claire


"Je lui ai dit quelque chose qui faisait du bien."




   "Avant toi" est un roman que j'ai plus découvert suite à l'annonce d'une adaptation en film, et dont le sujet me tentait particulièrement, un sujet peu traité dans des romans.

Edition collector
   On commence par le récit de l'accident de Will qui le rendit tétraplégique, puis par entrer dans la peau de Louisa environ deux ans après ce jour dramatique. On apprend alors comment la vie des deux personnages vont se rencontrer pour ensuite évoluer ensemble.
   Tout d'abord, le roman ne fut pas le coup de cœur auquel je m'attendais, mais il a su néanmoins me conquérir entièrement. L'histoire est émouvante et touchante et montre un sujet tabou, celui du suicide assisté. Au fil des pages, on suit une véritable évolution dans la relation entre les personnages, qui n'est pas trop rapide, et semble alors tout à fait réaliste. Jojo Moyes n'a pas choisi la facilité, n'a pas opté pour des personnages qui s'entendraient bien dès les premières pages. Elle met en scène deux personnes que tout oppose, et qui doivent pourtant apprendre à se connaître afin de rendre la vie de l'autre un peu plus supportable, d'autant plus pour Will, puisque ce dernier ne veut plus vivre. Là aussi, l'autrice nous livre quelque chose d'extrêmement réaliste et non pas utopique : Will est dépressif, il ne va pas changer d'un coup d'état d'esprit au bout d'une centaine de pages. Ces différents éléments permettent de plonger d'autant plus facilement et avec d'autant plus d'envie dans l'histoire de cette rencontre.

   Comme dit auparavant, cette histoire n'est pas sans émouvoir ou sans déclencher des émotions lors de la lecture. On passe par la joie, la tristesse, la fatalité, et par encore tout un tas d'autres au fil du récit de cette rencontre bouleversante qui ne laisse pas de marbre. On ne peut s'empêcher d'espérer le meilleur pour les personnages, de souhaiter que cela aille au mieux pour eux. Dans cette histoire, Louisa fait tout ce qui est en son pouvoir pour faire changer d'avis Will, mais c'est sans compter la fatalité de la situation de ce dernier, qui ne peut plus rien faire de lui-même. L'autrice a alors choisi d'aborder le thème du suicide assisté, qui est interdit dans de nombreux pays pour des raisons éthiques et morales, mais qui est notamment autorisé en Suisse, dans la fameuse clinique Dignitas.    On se pose alors soi-même la question tout au long du roman : sommes-nous pour ou contre le suicide assisté ? Il est alors important de souligner que l'autrice ne donne pas de leçon, et montre que chaque opinion avancée possède des arguments valables.

   Pour les personnages, je les ai en grande partie appréciés pour la plupart d'entre eux. Louisa est quelqu'un que je qualifierai de solaire et la plupart du temps optimiste, et qui donne le sourire. J'ai adoré être à ses côtés, connaître ses émotions, ses pensées, mais aussi la découvrir. Il en fut de même pour Will bien qu'on ne soit pas dans sa tête, j'ai aimé connaître au fur et à mesure sa personnalité qu'il dévoilait peu à peu. C'est un personnage cynique et sarcastique, qui l'est devenu en grande partie à cause de son handicap, une personne brisée dont tous les rêves se sont trouvés piétinés par cet accident. A leurs côtés, on retrouve aussi bien d'autres personnages, comme les parents de Louisa et sa soeur ayant repris des études après avoir eu un enfant, la froide mère de Will et son père plus ou moins éloigné des événements, l'aide-soignant Nathan ou encore le petit ami obsédé par la course à pied et les marathons de Louisa. Certains sont très attachants, tandis que d'autres sont plus ou moins détestables ou mystérieux. Afin de les connaître un peu mieux, notamment leur point de vue sur la situation, on a quelques chapitres consacrés aux pensées de ces différents personnages, ce qui permet de mieux les appréhender. Tout cela compose alors un groupe hétéroclite de personnalités, réaliste, qui mène avec espoir cette histoire qu'ils espèrent heureuse.

   Il faut dire que pour ce qui est de la fin, je m'y suis plutôt attendue, étant donné le titre du second tome, néanmoins, cela n'a en rien retiré la beauté et l'émotion de l'histoire, qui se termine d'une tout aussi belle et émouvante manière. La plume de Jojo Moyes nous embarque parfaitement et somptueusement dans son roman pour suivre cette saisissante et poignante rencontre, dont l'on ne veut pas perdre une miette.

Livre poche avec
l'affiche du film
 Ayant vu le film, je vais faire un très rapide aparté dessus. Le film est bien à regarder, on retrouve la base du roman, la plupart des personnages, la question du suicide assisté, ... Néanmoins, ayant lu le roman auparavant, je trouve que cela se passe trop rapidement, qu'il manque des passages qui me semblaient importants dans la construction des personnages, et donc qu'il ne rendait pas entièrement compte du roman, de l'évolution des personnages, de leurs pensées et de leurs émotions.
Cela reste néanmoins une bonne adaptation avec une assez fidèle transposition des personnages du livre à l'écran et de l'histoire de base, et il est évident qu'on ne peut résumer tout le roman dans un film, mais il est vrai que j'ai une nette préférence pour le livre.



   Pour conclure, je dirais que j'ai adoré le roman. Ce n'est pas le coup de coeur attendu, mais j'ai été entièrement entraînée dans le récit de cette belle et bouleversante rencontre entre deux personnages, dont l'un avec une situation de fort handicap. La question du suicide assisté y est abordée avec finesse, et lorsqu'on referme le livre, on ne peut s'empêcher de réfléchir à notre opinion sur ce sujet, encore plus après avoir pu connaître les différents arguments et la vie brisée de Will. C'est une histoire que je pense garder longtemps en mémoire, pour sa beauté et les nombreuses émotions véhiculées grâce à la plume de Jojo Moyes qui n'a pas eu peur de traiter un sujet tabou, et qui m'a profondément émue.


mardi 15 août 2017

[Chronique] Les Oubliés, tome 1 : Derniers jours - Léna Jomahé

Auteur : Léna Jomahé
Pages : 322
Titre original : Les Oubliés, tome 1 : Derniers jours
Prix : 19,99€(papier),7,99€(numérique)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
• Les Oubliés, tome 1 : Derniers jours
• Les Oubliés, tome 2 : Jour Un

Résumé : An 250 après la IVème guerre mondiale. Seules quelques grandes villes parviennent à subsister et leurs populations à survivre grâce aux coupoles qui les protègent du monde extérieur. Chaque année, le Nouvel Ordre Mondial détermine l'avenir des jeunes de seize ans. Et chaque année, certains d'entre eux disparaissent. On les appelle les Oubliés.






"Je tourne sur moi-même en riant. J'ai envie de crier, je me sens vivante et aimerais le faire savoir à la terre entière."






Tout d'abord, merci aux Editions Plume Blanche de m'avoir permis de découvrir ce roman grâce à l'opération "Club Summertime Plume Blanche" !

   On découvre dans ce roman un nouveau monde, issu après la IVème guerre mondiale. Dans ce monde, quelques grandes villes ont été érigées à la place d'anciennes, protégées de la pollution par une coupole, et dont les habitants n'ont jamais vu ce qu'il y avait au-delà de ces fameuses protections.    Dans cet univers, chaque année, les jeunes de seize participent à ce que le gouvernement appelle la Rafle, et qui va leur indiquer dans quelle ville et dans quel métier ils vont travailler et vivre jusqu'à la fin de leur vie, en fonction de leurs capacités, et sans leur avis. 

   On entre dans ce monde aux côtés d'Eléa, tout d'abord à l'âge de quatorze ans lors du prologue, puis à l'âge de seize ans par la suite. Dès lors, on va découvrir les mécanismes de leur société, notamment le déroulement de la Rafle.
   Plus d'une fois, on sent qu'Eléa voudrait revenir à l'Ancien Monde, dans lequel les gens pouvaient choisir leur avenir, en choisissant ce qu'ils voulaient faire et où ils voulaient le faire. On la suit dans ces questionnements, puis dans sa remise en question du gouvernement qu'elle a toujours connu, toujours accompagnée de ces fidèles compagnons, tels que Simon, son meilleur ami, Gabriel, le fils du Grand Gouverneur, Izzy, sa camarade de chambre, ou encore sa sœur Anaïs.
   Eléa est un personnage fort, qui malgré ses doutes, veut sauver ceux qu'elle aime et les protéger. La liberté est quelque chose de plutôt important chez elle, d'autant plus quand elle découvre ce qu'on leur cache depuis des décennies. C'est un personnage qui a entièrement sa place dans le genre de la dystopie, et qui je pense, va mûrir et encore plus nous surprendre dans le second tome de ses aventures.
   On suivra aussi durant quelques passages le personnage de Clara, entraperçu au début du roman, un personnage qui semble tenace et déterminé, notamment dans les scènes que l'on suit à ses côtés, et qui prendra sûrement toute son importance dans le second tome.
   On prend plaisir à suivre ces différents personnages, dans leurs aventures et dans leur quête. Chacun y contribue grâce à ses qualités propres, tous étant différents dans leur personnalité. On découvre alors certains qui sont impulsifs, tandis que d'autres sont plus réfléchis, certains semblant sûrs d'eux alors que d'autres le sont un peu moins. Différents aspects qui, bien qu'ils soient différents, constituent un groupe fort et attachant.

   Pour ce qui est de l'histoire elle-même, j'ai beaucoup aimé découvrir ce monde, j'aime particulièrement cette idée de populations regroupées dans des villes fermées, et le fait d'ajouter ce qui est appelé la Rafle a encore plus constitué un monde comme je les aime dans la dystopie. Les différents éléments qu'on retrouve dans ce genre littéraire sont pour moi bien présents, et nous présentent bel et bien une société dans laquelle nous n'aurions pas vraiment envie de vivre.
   De plus, l'idée des Oubliés est vraiment originale, et apporte un véritable intérêt dans l'histoire, puisque c'est en grande partie cela qui sera au centre de l'intrigue du roman, et qui justement, construit la dystopie dans le monde que l'on découvre. On en apprend plus sur eux et leur condition au fil des pages, et tout comme Eléa et ses compagnons, on ne peut que refuser un tel phénomène. 

   On alterne alors entre des scènes d'action, de révélations, et des scènes plus calmes, qui nous laissent le temps de souffler, et d'emmagasiner les informations que l'on apprend le long du livre, qui nous laissent rarement sans émotions, que ce soit l'horreur, la tristesse ou l'indignation.
   La fin nous laisse ensuite peu de répit et nous tient en haleine tout du long, car on ne sait pas réellement à quoi s'attendre et ce qu'il va se passer. On cherche juste à tourner les pages au plus vite afin de connaître le fin mot de l'histoire, et une fois terminée, certaines questions restent en suspens, afin de nous faire voyager vers le second tome, qui risque alors de se révéler plein de surprises en tout genre. L'épilogue nous laisse d'ailleurs un avant-goût de la violence et la cruauté que l'on risque de rencontrer par la suite, et qui laisse présager des péripéties et épreuves qui ne laisseront pas de marbre.


   En conclusion, on découvre une dystopie entraînante, menée avec brio par la plume de Léna Jomahé. On est transporté dans une société vivant dans le mensonge à travers Eléa auprès des différents personnages que l'on veut voir triompher face au gouvernement, et qui se dévoile au fil des pages. Les révélations et la fin nous donnent qu'une envie : découvrir la suite afin de savoir ce qu'il adviendra des personnages, une suite qui s'avérera certainement plus sombre et plus intense encore.


jeudi 3 août 2017

[Chronique] ALIENOR, l'origine de toutes les haines - Aurélien Grall

Auteur : Aurélien Grall
Pages : 295
Titre original :  ALIENOR, l'origine de toutes les haines
Prix : 12,00€(papier),4,99€(numérique)


Résumé : Alexia est encore petite fille lorsque des inconnus l'arrachent à sa famille pour la conduire dans une école privée, l'Académie Aliénor d'Aquitaine. Le pensionnat d'élite est censé lui promettre le plus brillant des avenirs, bien loin de la misère qui l'a vue naître. Mais les choses ne se passent pas comme prévu et la petite prend progressivement conscience, en compagnie de ses deux amies, Jade et Clarisse, qu'elles sont promises à de beaucoup plus sombres desseins...

Roman bouleversant, ALIENOR est si puissant qu'il ne vous laissera pas indemne : ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains. Si vous avez le cœur bien accroché, osez percer le mystère se cachant derrière les grilles de l'Académie...




"Un profond sentiment de déjà-vu immergeait son âme, dans une torpeur teintée d'une nostalgie trop improbable pour une petite n'ayant guère eu le temps de connaître l'idée même de souvenir..."





   On commence les premières lignes par le vote du projet mis en place dans la suite du roman, afin d'en savoir les enjeux et les objectifs, puis quelques pages plus loin, par le transport des trois fillettes que l'on va principalement suivre vers l'académie Aliénor d'Aquitaine.

   Dès le début, on sait que ce ne sera pas tendre pour les différentes fillettes, qu'elles ne mèneront pas une vie toute rose au sein de l'institut. Et lorsqu'on avance dans le récit, on se rend compte en effet des horreurs qu'elles vont devoir subir sans répit et sans désobéissance si elles ne veulent pas être punies.
   La première moitié du roman porte sur l'éducation et la formation des jeunes filles dans l'académie, durant lesquelles elles vont subirent différentes épreuves, et vont d'ailleurs se poser des questions sur leur sort. On découvre une situation très dure et éprouvante pour de si jeunes enfants, une situation d'ailleurs souvent cruelle. On suit l'évolution du groupe, et plus particulièrement de celui de Jade, Clarisse et Alexia, au sein du pensionnat, durant plusieurs années. On assiste impuissant à cette évolution radicale, physique mais aussi mentale, des élèves de l'établissement.
   Dans la deuxième moitié, les jeunes filles sont devenues des jeunes femmes, et ont achevé leur formation. On va alors découvrir de quoi exactement retournent les missions à laquelle elles participent afin de remplir le but du projet découvert au début du roman. Et c'est loin d'être innocent, comme on pouvait déjà le supposer dans la partie consacrée à la formation. On en sait alors plus sur l'utilité de cette dernière, ainsi que sur ce qu'elles doivent accomplir. On se pose alors de plus en plus de questions sur ce projet, sur sa réelle vocation, ainsi que sur sa moralité. On a ainsi l'occasion de suivre plusieurs missions aux côtés de Jade, Clarisse ou encore Alexia, et à mon avis, il n'en aurait pas fallu en décrire plus sans tomber dans l'excès ou la répétition.
   La fin n'est pas sans révélations, on répond enfin à la plupart de nos questions que l'on a pu développées tout au long du récit, et termine de manière presque symbolique l'intrigue débutée dans les premières lignes. L'action est extrêmement présente, sans qu'il n'y en ait trop, et nous fait dévorer les dernières pages afin de savoir le fin mot de l'histoire de l'académie. Néanmoins, quelques points manquent d'éclaircissements à mon goût, notamment sur les facultés d'Alexia, mais le reste reste bien abouti sur bien des points.

   L'histoire est dans son ensemble entraînante et très intéressante à découvrir, et on se dit que cela pourra potentiellement exister d'une quelconque manière un jour dans le futur, les faits s'ancrant parfaitement dans une réalité possible d'une avancée scientifique à propos de la génétique. On distingue bien deux phases dans le roman, comme souligné auparavant, toutes deux relatant les faits sur une période de plusieurs années.

   Au niveau des personnages, on connaît peu d'aspects de leur personnalité, du fait de l'histoire. Cela peut sembler énigmatique, mais l'on comprend mieux lorsqu'on connaît ce que cache l'académie dans laquelle évolue la très grand majorité des personnages. On suit plus particulièrement Jade, Clarisse et Alexia, mais nous permettent de suivre les épreuves auxquelles le groupe de fillettes est confronté. On se prend à détester ou aimer les différents personnages, mais surtout, on a de la compassion pour un grand nombre d'entre eux, du fait de ce qu'ils subissent.

   Pour ce qui est de l'écriture, elle a été agréable et recherchée tout du long du roman, avec des descriptions complètes permettant de bien s'imprégner de l'univers des jeunes filles. Le récit est aussi très bien renseigné, car on a des notes de bas de page pour chaque "objet" (je ne dirais pas de quel type afin que vous puissiez le découvrir par vous-même), toujours simples à comprendre pour des non-initiés, mais qui proviennent d'une documentation sérieuse de l'auteur.

   Enfin, le récit non censuré des scènes parfois sanglantes est loin de m'avoir déplu. Néanmoins, cela peut rebuter certaines personnes qui n'apprécieraient pas ce genre de description. Un point m'a cependant fait tiquer lors de certains affrontements : cela paraissait parfois un peu trop en faveur des personnages par rapport au nombre d'opposants.


   En conclusion, ce fut une très bonne découverte, avec une histoire travaillée et entraînante. Aux côtés des personnages, nous voulons nous aussi découvrir les secrets derrière l'académie Aliénor d'Aquitaine, qui nous seront dévoilés lors des dernières pages. L'écriture nous emmène au cœur d'une machination très bien dépeinte, entre cruauté, politique, domination et immoralité, qui semble s'ancrer dans notre réalité. Une oeuvre qui plaira aux adeptes de l'espionnage et de la manipulation, mais à déconseiller à ceux qui n'aiment pas la violence, le sang et la haine dans leurs lectures.


jeudi 20 juillet 2017

[Chronique] Kirikoustra : Livre Premier - Le voyage de Kirikoustra - Kirikoustra

Auteur : Kirikoustra
Pages : 70
Titre original : Kirikoustra : Livre Premier - Le voyage de Kirikoustra
Prix : 4,99€(papier), 0,99€(numérique)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
• Kirikoustra : Livre Premier - Le voyage de Kirikoustra
• ???

Résumé : L'auteur à créé Kirikoustra, personnage fabuleux qui fait le lien entre passé et présent : en effet, ce fin conteur explore la mythologie avec beaucoup de sagesse et revient régulièrement dans le présent pour nous en donner sa vision à travers des témoignages du quotidien. Inaugure-t-il un style littéraire nouveau dans cet ouvrage qui parle de l'humain ? Ci-dessus une appréciation laissé par une lectrice de Kirikoustra. Je me permets donc de la reprendre et d'en faire le synopsis de l'ouvrage. Sûrement me direz-vous que cela n'est point un synopsis, mais Kirikoustra est bien de ceux qui se refusent à être enfermés dans toutes ces cases.




"Franchement, la bêtise humaine semble être sans fin, nous savons bien faire preuve d'ingéniosité sans bornes quand il faut faire étalage de notre égoïsme. "





   On entre dans une oeuvre dans laquelle on va suivre le personnage de Kirikoustra au fil de ses réflexions, qui vont le mener à se mettre en quête de réponses, et ce, par le biais de l'écriture.
   On rencontre au fil des pages des écrits que l'on pourrait apparenter à la nouvelle à première vue, et qui permettent au personnage de Kirikoustra de faire valoir son point de vue sur le monde qu'est le nôtre.
   Chaque réflexion du personnage est extrêmement intéressante, et porte notamment sur des sujets philosophiques ou sociologiques de notre société. On a par exemple un passage de l'oeuvre qui porte sur l'égoïsme que l'on a lorsque nous sommes pressés et que les choses nous ralentissent à cause d'un accident quelconque. J'ai trouvé cette réflexion tout à fait juste, alors que j'aurais tendance à faire partie de cette part de la population.
   Ce passage n'est pas le seul, et plusieurs sujets sont donc abordés au fil des lignes, comme la distinction ou non-distinction entre le corps et l'esprit, sujet divisant les hommes, sur l'indifférence portée à certains hommes d'autres origines qui sont exterminés à plusieurs milliers de kilomètres de chez nous, sur la fierté mal placée, ...,  et qui nous mènent à réfléchir sur notre propre personne, sur notre entourage et sur notre société, particulièrement aujourd'hui, pouvant aller jusqu'à une remise en question de certains choses ou certains faits.

   Tout cela est alors inscrit dans un fil conducteur, autour du personnage de Kirikoustra, à la recherche de réponses. Ceci reste cependant en arrière-plan, et sert de lien entre les différents passages. Grâce à cela, on découvre aussi que cette oeuvre comporte une suite, afin de continuer dans la quête de Kirikoustra, quête qui nous semble encore pour le moment, assez floue à nos yeux, puisque nous savons finalement peu sur le vrai but du personnage, et quelles sont toutes ses motivations.
   La plume ajoute un air de mystère au personnage, dont nous savons finalement peu, si ce n'est son opinion face à certains sujets, et sa quête de réponses à ses réflexions dont il n'a pas tout le temps la réponse. Tout le long, on essaye de déterminer quelle sorte de personnage est Kirikoustra, mais on finit par ne jamais réellement en savoir plus. On reste alors dans un personnage très mystérieux, dont on ne saurait donner d'apparence bien définie, ni même de traits de caractère.


   En conclusion, je ne saurais trouver de meilleure description de cette oeuvre, difficile à décrire, qui se démarque par rapport à beaucoup d'autres, par sa construction, son contenu et bien d'autres. Ce fut néanmoins un bon moment que j'ai passé aux côtés de Kirikoustra, très intéressant et enrichissant, dans cette observation et méditation sur l'homme lui-même. On se rend compte que dans une certaines situations, nous réagissons pour beaucoup d'entre nous plutôt de la même manière, et que cela n'est pas toujours justifié par rapport à certaines des valeurs que nous disons défendre. Une réflexion entamée par l'auteur et le personnage, qui mérite d'être continuée voire partagée après avoir terminé les dernières lignes de cette oeuvre.



vendredi 14 juillet 2017

[Chronique] Voyage au pays de l'envie (recueil de nouvelles) - Frédéric Marcou

Auteur : Frédéric Marcou
Pages : 40
Titre original : Voyage au pays de l'envie
Prix : 5,00€ (papier), 1,49€(numérique)

Résumé : Ce livre est un recueil de cinq nouvelles fantastiques teintées de science-fiction. Il se veut ancré dans la réalité tout en laissant une large place à l’imagination et à l’imaginaire.















   Ce recueil regroupe cinq nouvelles, dont quatre d'entre elles sont disponibles sur le site de littérature libre Atramenta.
   Chacune est différente des autres, on touche à chaque fois un univers différent. On découvre notamment le thème de la réincarnation dans la première nouvelle, la liberté et l'emprisonnement dans la seconde, la magie et le mystique dans la suivante, le milieu de la recherche et scientifique dans la quatrième, puis la finalité et la mort dans la dernière.

   La première, dans la situation dépeinte, n'est pas celle qui m'a le plus marquée, à l'inverse de la dernière que j'ai particulièrement apprécié, avec ce côté imagé comme dit dans la préface, mais aussi d'une certaine manière poétique.
   La seconde s'approche d'une revisite du mythe de Sisyphe, comme souligné par l'auteur Jean-Baptiste Messier, et j'ai apprécié la manière d'avancer dans cette nouvelle, comment évoluait l'intrigue. La fin finit alors de mettre en place un univers étrange, que le lecteur ne semble pas forcément comprendre réellement.
   La troisième est assez intéressante, on sent ce que peut engendrer la différence dans une population, en bien mais aussi en mal. On voit aussi comment peut finir une personne qui se sentirait un peu trop sûr de lui alors que la situation peut s'avérer fatale, ou du moins dangereuse. La chute de la nouvelle est plutôt bien trouvée et porte d'ailleurs bien son nom.
   Pour ce qui est de l'avant-dernière nouvelle, on peut s'imaginer une facette du monde de la science et se dire que cette nouvelle pourrait d'une manière ou d'une autre s'ancrer dans notre monde, bien qu'il soit plus difficile aujourd'hui qu'il y a plusieurs années de la transposer, du fait de l'avancement très rapide de la science. On ressent la rivalité, l'envie d'être reconnu dans cette nouvelle, qui sont des sentiments que l'on voit tous les jours lorsque des intérêts entre en jeu.

   En conclusion, j'ai plutôt passé un bon moment à lire ces nouvelles, bien qu'il est vrai que ce ne soit pas le genre que je lis le plus, car j'arrive rarement à m'attacher à des personnages dans un récit extrêmement court, chose que j'apprécie retrouver dans un roman. Je suis néanmoins consciente de la difficulté de la nouvelle, dans laquelle on doit faire passer des émotions et raconter une histoire en peu de mots, mais cela reste un genre que je lis peu. L'auteur a su exploiter différents thèmes dans ces nouvelles, et je retiens plus particulièrement la dernière, celle que j'ai préféré, car elle est très imagée, très figurée, et pourtant colle parfaitement à ce que l'on peut s'imaginer de la finalité.


lundi 26 juin 2017

[Chronique] Le Masque du Silence, tome 1 - Charlène Gros-Piron

Auteur : Charlène Gros-Piron
Pages : 466
Titre original : Le Masque du Silence, tome 1
Prix : 18,90€(papier), 6,99€(numérique)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
• Le Masque du Silence, tome 1
Le Masque du Silence, tome 2

Résumé : Une famille d'enchanteurs. Une Malédiction qui force l'héritière de la magie de cette même famille à porter un masque qui la rendra muette jusqu'à ce qu'elle rencontre son prince charmant. Lui seul aura le pouvoir de lui retirer. Vous imaginez ? Moi, un peu trop bien. J'ai reçu la magie pour exaucer les dernières volontés de ma grand-mère. Je ne veux pas de ce masque, et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour cacher que je suis l'élue de notre clan. Il semblerait pourtant que j'aie une destinée... et elle ne va pas tarder à me rattraper. Franchement... pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?



"Un livre, c'est le seul et l'unique moyen de s'oublier pour apprendre à se découvrir."



   On arrive aux côtés du personnage d'Hélène, qui va bientôt atteindre ses dix-huit ans, et qui provient d'une famille d'enchanteurs. Mais dans le monde des enchanteurs, il y a deux types d'individus : les enchanteurs ménagers qui manipulent la magie à un faible niveau pour les aider dans leur quotidien, et les enchanteurs de classe une, plus ou moins puissants. Seulement, Hélène fait partie d'une famille maudite depuis plusieurs générations, et elle va recevoir la malédiction et le pouvoir qui va avec de la part de sa grand-mère. Ce qui va enclencher un destin pas vraiment voulu...

   Nous entrons dans un monde où la magie est quotidienne pour une partie des individus, et dont le personnage principal, Hélène, fait partie. Et cette dernière semble destinée à un avenir important, mais dont elle ne veut absolument pas. 
   Ce premier tome nous permet d'entrer dans cet univers et d'en comprendre les aspects, tout en suivant l'évolution d'Hélène avec la magie. Le récit est prenant, et nous découvrons tout le long tous les enjeux que crée le pouvoir magique d'Hélène, l'impact qu'il peut avoir sur son entourage, et donc les conséquences. Nous sommes comme Hélène à chaque instant dans l'attente d'un événement inconnu, mais inévitable. Nous ne savons pas ce qu'il va arriver, mais en même temps, nous savons qu'il y a quelque chose qui va arriver. Et s'ajoute à tout cela le quotidien de la protagoniste, pas toujours en sa faveur, et qui lui complique parfois, voire souvent, la vie. Tout ceci pour former une histoire entraînante, qui nous le savons, prend suite dans un second tome qui a l'air tout aussi intéressant. 

   Tout cela est alors permis grâce à la présence de nombreux personnages, que nous apprécions beaucoup pour la plupart. Nous avons alors Hélène, pour qui la justice et particulièrement la protection de ceux qu'elles aiment importe, et son chat garde du corps Fasolasi formant à eux deux un duo joyeux et amusant, mais aussi les monarques Arthur et Catherine, les amis d'Hélène, sa famille, qui sont chacun des personnages attachants et qui apportent leur grain au récit. Mais nous avons aussi des personnages plus détestables, comme il y en a toujours dans les histoires, et que nous aimons mépriser au plus au point. 
   Le long du récit, on sent Hélène vraiment évoluer, et ce grâce aux autres. On note alors l'importance de l'amitié, qui permet de faire ressortir le meilleur de nous-même lors de certains moments, et qui permet aussi de faire face à ce que nous redoutons et n'osons nous avouer afin de mieux les combattre. 
  On sent aussi beaucoup la passion des livres de l'autrice, lors de différents passages, dans lesquels on peut se reconnaître, et qui fait qu'on apprécie encore plus le personnage d'Hélène.

   Entre les moments d'action, nous avons aussi droit à des moments plus calmes, plus doux, avec la rencontre, la découverte entre deux êtres qui s'aiment et découvrent l'amour pour la première fois. On reconnait l'amour que l'on découvre seulement, mais fort, qui peut unir deux personnes. Ceci permet à Hélène de se canaliser et de tenir le coup malgré les événements qui s'abattent sans prévenir sur ses épaules. 

   De même, j'ai particulièrement apprécié la touche d'humour de Charlène Gros-Piron, découverte dans le premier tome de "Les Originels", qui apporte un plus indéniable, et qui est caractéristique de l'autrice. Cela fait toujours sourire, sans jamais aller vers le vulgaire, mais plutôt dans l'absurde, et j'aime beaucoup cette touche propre à sa plume. Je retiens particulièrement les insultes toujours originales, ainsi que la scène du masque, qui est effectivement plutôt drôle à imaginer.


   En conclusion, j'ai vraiment apprécié ma lecture, aux côtés d'Hélène et des autres personnages, dans une histoire entraînante pleine de magie. On découvre ici tous les enjeux reposant sur le personnage principal, qu'elle devra sans doute résoudre dans le second tome. La plume de Charlène Gros-Piron est toujours un plaisir à lire, moderne avec un humour bien particulier très agréable, et qui donne le sourire et l'envie de se plonger dans un autre roman plein de magie de l'autrice.


[Chronique] Naïade - Maria Surducan & Anna J. Benczédi

Auteurs : Maria Surducan (scénario)  & Anna J. Benczédi (dessins)
Pages : 64
Titre original : Naïade
Prix : 17,00€(papier)

Dans cette série, ce livre est le tome : 
• Naïade

Résumé : Dans les montagnes lointaines de l’est de l’Europe, Vlad, un jeune chercheur d’or, tombe sous le charme d’une naïade qui vit dans le lit de la rivière. Bientôt, il conquiert le cœur de la belle créature.
Elle l’initie alors aux secrets de la nature, sans en percevoir l’impact sur l’équilibre sauvage de la forêt.
Naïade est un conte fantastique et métaphorique doux amer, où chacun puisera à sa guise des éléments de rêverie et de réflexion sur l’homme et la nature.




"Si le mal s'approche de toi ... L'eau, de suite, l'emportera. Les serpents vont l'assaillir et ils le feront fuir !"




   Dès la bande dessinée en main, on voit une superbe couverture dans les tons verts, féerique, et qui correspond à une partie des planches que nous allons découvrir. Dans les premières pages, on découvre des hommes qui sont dans l'optique de la ruée vers l'or, sauf un, qui souhaite seulement être tranquille après des années de périples infructueux. Mais c'était sans compter sur l'apparition d'une jolie naïade qui veut conquérir cet homme et lui apporter la richesse.

Une des planches de l'album
   A partir de là, on suit l'évolution des personnages sur une période assez longue, chacun à sa manière. Nous avons Vlad, l'homme qui va tomber sous le charme de la Naïade, et qui en partant de rien, va construire sa vie, mais aussi la naïade qui l'aide dans sa quête du bonheur, ainsi que les autres chercheurs d'or. Des personnages intéressants, mais auxquels je ne me suis pas attachée et dont je ne comprenais pas toujours l'attitude.

   Pour ce qui est de l'histoire, nous ne suivons pas réellement un fil conducteur particulier, si ce n'est la vie des chercheurs d'or aux côtés de Vlad et la naïade. Une vie qui semble paisible, mais qui a un impact important sur la nature et la forêt.
   En effet, la bande dessinée nous fait nous poser des questions sur l'évolution de l'homme, avec les inventions destructrices pour la nature, à l'impact négatif qu'il a eu et a sur la nature. Dans l'album, on voit vraiment l'homme devenant un ennemi de la nature, qui la refuse presque au profit de son propre intérêt. On se pose alors des questions sur l'existence de l'homme et son influence sur ce qui l'entoure, en bien ou en mal. On découvre dans cet album des hommes qui sont égoïstes et qui n'ont cure de ce qui n'est pas en leur faveur ou dans leur intérêt. Des sujets d'actualité dans certains domaines, et particulièrement avec la déforestation, les ressources non-renouvelables, l'extinction de certaines espèces, .., et qui nous mettent face à notre condition.

   Pour rendre cette histoire plus positive, nous avons l'amour qui a une place importante dans l'histoire, et dont on ressent la force, son pouvoir d'unir les êtres vivants. On le retrouve sous plusieurs de ses formes, que ce soit l'amour parental, l'amour entre deux êtres vivants, l'amour fraternel, ... Des touches positives qui ponctuent le récit et permet de ne pas tomber dans la morale pure et dure.

   Tout ceci est alors mené par des planches pleines de beauté, avec parfois peu de dialogues lorsque les mots n'étaient pas nécessaires. Visuellement, j'ai beaucoup aimé découvrir les dessins alliant nature, féerie mais aussi les constructions humaines, afin de nous montrer l'époque de la ruée vers l'or. Les dessins nous transmettent la beauté de la nature, la beauté de certaines créations humaines, mais aussi l'horreur de certaines inventions, qui pourtant font partie des objets que nous connaissons tous, comme les armes par exemple.


   En conclusion, je retiens particulièrement de cet album les illustrations que j'ai vraiment appréciées, ainsi que le thème choisi. Il est vrai que les personnages ne m'ont pas particulièrement attirée par leur personnalité, et malgré certains choix que je ne comprenais pas, d'autres choix m'ont paru naturels et en phase avec eux-même.
   Je ne connaissais d'ailleurs pas cette maison d'éditions, et après avoir parcouru leur catalogue, je pense que c'est à présent une maison à suivre, et que je ne regrette absolument pas avoir découverte grâce à cet album !